Devenez achACTEURS pour un salaire vital

© Martin de Wals_2

Elle s’appelle Sophie. Elle a 29 ans et vient de la campagne. Disons qu’elle habite aujourd’hui avec ses enfants près de chez vous. Tubize, Arlon, Ath ou Andenne. Peu importe. Elle part tôt le matin, rentre tard le soir. Même le samedi. La famille sort peu, ne se montre pas en ville. Des gens discrets. Alors au détour d’une promenade dominicale, vous les croisez et prenez de leurs nouvelles. La petite dernière a une otite mais elle n’est pas soignée. Le garçon de 14 ans ne va plus à l’école. Trop cher. Sophie fait l’impossible pourtant. Elle travaille 60 heures par semaine dans une usine de confection textile. Mais c’est insuffisant. Elle gagne à peine un cinquième de la somme nécessaire pour vivre correctement en Belgique. Hier, le travail était à ce point pénible qu’elle a tourné de l’œil et a chuté de son tabouret. Une autre fille lui a épongé le front d’eau froide et elle s’est remise aussitôt au travail. Elle n’est pas la seule à s’évanouir, tant le labeur est rude. Il y a pire. Dernièrement, un immeuble de neuf étages abritant cinq ateliers s’est effondré à Nivelles, tuant 1131 travailleurs comme Sophie, en blessant 1650 autres. ➨ Lire la suite

achACT a lancé cette semaine en Belgique une campagne de trois ans intitulée « Devenez achACTEURS pour un salaire vital ! ». Cette campagne internationale prend place dans 15 pays européens et de nombreux pays asiatiques. Elle vient en soutien aux mobilisations importantes des travailleurs de l’habillement en Asie. Ils exigent un salaire vital, soit un salaire permettant de couvrir leurs besoins de base et ceux de leurs familles.

Oxfam-Magasins du monde, en tant que membre d’achACT, soutient la campagne, parce que la question du travail décent nous concerne tous, que des millions de gens sont exploités et travaillent dans des conditions inhumaines, que certains se tuent au travail pour que d’autres bénéficient de prix cassés, de fraises en hiver et des fringues bon marché.

Un salaire vital est un droit humain. Exploiter des travailleurs et des travailleuses sous ce niveau de rémunération s’apparente à du travail forcé.

Malgré la période de crise actuelle, la plupart des enseignes et marques accroissent leurs bénéfices, les vêtements se vendent toujours moins chers comparativement au pouvoir d’achat. En fait, entreprises et consommateurs vivent à crédit aux dépens des femmes et des hommes qui confectionnent leurs vêtements, ceux-là même qui ne peuvent pas couvrir leurs besoins essentiels malgré un travail intensif, dépassant largement les horaires normaux.

Signez l’appel de Sophie

Un salaire vital, c’est quoi ?

C’est le salaire perçu pour une durée normale de travail qui doit permettre au travailleur ou à la travailleuse de subvenir à ses besoins de base et à ceux de sa famille (loyer, nourriture, habillement, santé, éducation) tout en lui permettant d’épargner ou d’assumer ses responsabilités sociales.

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