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Le commerce équitable : une activité d’Oxfam

La campagne « Cultivons » est la plus grande campagne jamais menée par Oxfam sur le plan international. Les quinze organisations affiliées [[highslide](1;1;;;)

Oxfam-en-Belgique, qui regroupe Oxfam-Solidarité, Oxfam-Magasins du monde et Oxfam-Wereldwinkels, est l’affilié belge d’Oxfam International.  

[/highslide]] qui forment la confédération qu’est Oxfam International se sont en effet engagées ensemble dans cette campagne visant à avancer vers un système alimentaire mondial durable et équitable. Même au niveau belge, Cultivons constitue une grande nouveauté, en réunissant Oxfam-Solidarité, Oxfam-Magasins du monde et Oxfam-Wereldwinkels dans une campagne sous la seule bannière Oxfam.

En plus d’une action de plaidoyer vers les responsables politiques ayant accès à des leviers permettant des changements structurels, la campagne cherche à créer des changements au niveau des comportements individuels, en promouvant l’agriculture durable auprès des consommateurs. En tant qu’initiative commerciale permettant de soutenir concrètement les paysans du Sud, le commerce équitable a évidemment sa place dans une campagne internationale pour une agriculture durable. En Belgique, Oxfam est d’ailleurs un acteur largement reconnu pour son action dans le commerce équitable avec des organisations de producteurs de pays du Sud. Est-ce le cas dans les autres pays où les affiliés d’Oxfam International sont actifs ? C’est ce que nous allons voir avec cette analyse.

Oxfam comme acteur du commerce équitable

Un acteur-clé en Belgique

Dans l’esprit de beaucoup de gens en Belgique, Oxfam et le commerce équitable sont étroitement associés l’un à l’autre. En effet, comme le montrent clairement les enquêtes d’opinion, Oxfam est la première marque ou organisation qui vient à l’esprit des Belges quand on leur parle de commerce équitable. Les Belges ont d’ailleurs une grande confiance dans le commerce équitable pratiqué par Oxfam [[highslide](2;2;;;)

DEDICATED RESEARCH, Comportements, attitudes et opinions des personnes vivant en Belgique par rapport aux commerces équitable, durable et aux produits issus de l’agriculture biologique, baromètre quantitatif, novembre 2010. 

[/highslide]]. Cette notoriété est le résultat de plusieurs décennies de travail dans le domaine du commerce équitable, avec un mouvement regroupant des milliers de bénévoles jeunes et adultes et la présence de 300 « Magasins du monde-Oxfam » dans pratiquement tous les coins de Wallonie, de Bruxelles et de Flandre. En Belgique, Oxfam a largement contribué au développement du commerce équitable, en participant à la vague qui a vu s’ouvrir des « Magasins du monde » militants dans différents pays d’Europe occidentale.

Par ailleurs, Oxfam-Magasins du monde est très présent dans les réseaux internationaux de commerce équitable, notamment via sa participation à la vie d’organisations comme EFTA (Association Européenne du Commerce Equitable, qui regroupe dix organisations importatrices) ou WFTO (Organisation Mondiale du Commerce Equitable, qui compte plus de 450 organisations membres au Nord et au Sud). Les relations de partenariat entretenues avec des dizaines d’organisations de producteurs actives dans l’artisanat et l’agriculture en Asie, en Afrique et en Amérique latine sont elles aussi un facteur de notoriété et de reconnaissance dans le secteur du commerce équitable.

Il ne fait donc aucun doute qu’Oxfam-en-Belgique est un acteur important du commerce équitable, tant sur le plan national auprès de la majorité des Belges que dans le paysage international du commerce équitable. Le commerce équitable fait partie des domaines dans lesquels Oxfam a une vraie expertise. C’est donc tout naturellement que, dans le cadre de Cultivons, Oxfam-en-Belgique accorde une large place au commerce équitable, en tant qu’alternative de consommation permettant de soutenir un modèle durable d’agriculture [[highslide](3;3;;;)

Voir le rapport de campagne d’Oxfam-en-Belgique Crises alimentaire & climatique. Investir dans l’agriculture paysanne et durable, consultable sur www.cultivons.be

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Ailleurs : une grande diversité

Les choses sont sensiblement différentes sur le plan international. Oxfam International est une confédération regroupant quinze organisations affiliées menant chacune leurs propres activités et toutes n’ont pas la même implication dans le commerce équitable. Quelques exemples suffisent pour illustrer cette hétérogénéité :

