Palestinian Medical Relief Society, partenaire du programme Sud d’Oxfam-Solidarité

L’aide médicale dans les territoires palestiniens. Zoom sur la Palestinian Medical Relief Society, partenaire du programme Sud d’Oxfam-Solidarité

Oxfam-Magasins du monde dispose d’un fonds de partenariat Oxfam-Made in dignity, alimenté par le commerce de seconde main. Lors des ventes de vêtements, 1 euro sur 5 alimente ce fonds. Il contribue notamment à financer la mise en œuvre du programme Sud d’Oxfam-Solidarité. Coup de projecteur sur une ONG palestinienne qui fournit une aide médicale à des centaines de milliers de civils en situation de crise humanitaire.

Le secteur de la santé en Palestine

Une crise économique, sociale et humanitaire

La politique israélienne d’occupation de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza se manifeste par des atteintes à la liberté de circulation des personnes et des biens, des opérations militaires, la construction d’un Mur de sécurité, la confiscation de terres, etc [highslide](1;1;;;)Pour un récit plus détaillé, vous pouvez consulter les analyses et témoignages publiés à la suite d’une mission d’Oxfam-Magasins du monde en Palestine en 2006.[/highslide] . La situation économique, sociale et humanitaire est plus critique que jamais. La pauvreté – 60% de la population vit sous le seuil officiel de pauvreté- et le chômage – 35% à 40% de sans emploi – atteignent des niveaux dramatiques. A la suite de la fermeture des frontières israéliennes et des restrictions de circulation, de plus en plus de Palestiniens n’arrivent plus à satisfaire leurs besoins de base. Les difficultés d’approvisionnement en denrées alimentaires et d’accès aux marchés fragilisent encore plus une population civile déjà à la limite de la survie. Actuellement 40% des Palestiniens sont confrontés à un manque de nourriture et près de 25% des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition.

La situation humanitaire reste désastreuse. Les punitions collectives israéliennes font de nombreuses victimes et blessés parmi les civils. Elles empêchent également d’assurer les services de base. Les attaques touchent les infrastructures publiques, comme la principale centrale électrique et le réseau de distribution d’eau de Gaza, bombardés en juin 2006, avec des implications pour le fonctionnement des hôpitaux par exemple. Le manque d’essence paralyse une partie des transports, met à l’arrêt certains services essentiels et ne permet plus de faire fonctionner certaines sources d’eau potable. On assiste également à une pénurie de médicaments et la fermeture des passages frontière empêchent les civils ayant besoin d’un traitement à l’extérieur de sortir. Pendant l’intifada, de nombreuses femmes ont été contraintes d’accoucher aux check-points (et beaucoup d’entre elles sont décédées), il n’était plus possible de sortir les blessés des maisons pour les amener à l’hôpital, etc.

L’affaiblissement des services publics

Suite à l’arrivée au pouvoir du Hamas en janvier 2006, l’Union européenne et la Communauté Internationale ont suspendu leur aide financière au gouvernement de l’Autorité Palestinienne (AP). Quant à l’Etat d’Israël, il refuse toujours de reverser les revenus fiscaux collectés au nom de l’AP. Les services publics manquent de ressources afin de payer les salaires, de faire fonctionner les infrastructures et services de base, etc. Le Ministère de la Santé, qui fournit 62% des centres de santé et hôpitaux, dépend à 50% environ de l’aide internationale.  Financièrement affaibli, il fait face à une baisse de la quantité et de la qualité des programmes préventifs, des services et infrastructures de soins et de revalidation. Ainsi, les 700.000 habitants de l’entité de Naplouse ne bénéficient que d’un hôpital public et de deux chirurgiens ! Ils doivent attendre 3 mois pour être opérés… d’urgence ! Le personnel est insuffisant, sous-payé et l’absentéisme en son sein augmente. Les listes d’attente pour des opérations chirurgicales sont longues. Les réserves de médicaments sont insuffisantes. Certains villages éloignés ne bénéficient plus de service de santé.

