
Le projet de Rajlakshmi se situe dans l'Etat du Madhya Pradesh au pied de la chaîne de montagne Maikaal, entre New Delhi et Bombay. Il est né à la fin des années 80, de la rencontre de producteurs de coton qui, à l'époque, décidèrent de se tourner vers la culture biologique. Mais le projet ne se limite pas au stade de la production : de la culture du coton à la fabrication textile, il intègre une filière plus respectueuse de la santé des agriculteurs et travailleurs, et de l'environnement.
Comme alternative aux techniques polluantes de culture intensive, les paysans de Rajlakshmi , avec l'aide au départ d'agronomes Suisses et Brésiliens, ont opté pour la culture du coton en bio-dynamie. La rotation des cultures vivrières (maïs, haricots, en alternance avec celle du coton) permet ainsi de réintroduire la bio-diversité et de diminuer les risques économiques liés à la monoculture. Avec la biodiversité c'est aussi les attaques parasitaires des plants de coton qui sont réduites puisque les prédateurs naturels se multiplient. Les paysans ont aussi planté des arbres Neem dont l'amertume fait fuir les ravageurs de cotonniers. Par ailleurs des formations dispensées par Rajlakshmi ont permis aux cultivateurs de mieux maîtriser la mise au point des semences et l'hybridation des plantes. Ils apprennent aussi à tirer de l'huile des graines de coton, utiliser les résidus pour nourrir le bétail ou récupérer le méthane libéré par le compost pour en faire du combustible.
Grâce à la reconversion en mode de production biologique ce sont plus de mille familles qui tirent leur revenu de plusieurs milliers d'hectares. Il s'agit à présent d'un projet rentable puisqu'il permet aux agriculteurs de tirer de la vente de coton biologique 25% de plus que le prix du marché. Ceci s'explique également par la demande grandissante de coton biologique de consommateurs conscients des enjeux environnementaux et des inconvénients du coton ordinaire (résidus toxiques en contact avec la peau, allergies...).
Dans le souci d'une filière de production intégrée, chaque fermier doit respecter un cahier de charges strict pour bénéficier des services techniques et commerciaux fournis par Rajlakshmi.
Deux coopératives de la région égrènent ensuite le coton biologique, à côté de la production de coton conventionnel. Elles font également partie du projet Rajlakshmi.
Ensuite, le coton-fibre bio rejoint la filature située à un kilomètre des usines d'égrenage. Les fils partent ensuite dans une société de confection à Calcutta où la législation indienne et les normes fondamentales de l'Organisation Internationale du travail- OIT doivent être respectées. C'est une experte indienne en législation du travail qui veille à l'intégration progressive de ces normes et ce en suivant la méthodologie du code de conduite de la Campagne Vêtements propres. Il s'agit de travailler progressivement et à long terme ; il faut que les changements soient durables et réalistes. C'est ainsi que les travailleurs de l'usine de confection de Rajlakshmi sont en possession de contrats avec mention du salaire, horaire et rythme de travail, élément rarissime dans l'Inde du textile. Les aspects de sécurité au travail (détecteur d'incendie, système électrique revu, sortie de secours) et de bien-être (toilettes en nombre suffisants, aération du bâtiment) sont également pris en compte.
Le coton est certifié bio par Skall, un organisme de labellisation bio hollandais.
Par ailleurs, le coton du projet Rajlakshmi bénéficie du label FLO-Max Havelaar. Celui-ci garantit au consommateur que les critères du commerce équitable ont été respectés pour la production du coton dans les champs et pour l'égrenage.
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