Oxfam
- Que signifie le nom 'Oxfam' ?
- Le nom « Oxfam » vient de « Oxford Committee for Famine Relief », une organisation fondée en Grande-Bretagne en 1942. Pendant la Seconde Guerre mondiale, ce groupe milita pour que des vivres soient envoyés, malgré le blocus naval des alliés, aux femmes et enfants qui mourraient de faim en Grèce, pays alors occupé par l'ennemi.
Commerce équitable
- 1. Le commerce équitable, c’est une goutte d’eau ?
- Oui, dans l'océan du commerce mondial, le commerce équitable ne pèse pas beaucoup plus qu'une goutte d'eau en termes de volume de transactions. Mais quelle goutte d'eau : elle permet à 1,5 million de producteurs de vivre décemment de leur travail et profite à plus de 5 millions de personnes, si l'on tient compte des impacts sur les familles et communautés des producteurs.
A côté de son impact le plus concret, le commerce équitable joue aussi un rôle d'alternative concrète et de plus en plus visible. Il permet de montrer qu'une autre manière de faire du commerce est possible et existe déjà. Pour une organisation comme Oxfam-Magasins du monde, le commerce équitable sert donc aussi de levier permettant de viser des changements globaux. - 2. Quand j’achète équitable, où va mon argent ?
- Payer un prix juste aux producteurs fait partie des principes centraux du commerce équitable. Il est donc logique qu'une plus grande partie du prix du produit vendu revienne aux producteurs.
Dans le cas d'un t-shirt équitable, on estime que 21% du prix de vente au client sert à rémunérer la main d'œuvre qui l'a fabriqué et 4% les agriculteurs qui ont cultivé le coton. Dans le deuxième cas, cela représente le triple de la rémunération du commerce conventionnel.
A côté de la rémunération, il faut compter toute une série d'autres coûts, qui se répartissent sur les différentes étapes du parcours d'un produit, dont : le transport, la TVA, les taxes douanières, le loyer des magasins, la rémunération des autres travailleurs de la filière, l'emballage, etc. Il est donc impossible, par exemple, de verser 75% du prix d'une banane à son producteur. A moins de l'acheter directement au Pérou... - 3. Le commerce équitable coûte-il cher ?
- Un produit du commerce équitable aurait un coût plus élevé qu'un produit inéquitable ? A voir. D'abord, ce n'est pas nécessairement le cas, une rapide comparaison amenant parfois bien des surprises.
Ensuite et surtout, ça dépend de ce qu'on entend par « coût ». Il faut parfois un peu gratter derrière le prix affiché sur l'étiquette. Pourquoi ? Parce qu'un produit n'est jamais neutre. Il est porteur de sens, de valeurs et d'un modèle de développement. Et donc, au-delà de sa valeur propre, chaque produit a des coûts et des bénéfices cachés à savoir des impacts défavorables ou favorables sur : la création d'emplois décents, garantissant une juste rémunération ainsi que le respect des droits des producteurs ; le développement social ; l'environnement ; la santé des travailleurs et des consommateurs ; la diversité culturelle.
« Ca coûte pas cher » est une expression qui doit souvent être nuancée. Les prix bas peuvent entraîner des coûts élevés au niveau des conditions de travail ou de la justice sociale. Des prix cassés impliquent généralement des salaires cassés pour les producteurs.
Se poser ces questions, c'est ne pas oublier le pouvoir de nos achats. Et c'est examiner quels sont les impacts globaux de nos choix de consommation quotidiens. - 4. Le bio et l’équitable, c’est la même chose ?
- Non, bio et équitable ne sont pas des synonymes. Mais les deux notions ne sont pas opposées, loin de là. D'ailleurs, à l'heure actuelle, plus du tiers des produits alimentaires d'Oxfam Fair Trade sont certifiés bio, et cette proportion est en croissance constante. Quant aux autres produits, beaucoup d'entre eux sont obtenus selon les méthodes de l'agriculture biologique, sans nécessairement être certifiés comme tels (pour des raisons pratiques comme le coût de la certification bio).
La production de nourriture est une activité extrêmement importante, qui ne peut pas être réduite à sa dimension économique. Il est donc indispensable de soutenir et d'encourager les pratiques agricoles respectueuses de l'environnement et de la santé des producteurs et des consommateurs. Il est clair que l'agriculture paysanne, au Nord comme au Sud, est nettement plus compatible avec un mode de développement durable que les méthodes préconisées par l'agrobusiness. Mais aujourd'hui, l'agriculture paysanne est mise sous pression par les grands groupes de l'agrobusiness, peu nombreux et très puissants. - 5. Le commerce équitable est-il compatible avec la préservation de l’environnement ?
- Les enjeux environnementaux sont loin d'être absents des préoccupations des acteurs du commerce équitable. Ainsi, les critères de commerce équitable incluent un important volet lié à la volonté de promouvoir un développement durable.
Chez Oxfam-Magasins du monde, les critères de partenariat avec les organisations de commerce équitable du Sud incluent un large volet environnemental, à côté des aspects sociaux et économiques.
Ces critères environnementaux concernent notamment la gestion durable des ressources naturelles, le traitement des déchets ou encore l'emballage des produits.
Concernant l'impact du commerce équitable sur l'environnement, la question du transport des produits sur de longues distances est régulièrement évoquée. C'est évidemment un aspect important de l'impact environnemental des produits que nous consommons, mais c'est loin d'être le seul. Par exemple, le sucre de canne bio et équitable a un impact environnemental inférieur à celui du sucre de betterave produit en Europe. Cela indique clairement qu'une approche de l'impact environnemental de notre consommation doit être aussi globale que possible pour être cohérente.