Le rôle croissant des ONG

La crise financière aigue du système public de santé contribue à empirer la situation humanitaire et sanitaire. L’Organisation Mondiale de la Santé a averti des conséquences de cette crise [highslide](2;2;;;)OMS, 6 avril 2006. Possible consequences on the health sector due to the reduction of support to the public services.[/highslide]. Elle pourrait conduire à « un rapide déclin du système de santé publique et à son possible effondrement ». Ceci aura pour conséquence « pour une part importante de la population, de ne pouvoir accéder, ou de façon limitée, à la médecine préventive et aux traitements curatifs, particulièrement les personnes les plus pauvres ». Une autre conséquence est déjà visible. Un glissement progressif s’opère vers les organisations non-gouvernementales (ONG), le système des Nations-Unies et le secteur privé. Cette évolution répond à une situation de grave crise humanitaire mais n’est en rien une solution structurelle et durable. C’est le rôle du Ministère de la Santé que de répondre aux besoins médicaux de tous. Les ONG palestiniennes actives dans le secteur ont d’ailleurs rappelé publiquement qu’elles continuent à croire dans le rôle central des pouvoirs publics dans le domaine de la santé et que leur rôle n’est que complémentaire à celui du Ministère de la Santé. Elles refusent de se substituer à lui.

Il y a actuellement des attentes croissantes envers les ONG locales afin qu’elles fournissent des soins de qualité et à bas prix (gratuits dans 60% des cas) à un nombre croissant de personnes en difficulté financière. Le secteur privé, plus coûteux, n’est pas une alternative pour ces personnes. Ainsi le réseau d’institutions de santé non-gouvernementales représente 60% des soins de santé de base des ménages palestiniens, 90% de la revalidation des personnes handicapées et 34% des lits disponibles en hôpitaux. La pression sur ces ONG devient insupportable, sans que leurs capacités ne suivent. Elles font également face à un manque de financement, les donateurs ayant délaissé le domaine de la santé ces dernières années.

PMRS, partenaire d’Oxfam-Solidarité

Dans ce contexte difficile, la Palestinian Medical Relief Society (Association palestinienne d’aide médicale) [highslide](3;3;;;)

Précédemment appelée UPMRC (Union of Palestinian Medical Relief Committees)[/highslide] fournit un service médical à 1,4 millions de palestiniens, dans plus de 490 villes et villages, grâce à un large réseau construit durant les 28 années d’existence de l’organisation. Ce réseau est à la fois physique (centres de santé, laboratoires, centres de formation, cliniques mobiles, services de rééducation communautaires…) et humain (358 employés et plus de 40.000 volontaires). La PMRS est un des plus importants acteurs du secteur de la santé dans la Bande de Gaza et en Cisjordanie. De nombreux bénévoles ont déjà rejoint l’organisation. « Quel est l’avenir des jeunes ici à Naplouse ? Ils n’ont pas de travail, ne peuvent pas quitter la ville. Ils vivent avec la mort en tête… Aujourd’hui, de nombreux jeunes s’engagent dans l’UPMRC. Ca donne un sens à leur vie», nous confie le Docteur Ghassan, qui coordonne la cellule de Naplouse.

La mission de PMRS, fondée en 1979, consiste à « améliorer la situation physique, mentale et sociale des Palestiniens, quelle que soit leur race, appartenance politique, religion ou statut économique. Les programmes s’orientent sur les besoins des plus vulnérables : les femmes, les enfants et les plus pauvres ».

