Foire aux questions
N'hésitez pas à nous poser vos questions au sujet d'Oxfam-Magasins du monde, du commerce équitable ou de nos campagnes et actions.Tremblement de terre en Haïti
Oui, plus de 200 collaborateurs locaux et internationaux d’Oxfam sont sur place pour participer au programme d’aide. Avant le séisme déjà, du personnel d’Oxfam travaillait en Haïti. Cela fait en effet plusieurs années qu’Oxfam collabore avec des partenaires locaux sur plusieurs projets. Cette présence sur place a permis à Oxfam de s’organiser très rapidement pour répondre aux besoins de la population. Oxfam-Solidarité, Oxfam-Wereldwinkels et Oxfam-Magasins du monde travaillent avec des partenaires locaux dans les domaines de l’agriculture, du développement économique local et de la défense des droits des femmes. En outre, Oxfam-Solidarité mène depuis plusieurs mois des projets destinés à réduire l’impact des catastrophes naturelles (ouragans, séismes, etc.), en collaboration avec la population du nord du pays, souvent sujette à ce type de phénomènes.
- En ce moment, les priorités sont au niveau sanitaire et des abris. Oxfam a fourni de l’eau, des kits d’hygiène et du matériel sanitaire à 100.000 personnes à Port-au-Prince, Carrefour, Jacmel et Delmas.
- Les habitants des camps évacuent les déchets et creusent des canaux d’évacuation dans le cadre du programme “travail contre argent”, et ce pour réduire les risques de maladies. De plus, Oxfam prévoit de fournir des abris (tentes, bâches) à 28.000 personnes dans les six mois à venir.
- Oxfam accorde également une attention particulière à près de 500.000 personnes qui ont fui Port-au-Prince vers la campagne. Alors que la saison de plantation commence dans un mois, un soutien particulier aux paysans sera plus que nécessaire afin qu’ils puissent augmenter leur production alimentaire.
- L’annulation de la dette de Haïti est une autre priorité d’Oxfam. Actuellement, le pays croule sous une dette extérieure énorme. Celle-ci empêche la reconstruction et menace d’enfoncer le pays encore plus dans la pauvreté. C’est pourquoi Oxfam plaide auprès de plusieurs institutions fi nancières et gouvernements pour l’annulation de la dette de Haïti.
- Pour Oxfam, les besoins de la population doivent être au centre des préoccupations. Les gens doivent avoir leur mot à dire dans le processus de reconstruction. Un récent sondage d’Oxfam a montré que c’est encore trop peu le cas. Oxfam soutient dès lors la mise sur pied d’une réunion où la population pourra exprimer ses revendications au sujet de la reconstruction.
Il s’agit d’une opération diffi cile et de grande envergure. Il faut du temps pour fournir des abris, de la nourriture, de l’eau et des installations sanitaires à des dizaines de milliers de personnes. De plus, la communication et le transport restent difficiles. Les dégâts matériels sont énormes et une partie de la population reste diffi cilement accessible.
Plus de 1,2 million de personnes vivent actuellement dans des campements temporaires dispersés dans Port-au-Prince, soit plus d’un tiers de la population totale de la capitale! Mais chaque jour, de plus en plus de personnes reçoivent de l’aide et la coordination entre les différentes organisations d’aide s’améliore progressivement. Oxfam comprend évidemment les frustrations par rapport à la lenteur de cette opération, mais la situation s’améliore un peu chaque jour.
Immédiatement après le séisme, un mouvement de solidarité mondial s’est mis en place. Grâce à cette générosité, Oxfam dispose de suffi samment de moyens pour les 3 à 5 années à venir pour réaliser ses activités d’aide d’urgence, de reconstruction et ses projets à long terme avec d’autres organisations. Nous tenons dès lors à remercier tous les généreux donateurs et les autorités qui ont rassemblé ces fonds. Pour les projets à long terme en Haïti, nous aurons besoin de fonds supplémentaires plus tard.
Bien sûr, Oxfam a également besoin de moyens pour s’occuper des crises oubliées et pour pouvoir intervenir rapidement lorsqu’une autre catastrophe se produit ailleurs dans le monde. Vous pouvez donc toujours soutenir nos projets d’aide d’urgence et notre fonctionnement général en faisant UN don sur le compte 000-0000028-28. Vous pouvez également faire un don en ligne via le site www.oxfamsol.be. Pour tous les dons annuels de 30 euros ou plus, vous aurez droit à une attestation fiscale.
