Emeutes au Bangladesh : les travailleurs exigent une augmentation salariale

Le Bangladesh est en proie à une agitation sociale importante. Le mouvement de contestation des travailleurs de l’habillement s’étend. Fin juin, toutes les usines de confection étaient fermées. Certaines usines de la région de Gazipur ont été vandalisées à l’occasion d’émeutes de travailleurs désespérés. Malgré la répression qui a déjà fait plus de 200 blessés, ce mouvement est large et déterminé.

Les travailleurs de l’habillement exigent d’être payés 5.000 takas (72€) par mois pour une durée normale de travail au lieu des 1662 takas (22€) actuellement. Sans une augmentation salariale immédiate, ils ne reprendront pas le travail.

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Une revendication … minimale

Les mauvaises conditions de travail, l’insécurité et les salaires extrêmement bas provoquent régulièrement des mouvements de protestation important des travailleur de l’industrie de la confection au Bangladesh. Ce secteur est, après l’agriculture, le principal employeur du Bangladesh. Il occupe plus de 2 millions de travailleurs, principalement des femmes, et réalise un chiffre d’affaires à l’exportation de 12 milliards de dollars.

Avec d’autres organisations de travailleurs, le National Garment Workers Federation (NGWF) presse le gouvernement à annoncer une augmentation du salaire minimum pour le 27 juillet. « Seule une telle mesure pourra calmer les travailleurs en colères » a expliqué Monsieur Amirul Hoque Amin, président du NGWF. Pour les travailleurs, un revenu de 5000 takas restera un très faible revenu tenu compte des augmentations de prix des denrées de base ces quatre dernières années. Le revenu minimum vital au Bangladesh est estimé à 10.000 takas (144€).

Le gouvernement du Bangladesh a fixé le salaire minimum dans l’habillement à 1662 takas (26€) en 2006. Ce minimum n’a pas été revu depuis malgré une forte inflation durant toute cette période. Les travailleurs du Bangladesh sont parmi les plus pauvres. À titre de comparaison, les travailleurs de l’habillement gagnent minimum 75€ au Vietnam et 112,5€ en Inde.

Et les syndicats de prévenir : « La force ne résoudra rien. Seule une augmentation salariale permettra d’arrêter le mouvement de protestation et les violences » explique Shafiya Pervin, secrétaire générale du NGWF. Et Amin d’ajouter que les obstacles à l’organisation des travailleurs en syndicats doivent être supprimés. L’action des syndicats pourrait jouer un rôle structurant et constructif dans la gestion des revendications des travailleurs.

La réaction des employeurs

La première réponse apportée jusqu’à présent par les propriétaires des usines a été de revenir sur le pacte salarial et de bloquer le paiement des primes liées aux fêtes et jours fériés aux Bangladesh. La Campagne Vêtements Propres internationale est par ailleurs inquiète des représailles envers les organisations de défense des droits des travailleurs au Bangladesh. Certains collaborateurs ont été arrêtés sans explication. La campagne suit avec attention l’évolution de la situation.

Le représentant de l’association des producteurs et des exportateurs d’habillement du Bangladesh (BGMEA), Monsieur Abdus Salam Murshedy, s’est engagé, et a engagé ses membres, à respecter la décision du gouvernement sur le salaire minimum légal. Il explique néanmoins que si le prix du coton a augmenté ces dernières années, les prix payés par les clients de l’industrie ont eux baissé.

La réaction des autorités

L’Union Européenne et ses Etats-membres sont les principaux clients de l’industrie de l’habillement au Bangladesh. Ils ont exprimé leurs craintes face aux violences de ces dernières semaines, notamment sur leur impact sur l’approvisionnement.

Une délégation menée par l’ambassadeur de l’Union Européenne, Monsieur Stefan Frowein, a rencontré à ce sujet le Ministre du travail du Bangladesh pour lui demander de restaurer le plus vite possible le calme dans le secteur.

Selon le journal indien « India Server », le Premier Ministre du Bangladesh Sheikh Hasina aurait reconnu que les salaires dans l’industrie de l’habillement au Bangladesh sont trop faibles pour couvrir les besoins fondamentaux des travailleurs et aurait promis une révision du salaire minimum. Elle aurait demandé à ses ministres et aux représentants de l’industrie d’accélérer le processus de révision. Dans le même temps il a appelé les travailleurs au calme.

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