Le bio équitable : la santé des producteurs et des consommateurs

Envie d’une alimentation de qualité ? C’est-à-dire respectueuse de la nature et de la santé des producteurs, saine pour les consommateurs et répondant aux exigences d’un commerce plus juste ? Le bio équitable est fait pour vous !

Commerce équitable alimentaire et agriculture biologique

Un produit sur trois : c’est la proportion des produits Oxfam-Fairtrade (marque des produits alimentaires de commerce équitable) aujourd’hui certifiés biologiques. Ce chiffre est le fruit d’une politique délibérée. Chaque fois que c’est possible, Oxfam Fairtrade encourage en effet l’adoption de cette forme d’agriculture. Une manière parmi d’autres de respecter à la fois la nature, la santé des producteurs et celle des consommateurs, et d’accroître les revenus des producteurs.

Prendre soin de la santé des producteurs, des consommateurs et de la nature

Pour lutter contre les insectes et mauvaises herbes nuisibles aux récoltes, l’agriculture biologique recourt à des procédés qui respectent l’équilibre naturel des écosystèmes: désherbage manuel, recours à des bio-pesticides et engrais naturels, … Les techniques utilisées pour transformer et conserver les aliments sont, elles aussi, naturelles. Les intrants et additifs chimiques ainsi que les OGM sont proscrits. Une bonne nouvelle pour les producteurs, qui ne risquent plus d’être exposés aux produits de synthèse dont la grande toxicité et les problèmes sanitaires associés sont bien connus. Et pour l’environnement : finies les pollutions de cours d’eau, morts d’insectes non nuisibles aux cultures ou d’animaux et autres dégâts dus à l’utilisation des pesticides de synthèse… Quant aux consommateurs, ils sont sûrs que leurs aliments ne contiennent pas de résidus de ces produits toxiques !

Accroître les revenus des producteurs

Pour les producteurs, obtenir la certification bio n’est pas chose aisée. En particulier, cela nécessite du temps (en général trois ans) et d’importants investissements financiers, que seules des coopératives peuvent assumer. Mais pour les producteurs qui y parviennent, le jeu en vaut largement la chandelle en termes de revenus. D’une part, les produits bio se vendent à des prix en général bien plus élevés que les produits conventionnels. D’autre part, les producteurs réalisent des économies importantes en évitant l’achat d’intrants chimiques.

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L’agriculture biologique représente une bonne façon de respecter la nature, la santé des producteurs et celle des consommateurs, mais pas la seule, ni même la plus réaliste compte tenu du coût élevé de la certification bio. C’est pourquoi Oxfam Fairtrade encourage également l’agriculture en « lutte intégrée », par exemple. Dans ce mode de culture, l’adoption de méthodes naturelles, adaptées aux écosystèmes locaux, est privilégiée pour protéger les récoltes des dégâts causés par divers organismes. Parallèlement, le recours aux pesticides chimiques est réduit au minimum : uniquement en dernier recours et dans des proportions limitées. Ajoutons à cela qu’en matière de respect de l’environnement, les critères d’Oxfam-Fairtrade requièrent au minimum que « l’organisation de producteurs applique la législation nationale et internationale en ce qui concerne l’emploi et l’usage des pesticides, la protection des cours d’eau naturels, la forêts vierge et les autres écosystèmes à haute valeur écologique, la lutte contre l’érosion et la gestion des déchets ».

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Le bio à la sauce équitable

Le commerce équitable est particulièrement attentif au développement de petits producteurs marginalisés dans le commerce conventionnel. Le bio équitable n’échappe pas à cette exigence, contrairement au bio conventionnel qui est souvent le fait d’exploitations agricoles de grande taille, fortement capitalisées et mécanisées, et disposant de liens étroits avec l’industrie de la transformation et la grande distribution. Le commerce équitable Oxfam Fairtrade vise en effet à « offrir des possibilités de développement à des producteurs marginalisés, indépendamment de leur situation géographique ». Par « producteurs marginalisés », « petits producteurs », ou encore « petits paysans», Oxfam Fairtrade entend des producteurs faisant partie d’organisations ou de coopératives capables de soutenir le développement social et économique de leurs membres et de leurs communautés. Il s’agit de producteurs qui ne dépendent pas structurellement d’un travail salarié, mais qui gèrent l’exploitation agricole ou leur atelier principalement eux-mêmes avec l’aide des membres de leur famille (sauf pendant les périodes de pointe, semailles ou moissons).

Les producteurs marginalisés éprouvent de nombreuses difficultés à accéder aux marchés internationaux : manque d’accès à l’information, infrastructures inappropriées, absence d’influence sur les prix du marché, etc. C’est pourquoi le commerce équitable les aide à mieux comprendre les marchés internationaux, en leur procurant par exemple des contacts utiles pour faire connaître leur travail et leurs produits. Il s’efforce également de renforcer leurs capacités pour leur permettre de mieux affronter les difficultés propres du marché conventionnel [highslide](1;1;;;)Les partenaires de commerce équitable, bien évidemment, ne dépendent pas exclusivement d’importateurs de commerce équitable. De manière générale, il est essentiel qu’ils puissent compter sur un nombre suffisant d’acheteurs afin de sécuriser leur situation. Notons également que le renforcement des capacités n’est pas seulement le gage d’une meilleure intégration aux marchés internationaux. Il peut aussi indirectement améliorer les débouchés sur le marché local.[/highslide] .

