Situation en Côte d’Ivoire et impact sur nos partenaires

Depuis les élections présidentielles du 28 novembre 2010, la Côte d’Ivoire est déchirée par une lutte de pouvoir entre les deux candidats à la présidence, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. Selon les observations, Ouattara a gagné les élections et la communauté internationale a demandé à Gbagbo de démissionner. Gbagbo a refusé, ce qui a eu pour effet de plonger le pays dans une crise politique qui a déjà coûté la vie à de nombreuses personnes. Nos partenaires, quant à eux, subissent des conséquences dramatiques sur leurs activités. Effectivement, depuis fin novembre, nous sommes restés en contact permanent avec nos partenaires Kavokiva et Uirevi, deux coopératives de producteurs de cacao. Heureusement nous ne déplorons aucune perte de vie humaine parmi eux. Par contre, les implications économiques sont d’autant plus importantes que cette crise politique tombe en plein milieu de la récolte de cacao qui s’étale de septembre à février.

Kavokiva

Chez Kavokiva, les conséquences de la crise politique sont clairement perceptibles. Le transport du cacao vers les ports d’Abidjan et de San Pedro est rendu extrêmement difficile. Avant la crise, les coopératives étaient payées au moment où les fèves de cacao étaient livrées dans les magasins centraux situés à Gonaté ou Zoukougbeu, à partir desquels les transporteurs de fèves les acheminaient jusqu’aux ports. Aujourd’hui, les transporteurs ont décidé que les coopératives devaient se charger elles-mêmes du transport jusqu’aux ports et qu’elles ne seraient payées qu’à la livraison des fèves au port. A cause de cela, le payement aux producteurs est retardé et ils ne sont plus en mesure de subvenir à leurs besoins vitaux. En outre, des grèves de transporteurs éclatent régulièrement parce que les routes deviennent trop dangereuses. Fin décembre, alors qu’on était à la moitié de la période de récolte, les coopératives n’avaient pu vendre qu’un tiers de leurs fèves de cacao. Des intermédiaires commerciaux se servent de cette situation pour aller acheter le cacao aux producteurs en cassant les prix. Les 5.817 producteurs perdent ainsi 30% sur chaque kilo de fèves de cacao vendu. Kavokiva a calculé que, après seulement 2 mois, ils auront perdu au total 1.115.721 euros. De plus, les coopératives ne reçoivent pas de primes pour les fèves qui sont vendues via les distributeurs.

Uirevi

Ensemble avec l’équipe d’Uirevi, les besoins les plus urgents ont été répertoriés. Actuellement, le problème majeur est l’impossibilité de transporter les matières premières produites par Uirevi vers les ports, les transporteurs refusant d’assurer ce service. Et tant que les matières premières n’atteignent pas la capitale, elles ne peuvent pas être exportées. Tout comme chez Kavokiva, Uirevi s’attend à une perte de 30% pour les producteurs.
A côté des problèmes logistiques, la situation sociale s’aggrave également. A cause de divergences de vues entre membres, un certain nombre d’entre eux a fui la région concernée. Ils ont abandonné leurs champs pour aller se réfugier auprès d’amis ou de famille dans la capitale en attendant un retour au calme.

L’objectif de cette communication est d’informer notre public de l’impact de la situation politique en Côte d’Ivoire sur l’activité de nos partenaires locaux, avec qui nous restons en contact étroit et régulier. Nous tentons d’identifier avec eux les meilleurs moyens de les soutenir.

Photos : Oxfam-Wereldwinkels

Partager!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *