À propos des papads

Dans la capitale Mumba, nous rendons visite à Asha, une organisation qui exporte principalement de l’artisanat via les réseaux de commerce équitable. Mais Asha a également une vision d’avenir pour le projet Papads. Le directeur Adidas Jacob témoigne: « C’est très positif et agréable de travailler en collaboration avec Sneh Samruddhi Mandal. Et de faire cela en accord avec les principes du commerce équitable. »

Une bonne réputation

Le directeur de production Immanuel Bundellu nous accompagne pendant notre voyage de dix heures en direction du Sud vers Devrukh. Nous rendons visite à SSM, que la Commission Partenariat d’Oxfam-Wereldwinkels a admis comme partenaire en novembre 2007. Asha a fait la connaissance de SSM lors d’un atelier. L’organisatino vendait déjà alors les papads sur le marché local, mais sans grand succès.
« Avec votre première commande, Oxfam-Wereldwinkels devient directement le plus gros client à l’exportation de SSM », assure Immanuel. Il est clair que notre collaboration constitue un appui important pour le développement du projet.

Un soutien au développement local intégral : c’est vraiment cela la raison d’être de Sneh (amitié) Samruddhi (croissance) Mandal (société). L’ONG est active dans beaucoup de domaines, entre autres : les droits des femmes, l’assistance juridique et psycho-sociale, la santé et l’agriculture.

Pour engendrer des revenus, SSM démarra divers projets économiques. Des groupes de femmes produisent des papads. D’autres fabriquent du chutney, des pickles indiens et des fruits secs. 400 groupes autonomes sont affiliés à SSM, qui totalise 6000 femmes et familles. L’organisation s’est fait depuis 15 ans une bonne réputation auprès des pouvoirs publics et de ses membres.

La directrice Shreda Deshpande parle avec tout son cœur quand elle explique leur réalisation la plus importante : le changement de mentalité. Celui-ci a conduit les femmes à se lever pour elles-mêmes, à oser rêver, à ce qu’elles soient actives pour réaliser leurs projets. Le projet Papad a démarré avec 3 groupes autonomes (au total 40 femmes). Les papads offrent un travail stable et un certain revenu. Dans la pratique on constate beaucoup d’absentéisme : souvent les femmes n’arrivent pas à la date prévue pour rouler les papads. « Un problème culturel » selon Shreda mais compréhensible également du fait que les femmes ont encore souvent de nombreuses autres occupations dans les champs et dans leur famille.

Chances de succès

Dans le Dharmapur voisin l’association locale nous accueille avec des roulements de tambour et des chants. Les femmes du groupement autonome sont également présentes. Elles font de la farine pour les papads de lentille, elles achètent celle-ci sur le marché local. La première pâte est faite à 5h du matin, les condiments sont ensuite ajoutés selon le type de papad (nature, piquant, ail et poivre). La machine à pâte peut pétrir jusqu’à 10 kg par lot de pâte, en 30 minutes. Les femmes arrivent sur le lieu de travail à partir de 7h. Quinze à vingt femmes (du groupe de quarante) y roulent ensemble jusqu’à 50 kg de pâte par jour. Elles reçoivent 20 roupies (35 eurocents) par kg de pâte roulée. Elles roulent en moyenne 1,5 à 3 kg de pâte par journée, elles travaillent sept heures et demie par jour. En comparaison : le salaire quotidien local d’un agriculteur est de 80 roupies pour un homme et de 50 roupies pour une femme. SSM va augmenter le prix au kilo et prêter assistance aux femmes pour améliorer l’efficacité du roulage.

L’accroissement de la productivité est un grand défi pour le projet. On évoque même la possibilité d’acheter une machine pour le roulage des papads. SSM craint en effet qu’avec les méthodes actuelles, elles ne pourront pas satisfaire la demande croissante du marché régional et étranger. On espère, de cette manière, accroître la rentabilité et une quinzaine de femmes pourraient remplir structurellement d’autres tâches. SSM ne compte actuellement aucun frais de personnel. Elle va transférer à terme la direction du projet au groupe de femmes. Les décisions opérationnelles et stratégiques font actuellement encore l’objet d’échanges de vues entre la direction et les femmes.

C’est au cours de ces réunions que l’avenir du projet prend forme. Oxfam-Wereldwinkels et Oxfam Fairtrade veulent dès maintenant apporter leur concours pour donner à ce projet toutes les chances de croissance.

Traduction d’un article du W2 d’octobre 2008 par Pierre Sohier

Photos : Wim Melis

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Un commentaire sur “À propos des papads

  1. J’ai découvert et apprécié ces papads, que j’achetais régulièrement.
    Ils ont depuis disparu du magasin Oxfam que je fréquente.

    Y a-t-il une chance de les voir revenir dans l’assortiment?

    Merci

    m-A Dethier

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