Chine, Bangladesh, Cambodge,… Les travailleurs de l’habillement exigent un salaire décent.

Ce lundi 13 septembre 2010, au Cambodge, grève générale sous haute tension du secteur de l’habillement. Syndicats et gouvernement se livrent un bras de fer. Les organisations de défense des travailleurs protestent contre le niveau trop bas du salaire minimum dans l’industrie du textile.

Le Cambodge n’est pas un cas isolé. Cet été, des grèves et de violentes manifestations ont eu lieu au Bangladesh. Partout en Asie, la situation est devenue intenable dans le secteur de l’habillement.

Depuis plusieurs mois, l’industrie de l’habillement en Asie est en proie à des grands mouvements de protestation des travailleurs et de violentes répressions. Salaires de misères, précarité des contrats, conditions de travail inhumaines, la situation est devenue intenable. Les organisations de travailleurs exigent maintenant des salaires décents.

Au Cambodge, le salaire minimum légal a récemment été augmenté. Il est passé de 39 à 48 dollars. On est loin des 73 dollars nécessaires pour garantir la subsistance. Au Bangladesh, suite aux importantes manifestations, le gouvernement a augmenté le salaire minimum de 1.662 à 3.000 takas (de 18 à 55 euros) par mois. Pour vivre dignement, 5000 takas sont nécessaires pour un travailleur seul. Pour une famille, le salaire vital réaliste est de 10000 takas. En Chine, le salaire minimum légal a été augmenté dans 27 provinces. Malgré cette avancée, il ne s’élève toujours qu’à 60% du minimum vital.

En Asie, l’habillement est le secteur industriel où les revenus sont maintenus les plus bas. Au Bangladesh, par exemple, le salaire minimum légal en vigueur dans les autres secteurs industriels est supérieur ou égal à 4200 takas. Dans la confection, il s’élève seulement à 3000 Takas.

Pourquoi une telle différence?

  • 80% des travailleurs de l’habillement sont des femmes. Elles puisent là l’unique source de revenu pour faire vivre leur famille. Elles se retrouvent donc contraintes d’effectuer d’innombrables heures supplémentaires. Des conditions de travail inhumaines.
  • De plus, pour certains pays, le prix de la main d’œuvre est leur unique avantage comparatif lorsqu’il s’agit d’exportation et de concurrence. Notre mode de consommation – toujours plus, toujours moins cher – est clairement visé.

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