Candidats du Luxembourg – législatives 2007

Le thème qui a ouvert la discussion, c’est la reconnaissance légale du commerce équitable. Côté Ecolo, Cécile Thibaut partage la position d’Oxfam : « Il y a un vide juridique. Ecolo a été le premier parti à déposer une proposition de loi pour protéger le commerce équitable. Il faudrait également aller vers une reconnaissance au niveau européen ».

Josy Arens (CDH) est d’accord de défendre et de redéposer une proposition de loi visant à la reconnaissance du commerce équitable lors de la rentrée parlementaire. « Sauf si un accord intervient maintenant pour que cela passe en priorité avant la fin de la législature ».

« Sur le principe, je trouve merveilleux d’amener les populations à avoir le retour de leur production », explique Dominique Tilmans (MR). « Dans mon parti, personne ne s’opposera à l’auto-détermination des peuples pour qu’ils soient capables de s’assumer et d’être libres ».

Faire preuve de réalisme politique, c’est ce qu’a tenu à préciser, en guise de préambule, André Perpète(PS). « Il y a ce qu’un parti peut espérer et ce qu’il est capable de réaliser. Il faut tenir compte du rapport de forces parlementaires tel qu’il sera. Quoi qu’il en soit, le PS ne pourrait pas s’investir dans un gouvernement qui ne parlerait pas de développement durable, de commerce équitable ou de modification des règles de l’OMC ».

Place au deuxième dossier : la souveraineté alimentaire. Aucune objection pour Cécile Thibaut par rapport aux demandes d’Oxfam : « Ecolo souhaite que la Belgique développe une politique visant à la sécurité et à la souveraineté alimentaire des pays en voie de développement ».

Josy Arens s’engage, lui aussi, à défendre la cause : « Je suis pour une structure mondiale avec, comme objectif, la défense des thèmes qui touchent à la survie de la planète. Trop souvent, les Etats se réfugient derrière l’Europe ».

DominiqueTilmans se dit contre la mainmise des multinationales. « Si on réglait les problèmes au niveau européen, on pourrait alors faire pression sur les Etats-Unis ».

Du côté du PS, André Perpète affirme que son parti entend renforcer les organisations internationales. « Nous souhaiterions, par exemple, promouvoir le rôle central des Nations Unies pour éviter l’unilatéralisme des USA ».

Le troisième dossier débattu concerne la responsabilité sociale des entreprises. « Ecolo soutient les propositions d’Oxfam qui vont dans le sens de la transparence informative », explique Cécile Thibaut. « Si le consommateur est plus exigeant, les entreprises devront changer leur fusil d’épaule ».

Pour Josy Arens (CDH), c’est ok ! « Comment agir ? Je travaille surtout via des interpellations parlementaires. Cela peut faire bouger les choses ! Je ne pense pas avoir vu d’interpellations au sujet de la souveraineté alimentaire, mais je vais en parler à ma collaboratrice ».

De son côté, Dominique Tilmans (MR) adhère au principe de traçabilité et d’identification du producteur principal. « Je ne vois pas pourquoi le MR serait contre. Je veux bien faire passer le message pour que mes collègues impliqués dans les commissions commerces y soient sensibles ».

André Perpète aborde, quant à lui, la question de la sous-traitance. « Il faudrait transposer les mêmes obligations aux sous-traitants pour que les maîtres d’ouvrage puissent avoir les mêmes exigences à leur égard ».

Le quatrième thème a trait au droit du peuple palestinien. Pour Cécile Thibaut, la résolution du conflit israélo-palestinien est une priorité. « C’est une clé de la stabilisation du Moyen-Orient. Nous sommes totalement d’accord avec vous quand vous parlez de suspendre l’accord d’association entre l’Europe et Israël tant que ce dernier ne respecte pas les règles ».

Josy Arens (CDH) rejoint également la position d’Oxfam : « J’ai l’impression que le gouvernement est timide par rapport à cette question. Dans ce dossier, nous sommes limités à faire pression et cela peut prendre du temps ».

Côté MR, une discussion animée débute entre les bénévoles et DominiqueTilmans qui reconnaît mal connaître la problématique.

Et pour André Perpète(PS), la solution doit venir de l’Union européenne « qui devrait s’engager davantage ! ».

Les rencontres touchent à leur fin. Un dernier thème est soumis à la discussion. Il s’agit de la régularisation des sans-papiers. « Il faudrait mettre en place un processus de régularisation progressive, sur base de critères permanents et avec une commission de régularisation indépendante du ministre », explique Cécile Thibaut (Ecolo).

Pour Josy Arens (CDH), la régularisation devrait être acquise pour les sans-papiers qui restent pendant trois ans au moins dans notre pays, sans être inquiétés. « Quant à ceux qui arrivent aujourd’hui, il faut aller beaucoup plus vite pour traiter leur dossier ».

DominiqueTilmans (MR) affiche une position plus tranchée : « Je ne suis pas favorable à un pays portes-ouvertes alors que nous connaissons la pauvreté dans nos propres populations. Nous sommes pour une régularisation au cas par cas, mais, en tout cas, pas massive ».

Le PS n’est quant à lui pas favorable à une opération de régularisation pure et simple, sans conditions. « Il faudrait prendre en compte des critères comme la durée de séjour. La politique d’immigration sera un des points sur lesquels le PS exigera des avancées, quel que soit le partenaire de gouvernement ».

