Oxfam Magasin du monde

Le pouvoir citoyen contre la pauvreté

L’accès au foncier, au Sud comme au Nord
Cahier thématique - Décembre 2014

À la veille de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, le mouvement paysan international La Via Campesina déclarait 1

Notre meilleur espoir pour faire face au changement climatique et nourrir la population croissante de la planète est d’engager un effort mondial visant à donner aux petits agriculteurs et aux communautés autochtones un contrôle sur les terres.

C’est en effet l’industrialisation de l’agriculture et de notre système alimentaire qui est responsable de 44 à 57 % du total mondial des émissions de gaz à effet de serre. Les pratiques paysannes ouvrent quant à elles des pistes crédibles pour lutter efficacement contre l’ampleur ce phénomène.

Ce sont aussi les paysans qui, grâce à leurs petites exploitations, produisent la plus grande partie de l’approvisionnement alimentaire mondial, principalement pour nourrir leur propre famille, leur communauté et les marchés locaux.

Aujourd’hui, la majorité des exploitations agricoles dans le monde sont petites et concentrées dans moins d’un quart de l’ensemble des terres agricoles. Et ce pourcentage ne cesse de diminuer constamment. Les petites fermes, les paysans et paysannes de toutes parts disparaissent, alors que les grandes exploitations industrielles agricoles s’agrandissent et se concentrent sur de la monoculture destinée à l’exportation.

En ce début de XXIème siècle, il y a pourtant une évidence qui échappe à bon nombre de personnes : les terres agricoles sont limitées, et se raréfient de plus en plus, notamment, à cause de pratiques agricoles non durables et du changement climatique qu’elles précipitent. Une donne qui transforme radicalement la question de la productivité. En effet, si l’on tient compte du critère de la durabilité et de la productivité à l’hectare, les performances des exploitations industrielles -ultraperformantes d’un point de vue strictement économique- deviennent toutes relatives. Or, de ce point de vue-là, l’agriculture paysanne a des atouts considérables, reconnus d’ailleurs par un très grand nombre de scientifique 2

Mais, la question de l’accès à la terre et du maintien de la paysannerie nous renvoie également à des enjeux éminemment démocratiques. Garder le contrôle sur nos terres cultivées, c’est en effet maintenir un accès régulier, permanent et libre, à une alimentation qui corresponde à nos besoins et à nos attentes. Un droit qu’il convient de faire valoir face à une logique spéculative sans merci qui voudrait que cela soit ceux qui possèdent les terres agricoles qui décident de notre avenir alimentaire.

Dans ce cahier thématique, nous vous proposons 6 analyses qui expliquent plus en détails la problématique de l’accès au foncier, au Sud comme au Nord, et laissent entrevoir quelques pistes et moyens d’action pour favoriser le développement de la paysannerie.

Corentin Dayez
Animateur thématique

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  1. La solution au changement climatique passe par nos terres, La Via Campesina, GRAIN, Décembre 2014
  2. Évaluation Internationale des Connaissances, des Sciences et des Technologies Agricoles pour le Développement avril 2008 – mieux connu sous l’acronyme IAASTD