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Pourquoi Oxfam soutient les activistes de pommes de terre

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Régulièrement, dans la presse, les OGM sont présentés comme des outils miracles contre la faim. Les OGM  permettraient d’augmenter les rendements parce que, génétiquement, ils résistent mieux aux maladies, pesticides, à conditions climatiques extrêmes.  Un tel raisonnement ne tient pas compte du fait que la faim est la conséquence d’une pauvreté et pas la conséquence d’un manque physique de nourriture. Selon l’agence mondiale pour l’alimentation et agriculture (la FAO) nous produisons largement assez d’aliments pour nourrir 10 milliards de personnes. Le problème se situe dans la deuxième dimension de la sécurité alimentaire: l’accès économique à la nourriture. Les gens doivent avoir assez de moyens financiers pour pouvoir acheter la nourriture disponible. Autrement dit, la faim n’est pas un problème technique mais plutôt un problème politique.

En réalité, l’idée que les OGM sont nécessaires pour nourrir le monde cache une autre réalité, celle du contrôle de notre système alimentaire, de la semence jusqu’ à nos assiettes. L’enjeu est bien évidemment le profit. Six entreprises du secteur agro-industriel possèdent ensemble 75% du marché global des pesticides. Quatre sont responsables pour la moitié de la vente globale des semences. Des brevets et licences sur les OGM leur garanti le monopole de la vente de certaines semences. Le pouvoir de marché de ces entreprises est énorme et leur permet de déterminer les prix  qui leur conviennent, de façon totalement inéquitable pour les producteurs. Les paysans sont progressivement piégés dans un jeu où les coûts de productions ne font qu’augmenter, alors que la valeur de leur production, elle, ne fait que baisser.

La question fondamentale qui devrait se poser au lancement de tout programme de recherche est celle de savoir à qui elle profitera : les petits paysans ou les grosses entreprises qui maitrisent déjà largement notre système alimentaire ? Quels intérêts sont les plus forts? Les intérêts de qui? Et qu’en est-il des paysans pauvres du Sud, qui n’ont de toute façon les moyens de se payer de telles semences et les intrants qui leur sont associés ? Les OGM permettent-ils réellement de lutter contre cet état de fait ?

Par leur action, les activistes ont permis de rappeler que ce sont de telles questions que le développement des OGM pose. Par leur action ils ont poussé la société de chercher des réponses à ces questions. Leur action doit être explicitement considéré comme une intervention politique, pas comme un acte criminel.

Leur action est citoyenne et mérite d’être soutenue, pas poursuivie en justice

Pour ces raisons Oxfam-Magasins du monde soutient les activistes

En savoir plus

Thierry Kesteloot – Oxfam Solidarité
Corentin Dayez – Oxfam-Magasins du monde

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