Nous n’acceptons aucun don de ce type, et ce pour plusieurs raisons. La première est que récupérer, sélectionner, nettoyer et envoyer ce matériel coûte énormément en temps et en argent. Dans une situation d’urgence, il faut travailler de la manière la plus efficace et gaspiller le moins d’argent possible. De plus, nous avons besoin de matériel qui réponde à des normes de qualité strictes (surtout les médicaments). Enfi n, Oxfam choisit consciemment d’acheter du matériel sur place, non loin de la catastrophe, afi n de gagner du temps, de faire des économies et de soutenir l’économie locale.
La transparence est essentielle. Tant le gouvernement que les ONG et autres organisations doivent rendre compte des dépenses effectuées, et ce tant vis-à-vis des donateurs que des bénéficiaires. Mais il est difficile d’exclure totalement les possibilités de corruption. Le travail d’Oxfam est contrôlé et nous avons des règles claires en matière de corruption. S’il a été prouvé que des fonds ont été détournés, l’argent doit être remboursé.
Nous collaborons avec des partenaires locaux dans le monde entier, avec des critères stricts pour évaluer l’intégrité et la qualité du travail. En Haïti, la collaboration se passe de manière effi cace depuis plusieurs années.
Le gouvernement coordonne désormais l’opération d’aide d’urgence avec les Nations Unies. Il participe à la prise de décision sur l’aide et la reconstruction. Les autorités haïtiennes ont été durement touchées par le séisme. Elles ont perdu de nombreux collaborateurs et subi de lourds dégâts matériels. Mais elles tentent d’améliorer chaque jour leur réponse à cette crise.
Le gouvernement a annoncé vouloir construire 200 ‘villages modèles’. Il a également identifi é des sites pour la construction de campements temporaires. Le but est d’y construire des logements permanents par la suite.
La fourniture de pelles et de pioches a commencé presque immédiatement après le séisme. Un premier avion chargé d'équipement d'Oxfam s'est envolé 3 jours après le séisme et d'autres suivent. Vu les problèmes d'accès à l'électricité et à l'essence, des problèmes se sont posés dans les premiers jours. Mais la distribution d'eau aux victimes a pu démarrer dès le 17 janvier et l'aide s'accroît jour après jour.
C'est faux. Chez Oxfam-Solidarité, la moyenne des frais administratifs liés à ces opérations est de l'ordre de 7%. Cet argent sert d'ailleurs à financer des activités contribuant à la réussite des opérations et donc très utile.
Vous avez le choix : soit vous décidez de soutenir spécifiquement les actions d'Oxfam et versez votre don sur le compte 000-0000028-28, soit vous décidez de faire un don sur le 000-0000012-12 qui sera réparti entre 5 ONG belges unies dans le cadre de l'opération « Haïti Lavi 12-12 » : Oxfam-Solidarité, Unicef Belgique, Caritas, Médecins du Monde et Handicap International. Quel que soit le montant donné, il sauvera des vies.
Petits déjeuners Oxfam
Chacun des 200 groupes organisant un petit déjeuner décide du prix d’entrée en fonction des frais liés à celui-ci. Les prix de location de salle varient d’un endroit à l’autre, chauffage compris ou non ; un certain nombre de petits déjeuners doivent louer de la vaisselle qui se paye parfois à la pièce ; certains ont parfois une aide de la commune. D’un autre côté, le groupe choisit le contenu du petit déjeuner : certains présentent une offre simple (pain, café, confitures), d’autres décident d’étoffer avec un large choix sur le buffet et cela peut aller jusqu’aux gâteaux réalisés par les bénévoles avec les produits équitables. Raisons pour lesquelles les prix varient de 2,5 à 5 euros pour un petit déjeuner adulte. Cependant, ces petits déjeuners sont un moment convivial de sensibilisation, et ne s’inscrivent pas dans un but de lucre, le principe est de ne faire ni perte ni bénéfice.
Les petits déjeuners-Oxfam s’inscrivent dans une campagne plus globale d’éducation au développement vers un large public et vers les écoles. La partie démarche de sensibilisation au moyen de différents outils (affiches) et d’actions menées par les bénévoles, est quant à elle financée par le ministère belge de la Coopération au développement et la Communauté française.
Commerce équitable
La production de nourriture est une activité extrêmement importante, qui ne peut pas être réduite à sa dimension économique. Il est donc indispensable de soutenir et d'encourager les pratiques agricoles respectueuses de l'environnement et de la santé des producteurs et des consommateurs. Il est clair que l'agriculture paysanne, au Nord comme au Sud, est nettement plus compatible avec un mode de développement durable que les méthodes préconisées par l'agrobusiness. Mais aujourd'hui, l'agriculture paysanne est mise sous pression par les grands groupes de l'agrobusiness, peu nombreux et très puissants.
