Cancún : priorité à un fonds climat (PHOTOS)

Aujourd’hui débute le 16ème Sommet des Nations Unies sur le climat à Cancún. Dimanche encore, 4.000 personnes manifestaient dans les rues de Bruxelles pour faire pression sur les décideurs politiques. Oxfam plaidera pour la mise en place d’un fonds climat équitable pour soutenir les paysans du Sud.

Un jour avant le sommet de Cancún, Oxfam co-organisait l’action « Chantez pour le climat ». Dans le cadre de la campagne internationale « Semez pour changer », plus de 60 activistes d’Oxfam ont demandé des mesures urgentes pour les paysans des pays en développement. Avec des milliers d’autres personnes, ils ont chanté la chanson « Hey you », un cover des Beatles pour exiger des décideurs politiques belges et européens qu’ils fassent avancer un maximum les négociations à Cancún.

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Oxfam est présente à Cancún et sera très active dans les deux semaines à suivre, au sein du centre de conférences comme en dehors. Ses activistes se sont déjà fait remarquer en faisant échouer sur la plage une bouteille géante comportant le message de millions de personnes dans le monde à l’attention des responsables politiques : « Sauvez des vies à Cancun »

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Un fonds climat, de toute urgence !

« Si Oxfam souligne l’urgence de débloquer des fonds, c’est parce que le changement climatique affecte déjà les populations pauvres de pays vulnérables », explique Brigitte Gloire, responsable du plaidoyer ’climat & développement durable’ pour Oxfam. En effet :

  • En 2008, il y avait déjà 36 millions de ’déplacés climatiques’ – des personnes qui ont du prendre la fuite suite aux catastrophes naturelles toujours plus nombreuses ;
  • D’ici 2015, 375 millions de personnes pourraient être affectées par des catastrophes naturelles imputables en partie au changement climatique ;
  • Dès 2030, dans les régions où la sécurité alimentaire est déjà menacée, le changement climatique fera encore fort baisser le rendement de cultures telles que le blé, le riz et le maïs.

Priorité aux mesures d’adaptation pour les petits agriculteurs

« Actuellement , moins de 10% des fonds dépensés pour contrer le changement climatique dans des pays en développement sont consacrés à leurs projets d’adaptation », souligne Brigitte Gloire. « Le reste est investi dans des grands projets industriels ou de type REDD (réduction des émissions dues à la déforestation et dégradation des forêts) destinés à limiter les émissions de GES. Résultat : les communautés pauvres qui subissent déjà les bouleversements climatiques n’ont aucun moyen financier pour s’adapter. Or, 75% d’entre elles vivent en zone rurale et ce qu’elles cultivent sur leur lopin de terre est souvent leur principal moyen de subsistance. Leur donner les moyens de protéger leurs récoltes est vital pour combattre la pauvreté. »

Le manque de moyens financiers n’empêche toutefois pas les paysans de prendre déjà des initiatives. Voici deux exemples de projets soutenus par Oxfam :

  • À Cuba, pour contrer les ouragans amenés à devenir toujours plus violents dans le futur, les agriculteurs ont développé un système d’irrigation adapté et des serres facilement transportables.
  • En Tanzanie, en Ouganda, en Ethiopie et au Pérou, des cultivateurs de café utilisent des systèmes traditionnels de ’culture ombragée’. A l’ombre d’arbres, les caféiers souffrent moins du réchauffement climatique. De plus, les arbres empêchent l’érosion des sols en cas de fortes pluies.

Oxfam insiste sur la nécessité d’impliquer les paysans pauvres dans la constitution et la gestion du fonds, car dans les pays en développement, ils assurent une grande partie (jusqu’à 80% dans certains pays) de la production alimentaire.

D’où viendrait l’argent pour ce fonds ?

« Ce fonds climat serait alimenté par des fonds des pays industrialisés, historiquement responsables des émissions de GES », poursuit Brigitte Gloire. « Rappelons qu’à Copenhague, il a été établi que 100 milliards de dollars par an seront nécessaires d’ici 2020 pour faire face au changement climatique. Une somme qui se doit d’être additionnelle à l’aide au développement. »

« Pour les pays en développement, un fonds climat dans le cadre de l’ONU est une condition sine qua non à la conclusion d’un accord équitable, » conclut Brigitte Gloire. « Afin de débloquer les négociations, il faut donc prioritairement trouver un terrain d’entente à ce sujet. »

Plus d’infos et pistes d’action :

  • Sur la page spéciale d’Oxfam pour Cancún
  • Via le site Sow the Seed : des actions pour un fonds climat
  • Brigitte Gloire, responsable du plaidoyer « Climat & développement durable » pour Oxfam, sera présente à Cancún du 3 au 12 décembre : bgl(at)oxfamsol.be – 0494 58 86 06

Source : Oxfam-Solidarité  – www.oxfamsol.be

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