CCCH

Central de Cooperativas Cafetaleras de Honduras. Au Honduras, une grande partie du café est produite par les paysans de petites ou moyennes exploitations. Cependant, ce sont les grands propriétaires de plantations caféières, les torréfacteurs et les exportateurs qui orientent la politique du café dans le pays et tirent ainsi des revenus importants de cette matière première. Les petits producteurs, quant à eux ne tirent bien souvent de leur travail que de maigres revenus. Une situation qui s’est aggravée suite à la chute des cours du café sur le marché mondial dans les années 90.
CCCH est une fédération qui regroupe des coopératives de producteurs de café du Honduras. Créée en 1994, elle comptait alors 27 coopératives de petits producteurs; un an plus tard ce nombre passait déjà à 39. CCCH a l’ambition de mettre sur pied une commercialisation directe, capable d’opposer une force alternative, à « l’oligarchie du café » toute puissante au Honduras. CCCH accueille régulièrement de nouveaux membres et, à terme, compte regrouper 70.000 petits producteurs de café.

CCCH utilise les bénéfices du commerce du café pour améliorer les structures d’organisation et de commercialisation de ses membres. Pour ce faire, elle poursuit des objectifs variés :

obtenir des fonds internationaux et octroyer aux producteurs des prêts pour dévélopper les exploitations,
encourager la production et le processus de transformation biologiques,
dispenser des formations dans les domaines technique, administratif et comptable,
élaborer des projets de développement sociaux et économiques,
fournir des informations sur le marché du café aux producteurs,
représenter les coopératives au niveau national et international.
Les coopératives possèdent 7 « beneficios », des ateliers régionaux où les premières phases de la transformation du café sont effectuées (dépulpage et séchage). La production est ensuite acheminée vers un « beneficio » central pour procéder à la sélection et à l’emballage. Il s’agit d’un café de bonne qualité, cultivé à 1300 m d’altitude.

Les membres des coopératives cultivent, parallèlement au café, des cultures vivrières destinées à la consommation familiale. Les revenus supplémentaires, obtenus grâce à un meilleur rendement de la production et le prix plus élevé obtenu grâce aux organisations de commerce équitable permettent aux producteurs de café de couvrir de besoins aussi fondamentaux qu’une alimentation saine, l’éducation, la santé,… Dans les régions rurales marginalisées du Honduras, ces revenus supplémentaires offre la possibilité d’un véritable progrès social.

Le travail sur les terres caféières est une activité familiale. Pour la récolte cependant, les familles font parfois appel à des travailleurs saisonniers. Si on les compare aux salaires misérables pratiqués dans les plantations conventionnelles de café ou de bananes, ils sont en moyenne nettement plus élevés.

CCCH est aussi active sur le plan politique. L’organisation a ainsi obtenu qu’un débat au sujet de la nouvelle législation dans le domaine du café se tienne au parlement. Sur le plan international, CCCH soutient les positions de « Frente Solidario », une importante fédération de cultivateurs et d’organisations du secteur du café présente dans la plupart des pays d’Amérique Latine.

L’Assemblée Générale est l’instance la plus haute. Elle élit le Conseil d’Administration qui, à son tour, nomme un gérant. Il existe aussi un Comité de Contrôle. Le gérant dirige le Secrétariat de la coordination CCCH, qui est composé de douze personnes réparties entre quatre départements : comptabilité, recherche et formation, commercialisation et communication.

Une partie des producteurs pratique une culture traditionnelle et n’utilise pas d’engrais ou de pesticide. Les producteurs possédant une meilleure formation technique utilisent des engrais organiques. Le désherbage se fait à l’aide de la machette.