Lire la suiteEnsuite et surtout, ça dépend de ce qu'on entend par « coût ». Il faut parfois un peu gratter derrière le prix affiché sur l'étiquette. Pourquoi ? Parce qu'un produit n'est jamais neutre. Il est porteur de sens, de valeurs et d'un modèle de développement. Et donc, au-delà de sa valeur propre, chaque produit a des coûts et des bénéfices cachés à savoir des impacts défavorables ou favorables sur : la création d'emplois décents, garantissant une juste rémunération ainsi que le respect des droits des producteurs ; le développement social ; l'environnement ; la santé des travailleurs et des consommateurs ; la diversité culturelle.
« Ca coûte pas cher » est une expression qui doit souvent être nuancée. Les prix bas peuvent entraîner des coûts élevés au niveau des conditions de travail ou de la justice sociale. Des prix cassés impliquent généralement des salaires cassés pour les producteurs.
Se poser ces questions, c'est ne pas oublier le pouvoir de nos achats. Et c'est examiner quels sont les impacts globaux de nos choix de consommation quotidiens.
Lire la suiteChez Oxfam-Magasins du monde, les critères de partenariat avec les organisations de commerce équitable du Sud incluent un large volet environnemental, à côté des aspects sociaux et économiques.
Ces critères environnementaux concernent notamment la gestion durable des ressources naturelles, le traitement des déchets ou encore l'emballage des produits.
Concernant l'impact du commerce équitable sur l'environnement, la question du transport des produits sur de longues distances est régulièrement évoquée. C'est évidemment un aspect important de l'impact environnemental des produits que nous consommons, mais c'est loin d'être le seul. Par exemple, le sucre de canne bio et équitable a un impact environnemental inférieur à celui du sucre de betterave produit en Europe. Cela indique clairement qu'une approche de l'impact environnemental de notre consommation doit être aussi globale que possible pour être cohérente.
Lire la suiteA côté de son impact le plus concret, le commerce équitable joue aussi un rôle d'alternative concrète et de plus en plus visible. Il permet de montrer qu'une autre manière de faire du commerce est possible et existe déjà. Pour une organisation comme Oxfam-Magasins du monde, le commerce équitable sert donc aussi de levier permettant de viser des changements globaux.
Lire la suiteDans le cas d'un t-shirt équitable, on estime que 21% du prix de vente au client sert à rémunérer la main d'œuvre qui l'a fabriqué et 4% les agriculteurs qui ont cultivé le coton. Dans le deuxième cas, cela représente le triple de la rémunération du commerce conventionnel.
A côté de la rémunération, il faut compter toute une série d'autres coûts, qui se répartissent sur les différentes étapes du parcours d'un produit, dont : le transport, la TVA, les taxes douanières, le loyer des magasins, la rémunération des autres travailleurs de la filière, l'emballage, etc. Il est donc impossible, par exemple, de verser 75% du prix d'une banane à son producteur. A moins de l'acheter directement au Pérou...
Lire la suiteOxfam
Ikea, un modèle à démonter
Parce que c'est une des trois missions d'Oxfam-Magasins du monde
Un commerce équitable et des actions solidaires, en partenariat avec des organisations du Sud, comme vecteur crédible, efficace et rentable d'un mouvement pour une mondialisation solidaire.
> Une force de changement pour un développement durable, social et solidaire : interpeller des pouvoirs politiques ; faire pression sur des entreprises multinationales pour les contraindre à agir pour le bien commun.
> Un mouvement d'éducation permanente qui met en route des citoyens, dans leur diversité, de manière démocratique et participative, pour mener des actions de commerce équitable et solidaire et des actions de changement en faveur d'un développement durable, social et solidaire.
Oxfam-Magasins du monde s'occupe autant du commerce équitable que du commerce inéquitable
Parce que Ikea est un symbole
Grâce à son image suédoise, Ikea est perçue comme une des icônes des entreprises « éthiques et responsables ». Ikea est une des marques les plus reconnues et appréciées dans le monde. Ikea s'affiche comme une entreprise active dans le domaine environnemental et social.
En tant que symbole, il est normal que Ikea rende des comptes sur la réalité de ses agissements.