L’exemple des mangues séchées bio du cercle des sécheurs

Les mangues séchées bio du Cercle des Sécheurs (CDS) illustrent bien ce qui précède. Retour sur une belle histoire du commerce équitable.

Un peu d’histoire

Nous sommes à la fin des années 80. A la tête du Centre Ecologique Albert Schweitzer (CEAS), une petit ONG suisse au Burkina entre autres spécialisée dans l’utilisation de l’énergie solaire, un jeune suisse est interpellé par le groupe Basnéré, un groupement de femmes d’Ouahigouya (nord du Burkina). Dans le monde du commerce équitable, le groupe Basnéré est bien connu pour sa production de savons. Mais ici, il s’agit de tout autre chose : « Comment tirer profit de nos surplus de mangues ? », demandent-ces femmes. Réponse : « en les séchant ! ».

Très vite, un séchoir solaire est installé. Dès l’année suivante, 100 kg de mangues séchées sont envoyés en Suisse. C’est CLARO, organisation de commerce équitable, qui se charge de les y importer. L’initiative prend rapidement de l’ampleur. D’autres groupes de femmes et bientôt de petites entreprises la rejoignent, pour exporter des volumes croissants. En 1995 naît officiellement le Cercle des Sécheurs (CDS) en tant que Croupement d’Intérêt Economique (GIE). Aujourd’hui, ce sont au total près de 400 personnes qui travaillent dans le séchage, dont une grande majorité de femmes (presque 90 %). Les producteurs de mangues fraîches chez qui s’approvisionnent les entreprises de séchage sont une quarantaine.

Outre l’exportation de mangues séchées, qui constitue de loin la principale activité du CDS, celui-ci commercialise également des tomates séchées, du sésame, de la pulpe et du sirop de mangue, ainsi que de la confiture.


Une production de mangues fraîches respectueuse de l’environnement et de la santé

La majorité des producteurs de mangues fraîches séchées par le CDS est certifiée bio (label ECOCERT). C’est le CDS qui assume le coût de cette certification. Quant aux quelques mangues fraîches non certifiées, elles n’utilisent pas non plus d’intrants chimiques.

Par ailleurs, la production de mangues contribue à lutter contre la désertification. Car le manguier est un arbre. Or les arbres, de manière générale, font obstacle à l’assèchement des sols en les protégeant des rayonnements solaires, et à leur érosion par le vent et l’eau. Ils jouent aussi un rôle essentiel dans les précipitations. Parce qu’il donne de la valeur à des mangues fraîches en les séchant et les commercialisant, le CDS incite les populations locales à protéger le manguier et ainsi le couvert forestier. Tout bénéfice pour l’environnement et ces populations.


Un séchage naturel des mangues, allié à une gestion durable des déchets

Les mangues sont pratiquement toutes séchées sans le moindre additif chimique. Quand aux déchets de séchage (peau et noix de mangues), ils sont conservés dans des fosses isolées afin de ne pas indisposer le voisinage, et sont vendus aux éleveurs qui les utilisent pour nourrir leurs bêtes. Ils sont parfois aussi utilisés comme engrais.

Un contrôle qualité rigoureux

Au CDS, on sait ce que l’expression « contrôle qualité » veut dire. D’abord, un contrôle physique est assuré dans les locaux du CDS par une équipe de contractuels dirigée par un « manager qualité », spécialement formé en ce sens. Cette équipe a pour responsabilité de trier et classer les produits selon des règles bien définies. Les produits sont classés en lots, par semaine de production. Chaque lot est trié, sachet par sachet. Les mauvais sachets sont immédiatement déclassés. Ensuite, un laboratoire spécialisé et agréé, mise en place par le CEAS, effectue un contrôle minutieux sur des échantillons. Le cas échéant, les lots qui ne remplissent pas les normes de qualité du CDS sont là encore immédiatement déclassés.

Alors, prêt(e) à déguster de délicieuses mangues séchées bio équitables ? Rendez-vous dans les Magasins du monde-Oxfam !

Références

  • Informations récoltées par Oxfam-Magasins du monde lors d’une visite du CDS au Burkina en octobre 2005
  • Leuzinger M. (2005). Travel report CDS. Claro fair trade AG, 3 p.
  • Leuzinger M. (2007). Travel report CDS. Claro fair trade AG, 4 p.
  • Oxfam-Fairtrade. (2007). Rapport annuel 2006. Les paysans du Sud méritent mieux. Oxfam-Fairtrade, 16 p.
  • Oxfam-Wereldwinkels. (2002). Collaboration avec nos partenaires. Une approche renouvelée. Oxfam-Wereldwinkels, 24 p.

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