Maquita : donnons-nous la main pour travailler ensemble

Orchidea  travaille depuis 10 ans pour Maquita. Elle est travailleuse sociale d’origine paysanne et a gravi les échelons au sein de l’organisation née il y a 30 ans à Quito, en Équateur. À l’occasion de la journée des partenaires Oxfam qui a eu lieu le 23 avril à Anvers, Oxfam-Magasins du monde l’a invitée à venir parler de son organisation. Entretien.

Orchidea lors de la Journée des partenaires Oxfam

Orchidea lors de la Journée des partenaires Oxfam

Comment est née Maquita ?

Fondée par des femmes en 1987, Maquita est née de la volonté d’agir pour les plus défavorisés. Prenant de l’ampleur, le mouvement s’est étendu à 15 des 24 provinces. Maquita signifie en quechua « donnons-nous la main pour travailler ensemble ». Oxfam travaille avec Maquita depuis sa création puisque cela fait déjà 30 ans que nous collaborons. Aujourd’hui, ce sont 72 communautés soit 10.000 artisans qui vendent leur production à Maquita et Oxfam.

Collier et boucles d’oreilles en tagua

Collier et boucles d’oreilles en tagua

Vous créez des bijoux en tagua. On parle également d’ivoire végétal. D’où vient ce matériau ?

Le tagua est une graine issue d’un palmier des forêts des régions tropicales de l’Equateur. La récolte du tagua s’effectue durant toute l’année. Elle ne menace pas l’écosystème puisqu’il n’est pas nécessaire de couper le palmier pour prélever les noix. On ramasse les graines au sol, elle est poncée pour retirer la coque marron et obtenir le cœur de la graine de couleur blanche. Puis l’artisan-e le sculpte manuellement.

Nos clients connaissent vos bijoux puisqu’on les vend en magasin. Mais avez-vous développé d’autres activités à côté de l’artisanat ?

Oui, la première activité de Maquita en termes de volum

e est le cacao. Mais les agriculteurs qui travaillent main à main avec nous cultivent également du maïs et du quinoa. L’artisanat ne représente qu’une partie de nos activités. Cela dit, 25% de notre artisanat est exporté par Oxfam en Europe. Vous êtes donc un partenaire important. A côté de cela, nous accordons beaucoup d’importance à la formation. Nous avons mis en place une université d’économie sociale et solidaire qui se charge de former les membres de la communauté. Cela permet d’éviter que tous nos jeunes ne fuient les campagnes pour les villes et ne retournent jamais mais également de former les producteurs aux pratiques biologiques et respectueuses de l’environnement tout en assurant une bonne productivité.

Est-ce facile de les convaincre de changer leur mode de cultiver ? De passer au bio ?

Il ne faut pas croire que cela s’est fait du jour au lendemain. Pour pouvoir convaincre les producteurs de passer au bio, nous avons mis en place des parcelles témoin à côté de leurs champs. Après 18 mois, il a bien fallu qu’ils se rendent à l’évidence. Nos méthodes fonctionnent. Les parcelles témoin produisaient 2 à 3 fois plus que celles qu’ils cultivaient. Dès lors, il n’a plus fallu de long discours pour les accompagner vers ce changement.

Les produits que vous vendez sont donc bio et équitables. Mais concrètement, quel impact cela représente pour les communautés qui choisissent de travailler avec vous ?

Le commerce équitable permet de garantir des débouchés et des conditions de payements favorables aux producteurs. La préservation du savoir-faire traditionnel et des coutumes est facilitée par la vente des produits dans le circuit du commerce équitable. Le préfinancement jusqu’à 50% des commandes permet à Maquita de verser une avance aux producteurs pour financer les matières et leurs outils de travail.

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