Parce que Ikea est un acteur de la mondialisation
Entreprise mondiale, Ikea est l'incontournable leader du secteur de la décoration d'intérieur. En 2005, Ikea atteint 14,8 milliards d'euros de chiffre d'affaire. Ikea est présent dans 33 pays avec 220 magasins qui ont accueilli 410 millions de clients. Ikea se fournit dans 53 pays chez 1300 fournisseurs.
Ikea, comme toutes multinationales, est un acteur important de la mondialisation.
Il faut pousser Ikea à utiliser sa marge de manœuvre, qui est réelle, pour améliorer les conditions de travail et de vie des travailleurs de ses fournisseurs et des sous-traitants, au Nord comme au Sud.
Parce que nous ne sommes pas obligés de croire au code de conduite d'Ikea.
L'Iway est le code de conduite qui engage Ikea sur des normes environnementales et sociales. Ikea affiche ce code de conduite et publie un rapport annuel.
Ce code de conduite est interne à Ikea, sans véritable contrôle indépendant.
Ikea doit accepter que les consommateurs ne se contentent pas de croire. Ils veulent pouvoir vérifier.
Parce que Ikea progresse quand l'opinion publique exprime de nouvelles exigences
En 1994, le scandale du travail des enfants au sein de filière Ikea éclate. Ikea réagit pour éradiquer le travail des enfants.
Fin des années ‘90, des problèmes environnementaux liés à l'origine du bois sont mis en lumière en Allemagne. Ikea réagit et décide notamment se fournir partiellement en bois labellisé FSC issu de forêt gérée durablement.
Le niveau de conscience sociale et environnementale de Ikea est celui qu'expriment les consommateurs. En 2006, Oxfam-Magasins du monde amène le curseur de la conscience d'Ikea sur la question centrale du minimum vital pour les travailleurs du Sud.
Parce que Ikea, c'est nous !
Ikea s'intéresse à nous tous. Nous connaissons tous Ikea. Nous recevons tous le catalogue Ikea. Nous sommes (presque) tous des consommateurs d'Ikea. Ikea, c'est nous ! Des bas prix, mais pas à n'importe quel prix, affirme Ikea.
Oui, Ikea concentre nos contradictions de consommateur, travailleur et citoyen.
Le consommateur que nous sommes voudrait les prix les moins chers.
Le travailleur que nous sommes voudrait un salaire élevé
Le citoyen que nous sommes s'inquiète pour le respect de l'environnement et souhaite plus de justice dans le monde.
La campagne vise donc à éveiller auprès des consommateurs une réflexion critique sur ses modes de consommation, en quoi ils contribuent ou non à une mondialisation solidaire.
Oui, Ikea a mis en place une politique de responsabilité sociale et environnementale. Ikea a adopté en 2001 un code de conduite baptisé l'Iway, a créé une structure interne dans le but de le faire appliquer par ses fournisseurs et ses sous-traitances. Ikea a mis en place un système d'audits internes et externes pour vérifier l'application de l'Iway.
Toutefois, sur papier, le code de conduite Iway n'est pas à la pointe des engagements pris par une entreprise. La ligne de conduite principale d'Ikea consiste à exiger de ses fournisseurs qu'ils respectent les lois en vigueur dans les pays où ils s'installent.
C'est un peu comme si vous déclariez que vous êtes prêt à vous arrêter à un feu rouge en voiture. Sur la question des salaires, Ikea prend comme référence le salaire minimum légal et non le salaire minimum vital.
Le droit des travailleurs et des travailleurs de vivre décemment de leur travail est au cœur de nos questions. Ikea n'offre aucune garantie sur l'application de son code de conduite. Sa vérification se fait principalement en interne, au sein même d'Ikea. La vérification externe par des sociétés privées comme KPMG, ITS ou PWCooper n'apporte aucune garantie indépendante.
Contrairement, à Nike, Reebook ou Puma, par exemple, Ikea refuse de communiquer la liste de ses fournisseurs.
Toutefois, sur le terrain, les études réalisées auprès des fournisseurs d'Ikea en Inde, au Bangladesh et au Vietnam montrent clairement les faiblesses et les limites de la politique sociale et environnementale déclinée dans l'Iway. Si un certain nombre d'avancées ont été réalisées au niveau des conditions physiques de travail dans les usines, Oxfam-Magasins du monde a constaté de graves violations de l'Iway et de la loi notamment :
- Des dépassements permanents du nombre maximal d'heures de travail (Bangladesh, Inde, Vietnam). Les travailleurs interviewés travaillent en moyenne entre 80 et 90 heures par semaine.
