Communiqué : Un chocolat trop bon marché pour être durable

L’extrême pauvreté est la norme pour les producteurs de cacao d’Afrique de l’Ouest, alors que la chaîne d’approvisionnement est dominée par un groupe restreint de grandes entreprises.. Les différentes initiatives et programmes actuels ne sont pas suffisants pour relever les défis auxquels la filière du cacao est confrontée. Une réforme plus fondamentale du secteur est nécessaire. Voici quelques-unes des principales conclusions du baromètre cacao 2015, une initiative des principales organisations de la société civile européennes impliquées dans la production de cacao durable.

Des problèmes de base non traités

« Malgré tous les efforts actuels du secteur, le cœur du problème n’est toujours pas traité : l’extrême pauvreté des producteurs de cacao et leur manque d’implication dans le débat », indique Marieke Poissonnier (Oxfam-Wereldwinkels), co-auteure du Baromètre. Dans ce contexte, le baromètre cacao 2015 s’est concentré sur la distribution de valeur dans la chaîne d’approvisionnement et sur le revenu réel des producteurs de cacao. C’est la première fois qu’une telle étude est conduite.

Un faible revenu pour les producteurs de cacao

Les producteurs de cacao d’Afrique de l’Ouest vivent bien en dessous des niveaux de pauvreté définis à l’échelle mondiale. En Côte d’Ivoire – le plus grand producteur mondial de cacao – un agriculteur devrait gagner quatre fois son revenu actuel pour atteindre le seuil de pauvreté global de 2 dollars par jour. Pour couvrir ses besoins de base (revenu vital), il faudrait que ce revenu soit beaucoup plus élevé. Le manque de moyens chez les producteurs de cacao conduit à de mauvaises conditions de travail, des violations des droits de l’homme ainsi que de nombreux autres problèmes, y compris le travail des enfants. Le secteur du cacao ne leur offre tout simplement pas d’avenir prometteur. De plus en plus de jeunes producteurs quittent le métier, avec comme conséquence que l’âge moyen des producteurs se rapproche maintenant de leur espérance de vie.

Des approches qui ne résolvent pas les problèmes

La plupart des initiatives de développement se concentrent sur l’augmentation de la productivité des agriculteurs. Mais cette seule approche ne suffira pas à résoudre le problème. Les rendements doivent effectivement augmenter, mais cela doit être accompagné par une augmentation du prix du cacao. Cela signifie que le chocolat doit devenir plus cher. Les autres mesures incluent la diversification des cultures, la sécurité foncière, l’amélioration des infrastructures ainsi qu’un accès accru à l’information pour les agriculteurs.

Le besoin d’un changement de paradigme

Les différentes organisations à l’origine de cette étude plaident pour un changement fondamental du secteur. Cela nécessiterait plus de courage de la part des gouvernements ainsi que des autres acteurs. Il est nécessaire de mettre en place un modèle dans lequel les revenus des producteurs leur permettent de vivre décemment et de remplir leur besoins de base. Cela nécessite une nouvelle manière de fixer les prix à chaque étape, des fèves de cacao jusqu’à la barre de chocolat en magasin. Il faut une approche plus sophistiquée que celle adoptée dans les projets actuellement mis en place. Cela inclut notamment des mesures contraignantes à l’égard de l’ensemble du secteur. C’est seulement dans ces conditions que le secteur pourra être transformé et que les agriculteurs pourront obtenir un revenu conforme à la valeur de leur travail. « Il n’y a pas d’avenir pour les producteurs de cacao si le secteur n’est pas fondamentalement changé » conclut Marieke Poissonnier.

Recommandations:

  1. Développer un modèle de revenu décent pour les petits producteurs de cacao ;
  2. S’attaquer aux mécanismes de formation des prix afin que les petits producteurs obtiennent de meilleurs prix ;
  3. Remplacer les programmes sectoriels à base volontaire par des normes obligatoires.

Téléchargez le baromètre cacao 2015 (à partir du 6 mars).

Plus d’informations sur ce sujet:

  • Communiqué de presse (en anglais) du consortium européen ayant conduit le baromètre.
  • Carte blanche de Marieke Poissonnier et Arne Schollaert (Oxfam-Wereldwinkels), Mo.be, 10 décembre 2014.
  • Travaux d’Oxfam-Wereldwinkels sur les chaines de cacao.
  • Photos sur la culture de cacao (Copyright Tineke D’Haese).

Questions?

  • Marieke Poissonnier, coordinnateur des services politique / Sud, Oxfam-Wereldwinkels: 09/218.88.59 – 0474/57.45.23 – marieke.poissonnier@oww.be.
  • Antonie Fountain, directeur du réseau VOICE et co-auteur du baromètre cacao: +316 242 765 17, antonie@voicenetwork.eu.

www.oxfamwereldwinkels.be

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