Lao Farmers

Association pour le Soutien au Développement des Sociétés Paysannes (ASDSP)

Le Laos est un pays relativement petit, souvent mal connu du sud-est de l’Asie, entouré de 5 pays importants (Chine, Vietnam, Birmanie, Thaïlande et Cambodge). Après la fin de la guerre du Vietnam et après une période d’importants troubles politiques, le Laos s’est donné le nom de « République démocratique populaire ». Il s’agit d’un gouvernement d’inspiration communiste qui n’est pas dépourvu de pragmatisme économique. Le Laos tire l’essentiel de ses ressources de l’agriculture. D’autres atouts sont l’hydro-électricité et le bois de la forêt tropicale. Mais la surexploitation de la forêt par des entreprises étrangères du bois risque de mettre en péril un écosystème fragile.

L’ASDSP est une ONG nationale fondée par des Laotiens au début des années 90 afin de développer avec les paysans des projets de développement économique respectueux de l’environnement. Pour favoriser la culture traditionnelle du riz, l’association construit avec les paysans de régions isolées de petits barrages de retenue d’eau pour irriguer les rizières et consolider les digues. L’association aménage aussi de nouvelles zones de production proches de villages les plus démunis. C’est grâce aux diverses initiatives de l’association que des cultures traditionnelles du riz comme celles du riz gluant, du riz mandarin ou du riz violet peuvent subsister. Le riz violet que nous vendons dans nos magasins provient de la province de Luangprabang.

Une autre initiative remarquable de l’ADSP a été de valoriser les fruits qui poussent naturellement dans la forêt tropicale ce qui permet aux paysans de tirer des richesses pérennes au profit des populations qui vivent dans ces régions forestières tout en préservant le cadre naturel. Par exemple, les pamplemousses et les ananas poussent de manière sauvage à Kasi qui se situe dans une région montagneuse à 220 km au nord de la capitale Vientiane. D’ordinaire, ces fruits sont destinés à l’alimentation du bétail et l’excédent finit pas pourrir sur les arbres. Grâce au soutien de l’ASDSP, les paysans ont réussi à transformer ces fruits en produits consommables et commercialisables. Pour ce faire il a été nécessaire de dispenser aux villageois – hommes et femmes – des formations techniques pour la transformation et la conservation des fruits.

Récolter les fruits est un travail assumé par les hommes tandis la transformation des fruits en jus ou confitures est confiée aux femmes. Celles-ci nettoient les fruits et s’occupent de leur première transformation en sirop ce qui leur procure un complément de revenu leur apportant une certaine autonomie. A l’origine, régnait au Laos une culture matrilinéaire : les enfants portaient le nom de leur mère et ce sont les hommes qui devaient apporter une dot en se mariant… Mais la gestion de l’argent et le contrôle de qualité des produits sont à présent des activités assumées par les hommes, en partie en raison du système administratif imposé par les Français.

L’ADSP fournit aux paysans une aide logistique et administrative pour l’acheminement des produits vers les marchés locaux, leur commercialisation dans le pays ou vers l’étranger. Dès lors, en apportant un complément aux revenus de la famille, la récolte et la transformation des fruits « sauvages » de la forêt permet aux paysans d’être moins réduits pour survivre à recourir à la culture de l’opium.

Au fil du temps, la gamme des produits s’est étendue : thé, café, produits à base de fruits de la passion, litchis, tamarins, noix de coco, bananes … Les paysans ont acquis un savoir-faire en matière d’agriculture biologique grâce aux formations dispensées par des agronomes. Pas de pesticides ni d’engrais chimiques ne sont utilisés dans les rizières ou sur les arbres fruitiers. La certification biologique reste toutefois trop coûteuse en raison du petit volume des produits commercialisés.

A partir de 1996, l’ADSP a constitué le réseau des CCSP (Coopératives de crédits pour le soutien aux petites unités de production) dans différentes régions du pays. Ces coopératives financent des projets locaux et sont représentées au sein du conseil d’administration de « Lao Farmers Products » qui est l’organisme central de transformation des produits provenant des groupes de paysans et de leur commercialisation.

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