- Des retards systématiques de paiement des salaires. Au Bangladesh, le salaire de base (le minimum légal) est payé durant la deuxième quinzaine du mois suivant et les heures supplémentaires le mois d'après.
- Les heures supplémentaires ne sont pas payées au barème légal, à savoir le double d'une heure de travail normale.
- Absence de reconnaissance effective de la liberté d'association des travailleurs et de leur droit à la négociation collective (Inde, Bangladesh, Vietnam)
Oxfam-Magasins du monde poursuit deux types d'objectifs.
Vis-à-vis d'IKEA, créer un rapport de force pour le contraindre à respecter pleinement son propre code de conduite dans ses filières de production et de sous-traitance. L'amener en premier lieu à modifier ses pratiques d'achat afin de créer les conditions de respect de son propre code de conduite. La première étape de notre démarche consiste à demander à IKEA de fournir des informations de manière transparente et claire. C'est un droit des consommateurs de savoir si les pratiques d'achat d'IKEA lui permettent de respecter ses engagements.
Vis-à-vis des consommateurs, nous voulons mener une campagne d'éducation permanente sur les modèles de développement généré par les multinationales. IKEA est choisi comme l'exemple d'un acteur symbolique. La campagne vise donc à éveiller auprès des consommateurs une réflexion critique sur ses modes de consommation, en quoi ils contribuent ou non à une mondialisation solidaire.
Oui, ce sont les gouvernements qui définissent les normes dont le salaire minimum légal. Ce sont donc les gouvernements qui peuvent augmenter le niveau de ce salaire référence. Les gouvernements doivent en avoir la volonté. C'est une question de choix démocratique au sein de chaque Etat, de rapport de force entre travailleurs et employeurs. D'où l'importance du combat des organisations de travailleurs, particulièrement dans les pays du Sud.
Mais les Etats doivent également garder la capacité de se montrer attractifs pour les entreprises multinationales en offrant un cadre légal attractif : législations du travail peu contraignantes, défiscalisation, faibles salaires,... Difficile dans ces conditions pour les Etats d'augmenter les salaires minimum légaux sans tenir compte de la concurrence internationale. D'autant plus que les multinationales recherchent à maximaliser leur profit à tout prix.
Ikea affaiblit le rôle que pourrait jouer les Etats.
- Ikea joue de la concurrence entre pays du Nord et du Sud. Les produits « Made in quality of Sweden » viennent de plus en plus d'Asie, de Chine en particulier. Ikea met aussi en concurrence les pays du Sud entre eux. Cela ne facilite pas la tâche des pouvoirs publics locaux pour élever le niveau des salaires minimum légaux.
- Ikea a développé une structure juridique opaque qui lui permet de contourner au maximum le payement des impôts, principale ressource des Etats pour mener des politiques. Un journaliste de The Economist a évalué le montant total des taxes payées par l'ensemble des entreprises formant Ikea à 19 millions d'euros en 2004. La même année, le profit combiné de ces entreprises était estimé à 553 millions d'euros. Payer ses impôts est une responsabilité sociale de premier ordre.
Si les gouvernements ont une responsabilité, Ikea en a une également. La multinationale suédoise a en outre une marge de manœuvre qui lui permet de pouvoir réellement s'engager un pas plus loin dans l'amélioration des conditions de vies des travailleurs.
Quatre rencontres ont eu lieu entre des responsables belges ou internationaux (Suède) d'Ikea et les responsables d'Oxfam-Magasins du monde.
- Oxfam-Magasins du monde a transmis à Ikea, avant publication, les études réalisées en Inde, en Vietnam et au Bangladesh pour recevoir avis et commentaires des responsables d'Ikea. Oxfam-Magasins du monde a décidé de rendre compte en toute transparence des contacts avec des représentants d'Ikea.
- Ikea n'a voulu confirmer aucun entretien ou engagement par écrit. Ikea n'a pas apporté de commentaires factuels sur les études d'Oxfam-Magasins du monde. Thomas Bergmark, manager des affaires sociales et environnementales du groupe Ikea, est revenu au dernier moment sur sa décision de participer au débat public organisé le 28 septembre 2006 à Anderlecht.
Ikea a réagi suite à la présentation publique du livre « Ikea, un modèle à démonter » par un communiqué de presse le 21 septembre 2006 :
« IKEA Belgique est au courant qu'Oxfam Magasins du Monde publie un livre concernant IKEA et les problématiques sociales globales.