  • Le programme «Primary Health Care» (soins de santé de base) coordonne 26 centres de santé, qui offrent un service préventif et curatif de qualité aux groupes sociaux les plus vulnérables de Gaza et de Cisjordanie. En 2005, 255.209 Palestiniens, dont 43% d’enfants et 38% de femmes ont bénéficié de ces services.
  • Via son programme «Emergency Response» (action urgente), la PMRS est très active dans l’aide d’urgence. Elle gère des centres de premiers secours. En outre, en cette période d’insécurité et de limitation de la liberté de mouvement, elle offre des services médicaux dans des villages et des zones éloignées qui n’ont pas d’accès aux centres existants. Des équipes mobiles parcourent ces régions privées des soins de santé de base. Ces cliniques mobiles sont gérées par des jeunes bénévoles formés, qui sillonnent les différents villages. Ils travaillent en complémentarité avec les acteurs déjà présents sur le terrain. 172.349 personnes ont bénéficié de ce programme en 2005.
  • L’organisation œuvre également dans le développement communautaire. La santé est une des clés du développement communautaire. Considéré comme un sujet «neutre», elle est un point d’entrée efficace pour atteindre les communautés, construire une relation de confiance et s’étendre progressivement à d’autres activités. Par exemple, le programme «Small Community Projets» a été initié en 1998. Dans le cadre de ces «petits projetslocaux » dans les villages et zones urbaines délaissées, PMRS apporte un soutien à des demandes de partenaires et d’institutions locales: formations, fourniture de matériel informatique, ateliers sur la démocratie, les droits de l’homme ou le droit à la santé, etc.
  • D’autres programmes nationaux de la PMRS mettent l’accent sur la prévention, l’éducation à la santé, la formation de professionnels, la réhabilitation des infirmes et moins-valides, le suivi des enfants et leurs mères, la participation communautaire, la sensibilisation et la pression politique.

L’action d’Oxfam-Solidarité dans les territoires palestiniens

L’ONG belge travaille depuis le début des années 80 dans les territoires palestiniens occupés. Elle y développe des projets de développement et des programmes humanitaires par le biais de partenaires locaux. Devant l’aggravation de la situation humanitaire depuis le début de la deuxième Intifada en 2000, Oxfam-Solidarité, en collaboration avec d’autres ONG belges, a intensifié sa collaboration avec des partenaires palestiniens.

Depuis 2004, la PMRS est partenaire d’Oxfam-Solidarité dans le cadre de son programme d’aide d’urgence et de réhabilitation dans les territoires palestiniens occupés. Le soutien à la PMRS se traduit par exemple par la provision de médicaments, l’organisation d’une clinique mobile dans le district d’Hébron, le soutien à des projets locaux à Ramallah, etc. Ces projets s’intègrent dans le thème « Droit à la paix, à la vie et à la sécurité » et visent, au-delà de l’action urgente, au renforcement et la responsabilisation des acteurs locaux.

Pour une solution durable a la crise palestinienne

Une solution juste, durable et globale au conflit demande des réponses structurelles.

A la veille des élections législatives 2007, Oxfam-Magasins du monde, Oxfam-Solidarité et Oxfam-Wereldwinkels condamnent les violations du droit humanitaire comme stipulé dans les Conventions de Genève. Ils demandent à la Belgique et l’Union Européenne de prendre leurs responsabilités afin de faire respecter le cadre juridique du droit international. Israël doit démanteler le Mur (conformément à l’avis de la Cour Internationale de Justice de juin 2004) et mettre fin à l’occupation et la colonisation des terres arabes. En outre, pour faire face à la crise humanitaire profonde dans les territoires palestiniens occupés, il est indispensable de mettre fin aux sanctions contre l’Autorité Palestinienne et de réaccorder l’aide et la coopération.

Pour plus d’infos

Dans le cadre de la journée du commerce solidaire le 23 mars à La Louvière, Nassif Ad-Deeq, coordinateur du Small Community Project de PMRS à Ramallah, viendra à la rencontre des bénévoles d’Oxfam-Magasins du monde et d’Oxfam-Solidarité. L’occasion d’un échange riche sur les projets de la PMRS mais également sur la situation socio-économique en Palestine et la question du Mur de séparation.

Partager!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *