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Le pouvoir citoyen contre la pauvreté

Tara, un levier pour le changement social en Inde

Septembre 2015
Publié dans le
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« Le changement social est d’abord une justice sociale pour tous, où chacun a l’opportunité de se développer économiquement et socialement, sans subir aucune discrimination. Le changement social permet également à tout un chacun de recevoir une éducation, au centre de laquelle se trouvent le respect mutuel, la dignité et l’égalité. » Vikas Kumar, responsable des programmes de développement chez Tara

Valentine Hanin

L’association Tara Projects est née à Dehli au début des années ’70, avec comme objectif le développement économique des artisans les plus marginalisés. Aujourd’hui, elle travaille dans plusieurs régions du pays, avec une petite vingtaine de groupes réguliers (coopératives, micro entreprises, ateliers familiaux, groupes d’entraide) regroupant environ 615 artisans.

Inégalités socio-économiques, inégalités de genre

Dans un contexte de grande pauvreté et d’inégalités entre hommes et femmes encore très marquées, l’association Tara lutte pour un changement social en profondeur. En effet, Tara travaille avec les populations les plus marginalisées et les plus pauvres, notamment avec des femmes et enfants des bidonvilles.

L’empowerment de ces femmes est un des grands enjeux pour l’association, qui les aide à développer un pouvoir sur leur propre vie, à prendre conscience de leur identité, et à comprendre que le collectif permet de « changer les rapports de pouvoir dans les sphères économique, politique, juridique et socioculturelle ». C’est pourquoi Tara met en place des structures pour leur permettre de se regrouper, de prendre des décisions collectives et de se former, éléments indispensables à l’autonomisation et à la reconnaissance des femmes dans la société indienne.

Éducation, formations, sensibilisation : des actions concrètes pour un changement social

Outre ses activités commerciales de production et vente de produits d’artisanat, Tara développe donc des activités d’éducation, met en place des campagnes de sensibilisation et propose différents programmes sociaux. Ainsi, elle offre des formations professionnelles aux artisan(e)s (couture, techniques commerciales, informatique, développement de produits, etc.). Autre domaine essentiel, celui de la lutte contre le travail des enfants. Tara a créé des centres éducatifs et promeut le commerce équitable auprès du grand public, afin d’améliorer l’accès à l’éducation. Elle organise également des campagnes de sensibilisation à l’environnement et à la santé.

Avant, je ne faisais que regarder les gens à travers la fenêtre de ma maison. Aujourd’hui, c’est moi qui me déplace dans les maisons pour rencontrer et témoigner. Je suis si fière de moi. (Ruksana Khatoon)

Focus sur le microcrédit

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L’association accorde des microcrédits aux personnes désirant démarrer une activité commerciale ou d’artisanat (récupération et recyclage de vieilles chaussures, ouverture d’une petite épicerie, création de bijoux, etc.). L’objectif n’est pas uniquement financier, mais bien d’améliorer les compétences des bénéficiaires, de leur permettre de se former au développement de produits et de les familiariser avec l’informatique. Grace à ces microcrédits, des personnes pauvres ou marginalisées peuvent acquérir une certaine indépendance financière, des connaissances et une confiance pour une meilleure intégration dans la société (= empowerment).

« Le microcrédit est la meilleure réponse pour combattre la pauvreté » insiste Vikas Kumar, le responsable des programmes de développement chez Tara.

Tara en chiffres

  • 615 artisan(e)s bénéficiant du soutien de Tara
  • 8 centres d’éducation pour enfants non scolarisés (1100 enfants concernés)
  • 2 centres de formation à l’informatique
  • 5 centres de formation au métier de couturier
  • 695 microcrédits accordés en 2014
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