IKEA dispose d'un code de conduite, "The IKEA Way on Purchasing Home Furnishing Products", Iway. Il s'agit d'un ensemble de règles sociales et environnementales que les sous-traitants d'IKEA doivent respecter.
Par ailleurs, la majorité des pièces d'ameublement d'IKEA sont distribuées en paquets plats, étudiés pour permettre le transport de la plus grande quantité possible avec le moindre impact possible sur l'environnement.
IKEA fait le maximum pour vendre ses produits aux prix les plus bas, mais pas à n'importe quel prix. IKEA ne voit pas de conflit entre faire des affaires et être une entreprise responsable, qui applique sa vision qui consiste à « améliorer le quotidien du plus grand nombre». IKEA s'implique pro-activement dans les problématiques sociales et environnementales, y compris les conditions de travail, et IKEA et ses sous-traitants font des efforts très importants en ce sens. Nous avons accompli un chemin important mais il y a encore beaucoup de choses à faire, il s'agit d'un processus permanent qui comporte encore certainement de nombreuses étapes. Nous pensons qu'IKEA peut participer à l'amélioration des conditions et peut contribuer à améliorer l'environnement de vie de nos sous-traitants et de leurs employés, ne fût-ce qu'en étant présent et en gérant nos activités de manière responsable.
IKEA comprend et partage l'intérêt pour cette problématique importante. IKEA est convaincu qu'il est essentiel d'avoir des actions qui viennent de différentes parties pour obtenir des avancées.
IKEA ne souhaite pas commenter le livre et son contenu, mais souhaite néanmoins faire part des efforts accompli en matière de responsabilité sociale et environnementale.
Vous trouverez plus d'information à ce sujet dans le Rapport Social et Environnemental 2005 qui se trouve sur le site www.Ikea-group.com. »
A noter qu'Ikea a refusé jusqu'à ce jour deux propositions simples à concrétiser
- publier en signe de transparence la liste des fournisseurs.
- fournir les informations sur 5 produits afin qu'Oxfam-Magasins du monde évalue l'impact des pratiques d'achat sur les conditions de travail et de vie des travailleurs.
Oui, Ikea concentre nos contradictions de consommateur, travailleur et citoyen.
- Le consommateur que nous sommes voudrait les prix les moins chers.
- Le travailleur que nous sommes voudrait un salaire élevé
- Le citoyen que nous sommes s'inquiète pour le respect de l'environnement et souhaite plus de justice dans le monde.
Et pourtant, si la population mondiale vivait selon le mode de consommation proposé (imposé ?) par IKea, il faudrait les ressources de 3 ou 4 planètes. Le modèle que nous propose Ikéa (offre de produits à bas prix, système de vente qui crée le besoin pour l'assouvir immédiatement, prise en charge totale du client qui vient « passer la journée chez Ikéa ») est un modèle de surconsommation qui envahit nos vies.
Nous pouvons faire le choix de consommer moins. Augmenter de 10% les salaires des travailleurs à la production dans le Sud n'aurait qu'un impact de 1% sur le prix final. Ces 10% d'augmentation a un impact considérable pour les travailleurs du Sud. Il aurait peu d'impact sur la rentabilité d'Ikea.
Nous pouvons faire le choix de demander des prix équitables.
Oxfam-Magasins du monde invite les consommateurs à se manifester auprès d'Ikea pour faire évoluer les pratiques d'Ikea. Oxfam-Magasins du monde demande que Ikea :
- s'engage, comme point de départ, à ce que ses fournisseurs et sous-traitants garantissent par contrat aux travailleurs un salaire décent qui atteigne le minimum vital dans le pays concerné.
- garantisse dans la filière de production le respect du droit d'association, de liberté syndicale et de négociation collective, notamment à propos du code de conduite IWAY d'IKEA.
- modifie ses pratiques d'achat à ses fournisseurs afin de créer les conditions de respect de son propre code de conduite. IKEA ne peut reporter tout le poids de ses engagements sur ses sous-traitants et ses fournisseurs.
- publie la liste de ses fournisseurs et permette un contrôle par un organisme indépendant de la mise en oeuvre de son code de conduite.
Le choix d'aller ou pas chez Ikea relève de la responsabilité de chacun. Mais c'est également la responsabilité de chaque consommateur de s'informer pour déterminer ce choix. Oxfam-Magasins du monde a pour rôle d'apporter des éléments d'information et des clés d'analyse pour faciliter ce choix.
La consommation idéale n'existe pas. Elle est toujours un compromis entre le rapport qualité-prix - des critères sociaux - des critères environnementaux - des critères de santé - des critères culturels.
L'alternative à Ikea n'est pas donc totale. Mais elle existe.
Consommer moins et mieux
- Avant d'acheter, se poser la question « Ai-je réellement besoin du produit que je voudrais acheter ? »
- Choisir des produits utiles, de qualité.
- Choisir des produits qui pourront être facilement réutilisés, réparés, donnés.
- Faire le choix des produits de seconde main
- Donner une seconde vie aux produits par des solidarités en famille ou en société.
- Choisir des entreprises d'économie sociale
- Choisir des fournisseurs locaux
- Poser des questions aux vendeurs sur la qualité sociale et environnementale des produits
- Faire le choix des produits en bois labellisés FSC (Forest Stewardship Council : le bois est issu de forêts gérées durablement). Demander que Ikea affiche ce label.
- Avant d'acheter, se poser la question « Ai-je réellement besoin du produit que je voudrais acheter ? ». Un petit truc : partir avec une liste de course établie pour éviter de se faire attraper par les gadgets inutiles.
S'informer
- Lire le livre : « Ikea, un modèle à démonter »
- Consulter le site www.omdm.be
- Participer à une séance d'information sur la campagne
- Organiser une séance d'information. S'adresser à corentin.hecquet@mdmoxfam.be
- Imaginons ensemble un autre développement, durable et équitable.
Interpeller
- Il est important que de nombreux citoyens adhèrent à la campagne d'Oxfam-Magasins du monde.
- Signez l'adhésion à la campagne d'Oxfam-Magasins du monde.
- Faire signer l'adhésion à la campagne.
- Ne pas hésiter à poser des questions à Ikea. C'est le droit des consommateurs de savoir.
- Le niveau de conscience sociale et environnementale de Ikea est celui qu'expriment les consommateurs.
La campagne Prix tout compris
La campagne « Prix tout compris » a été lancée par Oxfam-Magasins du monde pour mettre en question nos choix de consommation. Parce que chaque produit (son prix, l'utilisation qu'on en fait) est porteur de sens, de valeurs et d’un modèle de développement.
La campagne présente également des propositions concrètes d’alternatives. Nous voulons montrer que nous avons tous comme citoyens, travailleurs, épargnants et consommateurs, des possibilités, limitées mais bien réelles, de faire des choix de consommation critiques et responsables.
La campagne « Prix tout compris » est au carrefour de notre approche critique du modèle de développement généré par les multinationales et de notre volonté de proposer des alternatives positives de consommation.
Pour choisir, on compare surtout les « prix » et parfois la « qualité ».Pourtant, bien d’autres critères se cachent derrières nos achats. Ceux-ci impliquent-ils des emplois précaires ou de qualité? Respectent-ils l’environnement ? Fournissent-ils un revenu décent ou un salaire de misère aux producteurs ? Garantissent-ils des bonnes conditions de travail ? Préservent-ils notre santé et celles de ceux qui les produisent ? Préservent-ils la diversité culturelle ?
Oxfam-Magasins du monde veut promouvoir des choix de consommation critiques et responsables en faveur d’un développement durable, social et solidaire à savoir une consommation qui tienne compte de manière équilibrée :
- de la création d’emplois décent
- de la rémunération des producteurs (juste prix)
- du respect des droits et des conditions de travail des producteurs
- de l’impact environnemental du processus de production et de consommation
- de la santé des travailleurs et des consommateurs
- du modèle culturel d’une consommation choisie ou subie
Un développement durable préserve les droits des générations actuelles et futures, en particulier dans le domaine environnemental.
Un développement social rencontre les besoins fondamentaux de tous les habitants de la planète, le respect effectif des Droits Humains, politiques, économiques et sociaux ; la participation citoyenne de toutes et de tous.
Un développement solidaire favorise l’échange entre les individus et les peuples, la paix et la coopération, la protection des plus faibles.
S’il est important d’élargir nos critères d’achats, il faut également reconnaitre que nous ne sommes pas égaux face à la consommation. Consommer mieux n’est pas forcément possible pour tout le monde. La prise en compte des coûts et bénéfices réels d’un produit a donc comme corollaire la nécessité de corriger les inégalités sociales dans la consommation.
En effet, les gens ne souffrent pas de la même manière face à l’augmentation du coup de la vie. Si le pouvoir d’achat de certains baisse réellement, pour d’autres il augmente. Suivant notre niveau de revenu, on peut plus facilement (ou plus difficilement) y faire face. Pour certains, consommer moins n’est pas un choix, c’est alors une contrainte qui ne s’accompagne pas forcément d’une meilleure qualité de vie. Il est donc nécessaire de prendre des mesures politiques de redistribution parmi lesquelles des politiques de biens publics universels, de proportionnalité des responsabilités, de progressivité de la prise en compte des coûts.
Au-delà de la valeur intrinsèque du produit, chaque produit a des coûts et des bénéfices cachés, à savoir des impacts défavorables ou favorables pour l’emploi, la rémunération, les droits des travailleurs, les conditions de travail des producteurs ; pour l’environnement, la santé des producteurs comme des consommateurs ou pour la diversité culturelle.
Choisir de consommer des produits du commerce équitable garantit, par exemple, un revenu décent aux producteurs. De même, épargner de l’argent chez Crédal permet de financer des projets d’économie sociale et solidaire, de créer de l’emploi. Par contre, avec le mini-prix de tel T-shirt, les travailleuses philippines qui l’ont confectionné doivent survivre avec moins de 2 $ par jour. Deux dollars par jour, c’est le seuil de l’extrême pauvreté, même aux Philippines.
Derrière le prix de notre GSM se cache l’exploitation des ressources minières. Ces ressources qui, au lieu d’apporter la prospérité économique au Congo n’ont amené que l’exploitation des populations locales et de leur environnement.L’environnement est justement un enjeu important dans notre consommation. Surconsommer des produits de décoration pour la maison nuit gravement à la nature qui se voit surexploitée par notre boulimie consumériste.Résultat équivalent pour notre consommation de viande. Un kilo de bœuf rejette 36 kg de CO2, soit assez d’énergie pour allumer une ampoule de 100 watt pendant 20 jours ! On a pourtant le choix. Le choix de consommer moins. Moins de produits inutiles et moins de viande par exemple. Ou encore faire le choix de produits de seconde main.
Nous pouvons aussi consommer mieux. Choisir des produits locaux, des légumes de saisons. Allier saveur, solidarité et durabilité en s’approvisionnant chez les producteurs locaux ou via un groupe d’achat solidaire. Notre culture également est mise à mal par des acteurs comme l’entreprise Clear Channel, qui par sa mainmise progressive sur le circuit musical, fait de la culture un simple produit de consommation de masse, avec un risque réel qu’elle soit de moins en moins accessible et diversifiée.
Si choisir c’est renoncer, certaines de nos valeurs comme la justice, la solidarité, l’environnement, la liberté, la santé ou la convivialité ne sont pas négociables !
Pour choisir en connaissance de cause, la campagne « Prix tout compris » met en lumière les coûts et les bénéfices cachés de certains produits. Nous voulons dès lors :
- Les faire apparaître aux yeux des consommateurs.
- Inciter les consommateurs à en tenir compte dans leur choix.
- Contraindre les acteurs économiques à plus de transparence (étiquetage, traçabilité, …).
- Exiger des politiques structurelles qui obligent les acteurs économiques à intégrer ces coûts ou bénéfices cachés dans les prix pour diminuer les impacts défavorables et encourager les effets favorables.
La campagne « Prix tout compris » nous invite donc à agir en tant que consommateur, travailleur, épargnant ou citoyen. Seul ou ensemble. Pour consommer moins, pour consommer mieux, pour être solidaire. Car si nos choix sont limités, leurs conséquences sont bien réelles.
Pour y arriver, Oxfam-Magasins du monde propose 10 promotions « prix tout compris » qui mettent en avant la face cachée de 10 filières de produits de grande consommation (voir tableau ci-après). Si une partie des exemples nous met en garde contre les conséquences négatives de certains choix et nous invite à consommer moins, l’autre partie nous invite à créer ou rejoindre des initiatives pour consommer mieux.
En complément des actions individuelles et collectives pour consommer moins et mieux, Oxfam-Magasins du monde fait pression sur le politique pour exiger plus de transparence et une régulation des acteurs privés. La transparence des entreprises est en effet une condition indispensable pour veiller au respect des droits des travailleurs, à l’application des conventions fondamentales de l’Organisation Internationale du Travail et au respect de l’environnement. Oxfam-Magasins du monde demande dès lors que les principaux intervenants dans les filières de production et d’approvisionnement soient identifiés et rendus public afin de pouvoir vérifier le respect des lois et des engagements des entreprises dans leurs filiales, dans leurs chaines d’approvisionnement et chez leurs sous-traitants.
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