L’huile de palme durable, c’est possible

Beaucoup a déjà été publié sur l’huile de palme, un produit qui reste très controversé : d’une part, ses caractéristiques techniques et son rendement élevé en font une culture unique. D’autre part, la façon dont l’huile de palme est exploitée est discutable, tant elle comporte d’externalités négatives aux niveaux écologique, social et sanitaire. Tandis que les caractéristiques positives de l’huile de palme augmentent la demande, les aspects négatifs de sa production et de sa consommation ne cessent de croître. Ci-dessous nous essayons d’expliquer la complexité de l’huile de palme et de clarifier où se trouvent les défis.

Ses propriétés techniques et son rendement élevé ont fortement stimulé la demande de l’huile de palme au cours des dernières années. En tant que produit, l’huile de palme dispose d’un certain nombre de caractéristiques qui font que c’est une matière première idéale pour l’utilisation alimentaire. Ainsi, elle  garde sa consistance à température ambiante, au contraire de la plupart des huiles végétales qui restent liquides. Oxfam ajoute une quantité minimale d’huile de palme à sa pâte à tartiner, afin de la garder crèmeuse et tartinable. L’huile de palme contribue de plus à la stabilité du produit fini car elle ne s’oxyde pas aussi vite que d’autres huiles végétales (elle devient moins rapidement rance).

D’autre part, la culture du palmier à huile, duquel l’huile de palme est extraite, a un rendement 4 à 7 fois plus élevé que d’autres huiles végétales. Le palmier à huile produit 34% du volume des 8 huiles les plus importantes au niveau mondial et ceci sur une superficie qui ne constitue que 5% de la surface totale occupée par les oléagineux. De plus, le palmier à l’huile porte des fruits toute l’année, ce qui fait que cet arbre est planté tant sur des petites que sur de grandes superficies.

La demande croissante exerce une pression importante sur les écosystèmes dans les pays producteurs d’huile de palme avec un impact social souvent négatif pour la population locale (exploitation sur les plantations, paysans expulsés de leur terre, etc.). Une autre conséquence négative est qu’une consommation trop grande d’huile de palme peut mener à des problèmes de santé. L’huile de palme est relativement riche en graisses saturées. Bien que l’huile de palme en soi ne soit pas nuisible, une trop grande consommation augmente le risque de maladies cardio-vasculaires. Comme pour de nombreux produits et ingrédients, la règle est « l’excès nuit ». Un régime varié reste donc important.

Un problème additionnel est que l’huile de palme est un ingrédient dans toute une série de produits alimentaires (pâtisseries, gâteaux, plats cuisinés, biscuits, pizzas, quiches, sandwichs, pâtes à tartiner, margarine …). Le plus souvent, le consommateur ne se rend ainsi pas compte de la quantité d’huile de palme qu’il mange. Il ne peut pas déduire de l’emballage si le produit contient effectivement de l’huile de palme (la réglementation n’exige pour l’instant que de mentionner la présence d’huile végétale). Une nouvelle loi européenne (qui entrera en vigueur à partir de décembre 2014) stipule que le type d’huile végétale (palme, tournesol) doit toujours être mentionné sur l’emballage.

Mais de nouveau, le bilan sur le plan de la santé est complexe. Pour qu’elles soient utilisables dans les pâtes à tartiner, les autres huiles végétales doivent le plus souvent suivre un procédé de transformation (appelé hydrogénation), afin de les faire passer de la forme liquide à la forme solide. Mais ce processus produit des graisses dites ‘trans’ dans le produit final, considérées par de nombreux scientifiques comme plus nocives encore que les graisses saturées. Dans le cas de l’huile de palme, l’hydrogénation peut être évitée parce que l’huile est naturellement solide à température ambiante. Donc pour des raisons de santé également, la meilleure solution n’est pas toujours de remplacer l’huile de palme par d’autres huiles végétales.

Comment Oxfam traite le sujet?

En pesant le pour et le contre, Oxfam examine d’abord si l’utilisation d’huile de palme est sensée. Nous considérons la fonctionnalité de l’huile de palme dans la fabrication du produit fini. A cause du rendement élevé de l’huile de palme, la réconversion vers d’autres huiles végétales n’est pas toujours faisable, ou même souhaitable. Le remplacement systématique de l’’huile de palme pourrait engendrer des problèmes écologiques et sociaux au niveau d’autres matières premières. Produire sans palme n’est donc pas la bonne solution.

Nous considérons toujours toute la chaîne de production et d’approvisionnement: comment l’huile de palme entre-t-elle dans le produit? Quels acteurs sont impliqués dans le processus de production? Est-ce que la communauté locale profite de la production d’huile de palme? Ces questions sont cruciales pour Oxfam et c’est pourquoi nous utilisons les critères suivants:

Acheter autant que possible chez de petits producteurs

Nous cherchons des coopératives qui peuvent livrer l’huile de palme selon les conditions du commerce équitable. Ainsi, Oxfam a choisi récemment Coopeagropal comme fournisseur d’huile de palme pour ses chips de yucca. Coopeagropal est une coopérative d’huile de palme située au Costa Rica, qui comprend 654 membres et applique une politique progressiste tant au niveau écologique que social.

Acheter de façon durable autant que possible

Par le biais de certifications, qui couvrent les risques écologiques et sociaux, nous cherchons des sources durables d’huile de palme. Sur le plan international, l’achat d’huile de palme certifiée RSPO (Round Table on Sustainable Palm Oil) est fortement poussé. Mais le label RSPO insiste davantage sur la durabilité écologique que les aspects sociaux. Il reste encore beaucoup de travail à faire pour relever le niveau social et écologique de ce label. C’est pourquoi nous cherchons activement d’autres labels et normes qui offrent les garanties économiques, écologiques et sociales nécessaires (comme par exemple le label ‘Fair for Life’, label d’IMO, Institut für Marktökologie).

Remplacer l’huile de palme

Dans les produits où l’huile de palme n’a que peu de valeur ajoutée et où elle ne constitue qu’une fraction minimale du produit ou dans le cas où l’huile durable n’est pas disponible, nous remplaçons l’huile de palme par une autre huile végétale. Ainsi, Oxfam l’a remplacée par de l’huile de tournesol dans ses Bio Choco Crispy et dans ses céréales Bio Honey Balls. Dans les crackers de sésame, nous utilisons désormais de l’huile de maïs.

En bref: nous considérons de nombreuses options différentes pour chaque produit et pour chaque chaîne d’approvisionnement séparément, afin d’obtenir l’option la plus durable.

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2 commentaires sur “L’huile de palme durable, c’est possible

  1. Bonjour,

    Je recherchais justement des informations sur l’huile de palme contenue dans vos chips de yucca. Heureux d’apprendre que vous êtes attentifs aux impacts écologiques et que la provenance de l’huile est le Costa Rica.

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