  • Oxfam Grande-Bretagne (Oxfam GB) fait partie des pionniers européens du commerce équitable. L’idée de vendre des produits artisanaux du Sud dans les magasins britanniques d’Oxfam apparaît dès la fin des années 1950. En 1964, l’entité « Oxfam Trading » est créée spécifiquement pour mener des activités de commerce équitable. En 1992, Oxfam GB est l’une des organisations fondatrices de la Fairtrade Foundation, organisation de labellisation des produits de commerce équitable sur le marché britannique, qui remplit la même fonction que Max Havelaar en Belgique. Mais, après avoir été à l’impulsion du développement du commerce équitable en Europe, Oxfam GB décide au début des années 2000 de mettre fin à ses activités d’importation, jugées trop coûteuses. Les quelques produits de commerce équitable vendus aujourd’hui dans les magasins Oxfam de Grande-Bretagne sont fournis pas des organisations britanniques spécialisées dans le commerce équitable (comme Traidcraft), dans une perspective de récolte de fonds pour les programmes d’Oxfam GB. Oxfam GB a donc fait le choix de laisser le terrain britannique de l’importation de produits issus du commerce équitable à d’autres acteurs.
  • En Espagne, Intermón Oxfam a une place comparable à celle qu’a Oxfam dans le secteur du commerce équitable en Belgique, avec toutefois une moins grande notoriété. L’affilié espagnol a aussi son propre réseau de Magasins du monde tenus par des équipes bénévoles. Des produits alimentaires et d’artisanat importés auprès d’organisations partenaires du Sud y sont vendus. Signalons qu’Intermón Oxfam mène à la fois des activités de commerce équitable, des activités de soutien à des projets de développement dans le Sud, des opérations humanitaires dans des situations d’urgence et des campagnes d’interpellation et de sensibilisation au Nord. En Belgique, ces activités sont réparties entre les trois Oxfam belges.
  • Oxfam Australie est dans un schéma proche d’Intermón Oxfam, avec des activités d’importation et de distribution de produits issus du commerce équitable qui côtoient les autres activités de l’organisation. Avec toutefois une nuance, puisque les activités de commerce équitable sont réalisées par une entité juridiquement séparée de l’ONG.
  • Oxfam France ne fait pas de commerce équitable. L’organisation ne mène d’ailleurs pas d’activités directement dans le Sud et se concentre sur un travail de mobilisation et de plaidoyer sur les thématiques globales d’Oxfam au Nord. Les quelques magasins Oxfam français sont une nouveauté et on n’y vend pas de produits issus du commerce équitable, mais des articles de seconde main, dans une perspective de récolte de fonds. Il existe bien un réseau militant de Magasins du monde en France, mais c’est celui d’Artisans du Monde, organisation pionnière du commerce équitable en France.
  • Notre voisin néerlandais Oxfam Novib ne fait pas non plus de commerce équitable. Oxfam Novib promeut toutefois le commerce équitable en tant qu’initiative durable. Les principales cibles d’Oxfam Novib dans ce travail sont les consommateurs et les entreprises.
  • Aux Etats-Unis, Oxfam America ne participe pas au commerce équitable. D’ailleurs, l’organisation ne dispose pas de magasins et ne mène en fait aucune activité commerciale. On pourrait en dire autant d’autres affiliés, comme Oxfam Allemagne, Oxfam Canada ou encore Oxfam Japon.

Une cohérence avec l’approche d’Oxfam International

Avec les quelques exemples cités ci-dessus, on devine facilement que l’association – presque automatique en Belgique – entre Oxfam et le commerce équitable est loin d’être une réalité partout. Ce lien fort entre Oxfam et le commerce équitable est même plutôt une spécificité belge.

Mais cela n’empêche pas la pratique du commerce équitable d’être cohérente avec les objectifs de changement poursuivis par Oxfam International [[highslide](4;4;;;)

Les affiliés d’Oxfam International ont défini les cinq droits fondamentaux que leur action doit contribuer à réaliser : le droit d’être entendu ; le droit à l’identité et à la diversité ; le droit aux services sociaux de base ; le droit à des moyens de subsistance durables ; et le droit à la vie et à la sécurité.

[/highslide]] . En vue de souligner et de renforcer cette cohérence, un groupe de travail consacré au commerce équitable réunissant plusieurs affiliés d’Oxfam International a défini parmi ses objectifs une plus grande intégration du commerce équitable dans les stratégies d’Oxfam International.

La démonstration de l’intérêt du commerce équitable pour Oxfam International est assez évidente à réaliser. Ainsi, en favorisant l’organisation de groupes de producteurs marginalisés dans les pays du Sud et en leur donnant l’occasion de prendre part à des échanges commerciaux basés sur des principes de justice et de durabilité, les acteurs du commerce équitable participent à un projet contribuant à améliorer les conditions de vie de centaines de milliers de producteurs et de leurs familles. En tant qu’outil de développement local bénéficiant à des organisations et à leurs membres, le commerce équitable peut prendre une place importante dans une structure visant à éradiquer la pauvreté et à combattre l’injustice.

François Graas
Service politique

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