Sensibilisation, débats et convivialité

Trois rendez-vous matinaux autour d’un petit déjeuner composé de produits issus du commerce équitable. Quatre candidats aux élections fédérales du 10 juin. Des bénévoles [highslide](1;1;;;)Françoise Blerot, Valère Rion, Pierre Jacquemin, Jean-Pierre Monseur, Francine Naveaux-Stembert, Etienne Quiriny, Jean-Marie Besonhé et Marie-Rose Jacquet[/highslide] prêts à titiller les représentants de ces quatre partis francophones sur des dossiers comme la souveraineté alimentaire ou la responsabilité sociale des entreprises. Ce sont là les ingrédients qui composent la recette des petits déjeuners Made in Dignity organisés à Arlon.

C’est le parti Ecolo qui a ouvert le bal des interpellations. Le samedi 10 mars, Cécile Thibaut, tête de liste à la Chambre, est venue accompagnée d’Antoine Godin, 1er suppléant, et de Brigitte Petré qui pousse la liste. « Nous participons en groupe : la solidarité est importante chez Ecolo ! », explique Cécile Thibaut. « Nous aussi ! », plaisante un des bénévoles Oxfam.

Le ton est donné : les débats seront conviviaux. Une ambiance d’autant plus conviviale que chaque rencontre débute par une séance « cadeaux ». Jérôme Chaplier, membre du département Actions chez Oxfam-Magasins du monde et animateur des petits déjeuners, n’est pas venu les mains vides : dans un sac en coton, plusieurs objets qui symbolisent les différents dossiers à débattre. « Une tasse à remplir d’un café équitable, un mètre Ikea pour mesurer la responsabilité sociale de l’entreprise ou encore un savon d’un de nos partenaires palestiniens », détaille Jérôme Chaplier.

Josy Arens, député fédéral CDH sortant et tête de liste à la Chambre est le deuxième candidat à passer sur le grill. « Il est important de rencontrer les politiques pendant la campagne, mais il faut surtout les interpeller en début de législature, au moment de déposer les propositions de loi! »

Pas de cadeaux en début de discussion pour André Perpète, tête de liste PS à la Chambre et invité le 31 mars. « Si Monsieur Perpète répond bien aux questions, il pourra avoir ses cadeaux ! », plaisante un bénévole. L’homme politique ne manque pas de répartie, clin d’œil à l’appui : « Et bien, vous allez déjà pouvoir les garder ! » A la fin de l’échange, André Perpète conclut : « J’ai déjà eu mon cadeau ! C’était cette discussion ! »

Dernière rencontre, le lundi 2 avril. Dominique Tilmans, députée fédérale sortante MR et deuxième effective au Sénat prend le relais de Philippe Collard. Ce dernier, tête de liste à la Chambre, s’est décommandé. Au menu : une discussion mouvementée et riche en débats. « Ces échanges sont importants et ne restent jamais sans effets », explique Dominique Tilmans. « Vous me sensibilisez à vos préoccupations et je vais sans doute m’y intéresser davantage à l’avenir ».

Marie-Rose Jacquet, bénévole au Magasin du monde-Oxfam à Bertrix : « Pas assez combatifs ! »

Pourquoi vouliez-vous participer à cette initiative ?

Je m’intéresse à la chose politique, comme tout citoyen se doit de s’y intéresser. Comme je suis bénévole au magasin Oxfam à Bertrix, je trouvais important d’être porteuse de messages tels que les nôtres. Il n’y a qu’en participant qu’on avance !

Que retirez-vous des ces différentes rencontres ?

Les personnes politiques rencontrées étaient d’une grande sincérité. Je déplore toutefois que les politiciens ne soient pas plus combatifs. Ils décodent bien les situations et nous disent que leur travail n’est pas facile. Ça, on le sait ! Mais j’attends d’eux qu’ils soient plus combatifs et qu’ils nous apportent des réponses !

Des déceptions ?

Non, je ne me faisais pas trop d’illusions en participant à ces rencontres. Oui, ils ont répondu à notre invitation, mais, quelque part, cela fait partie du jeu actuel électoral de se montrer, de parler, d’échanger avec les citoyens. Nous sommes dans une période où tout le monde a quelque chose à dire.

Francine Naveaux – Stembert, Bénévole au magasin du monde-Oxfam de Virton : « Notre démarche est prise au sérieux »

Que retirez-vous des ces différentes rencontres ?

Chaque parti a envoyé un représentant. Cela montre qu’ils nous prennent au sérieux et qu’ils considèrent que notre démarche est valable. La rencontre avec André Perpète était plus dynamique que les autres. Il analysait bien les situations. Avec Ecolo, il y a eu peu de dialogue car ils sont d’accord avec nos propositions. Josy Arens était parfois difficile à ramener à des questions précises. Et, concernant le MR, j’ai été déçue quand j’ai appris que Philippe Collard ne viendrait pas à la réunion. Cela semble être une fuite. Il avait pris l’engagement il y a plus d’un mois…

Les engagements pris sont-ils assez concrets à vos yeux ?

Les engagements n’étaient pas toujours très précis, mais les politiques doivent être prudents par rapport aux décisions prises par leur parti. En tout cas, ils vont être obligés d’aller plus loin que les déclarations d’intentions car nous serons là pour leur rappeler qu’ils se sont engagés…

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