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Ronny et Sarah, globe-trotters de l’équitable

Ronny Hermosa n’est pas un inconnu chez Oxfam-Magasins du Monde. En 2007, il avait collaboré à l’organisation de l’Assemblée de l’IFAT (qui est depuis devenue la WFTO), la fédération internationale du commerce équitable. Quand il est venu avec sa compagne, Sarah, nous présenter son projet de tour du monde pour réaliser des reportages vidéo et photo sur nos partenaires, nous avons trouvé l’idée géniale et senti tout son potentiel. Après quatre mois de voyage en Asie, petit coup de projecteur sur le parcours de nos globe-trotters de l’équitable.

Vous pouvez suivre leur périple sur  leur blogleur page Facebook ou leur chaîne YouTube. Vous pouvez également découvrir leurs réalisations sur nos partenaires sur notre page spéciale.

Oxfam : Comment vous est venue l’idée de ce projet ?

Ronny : En 2007, j’ai rencontré plusieurs producteurs à l’occasion de l’organisation de la Conférence de l’IFAT. J’ai eu l’occasion de rencontrer plein de producteurs. Cela a aiguisé ma curiosité pour le commerce équitable et m’a donné envie de monter mon propre projet, Fair Trade Connection. Notre objectif est de créer une connexion entre le producteur et le consommateur. Quand on connaît l’histoire qui se cache derrière un produit, on a une autre vision, qui permet de mieux comprendre les enjeux du commerce équitable et tout ce que ça représente pour les producteurs.

Par ailleurs, je voulais à ce moment de ma vie mener un projet qui pouvait à la fois me permettre de voyager et de faire quelque chose qui a du sens, tout en étant mon propre chef. Et si en plus cela peut contribuer à rendre le monde meilleur…

Oxfam : Comment avez-vous été accueillis par les producteurs – partenaires d’Oxfam-Magasins du monde ?

Sarah : Nous avons un contact avant d’arriver, pour régler les questions pratiques. Une fois chez eux, nous sommes en général pris en charge dans les détails, ce qui nous permet de bien nous concentrer sur notre travail. Parfois nous sommes logés, par exemple à Agra, Pushpanjali a mis une chambre à notre disposition dans ses locaux. Souvent le partenaire prend les transports en charge, comme lorsque l’on se déplace dans les villages. De toute façon, ils nous aident dans la recherche de logement. Nous faisons toujours une réunion au début pour préparer la semaine de tournage. C’est super important pour nous d’avoir un assistant lors du tournage, surtout pour traduire les interviews, et ils font tout pour nous faciliter les choses.

Oxfam : Avez-vous eu des surprises, des différences entre l’image que vous aviez du commerce équitable et la réalité du terrain ?

Sarah : On se rend compte à quel point ces producteurs sont bien organisés, que ce sont des gens compétents, on est bien loin des clichés que les gens ont parfois sur les pays du Sud ! Nous avons visité différents projets, et nous trouvons que les histoires des producteurs se ressemblent : ils veulent tous une stabilité d’emploi, pouvoir payer la scolarité de leurs enfants, épargner pour leurs vieux jours… Ils espèrent tous avoir plus de commandes pour avoir plus de revenus. Mais d’une organisation à l’autre, le type de projet varie : certains vont mettre plus l’accent sur un projet médical, d’autres sur l’environnement ou sur le social.

Ronny : on demande à chaque artisan ce qu’il a comme message pour les acheteurs de ses produits. Et chaque fois, l’artisan nous répond « si vous continuez à acheter nos produits, on peut avoir une meilleure vie ».

Oxfam : Les différences culturelles entre des producteurs du Sud et des clients occidentaux sont-elles un obstacle ? Comment avez-vous ressenti ces différences culturelles sur le terrain ?

Ronny : J’ai surtout été frappé de voir à quel point ces gens sont fiers de travailler. Par rapport à chez nous, où l’on entend souvent les gens se plaindre de leur boulot, nous avons rencontré des gens qui aiment leur travail, et qui sont très attentifs à fournir un produit de qualité.

Sarah : Parfois, les différences culturelles s’expriment dans la manière dont nous sommes accueillis. Par exemple, nous sommes parfois invités à une cérémonie d’accueil, où nous sentons qu’il est important pour eux de bien recevoir des étrangers.

Oxfam : Avez-vous des anecdotes que vous souhaiteriez partager ?

Sarah : d’ici, au fin fond de l’Asie, nous entendons parler de la crise économique en Europe. C’est bizarre, car les travailleurs ici semblent moins touchés : ils sont plus liés à la matière première et peuvent d’une certaine manière vivre plus en autosuffisance, car ils ont conservé beaucoup de savoir-faire. Ils produisent leur propre nourriture et savent fabriquer eux-mêmes des récipients, des objets, sculpter le bois,… là où nous sommes beaucoup plus dépendants de la production industrielle.

Ronny : J’ai été personnellement très touché par le témoignage d’une artisane au Laos. Elle a récemment perdu son mari et s’occupe seule de son fils. Son but dans la vie est de lui offrir le meilleur avenir possible, et pour cela, elle apprécie le commerce équitable, qui lui garantit une vraie stabilité d’emploi sur le long terme. Elle était très émue en nous parlant, elle a fondu en larmes lorsque nous lui avons posé une question sur l’avenir de son fils, elle voudrait qu’il atteigne le même niveau d’étude que son père défunt. Je n’ai pas voulu insérer ces images, pour respecter sa pudeur.

Oxfam : Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui veut communiquer sur le commerce équitable ?

Ronny : Tout d’abord, nous voulons dire que nous sommes plus que jamais convaincus par l’intérêt du commerce équitable. Nous voyons concrètement à quel point cela peut aider les communautés, même si les artisans ne sont pas toujours informés des principes du commerce équitable, ils se rendent compte que leurs conditions de travail sont meilleures. Un des avantages de la vidéo, c’est de pouvoir raconter des histoires. Ce média convient très bien à l’idée de montrer ce qui se cache derrière chaque produit. Enfin, lors de nos visites chez les producteurs, nous les encourageons à utiliser les réseaux sociaux comme moyen de communication et leur donnons des formations dans ce sens. Certains le font déjà, comme Thaï Tribal Crafts, qui est très actif sur Youtube, Facebook, leur Blog, twitter… Ces réseaux sociaux peuvent rapprocher les producteurs des consommateurs. Nous comptons nous spécialiser dans la consultance en e-marketing après notre voyage.

Propos recueillis par Roland d’Hoop

 

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2 commentaires sur “Ronny et Sarah, globe-trotters de l’équitable

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