Un bénévolat en Transition. Quelles évolutions pour le bénévolat chez Oxfam-Magasins du monde ? Regard croisé avec d’autres organisations

A l’horizon 2020, Oxfam-Magasins du monde a pour ambition de renforcer l’adhésion de ses bénévoles et du grand public à son projet. Par ailleurs, l’organisation vise l’intégration dans le mouvement de la Transition. Il parait donc utile de s’intéresser aux modes de fonctionnement des associations actives dans la domaine de la Transition, par exemple Greenpeace et Colibris. Comment ces associations conçoivent-elles leurs rapports avec les bénévoles et avec le public, et en quoi Oxfam-Magasins du monde pourrait-il s’inspirer de leur expérience ?

A l’horizon 2020, Oxfam-Magasins du monde a pour ambition de renforcer l’adhésion de son Mouvement de bénévoles et du grand public à son projet. Par ailleurs, l’organisation vise l’intégration dans le Mouvement de la Transition1. Trois analyses rédigées en 2016 étudient des pistes pour renforcer l’adhésion des membres actuels et l’adhésion de nouveaux publics : « Renouveler son bénévolat : une bonne idée ! Mais par où commencer ? », « Changer de projet, un renouvellement dans l’équipe » et la présente analyse.

La première partie de cette analyse aborde la question de l’intégration dans le Mouvement de la Transition, et avec quels bénévoles. La deuxième partie développe les tendances de l’engagement dans le secteur associatif et les difficultés rencontrées chez Oxfam-Magasins du monde. Afin de surmonter ces difficultés, nous nous pencherons sur les expérimentations de deux autres associations : l’approche ascendante de Greenpeace ainsi que la nouvelle gouvernance et la pépinière de projets du Mouvement Colibris. Enfin, nous formulerons des recommandations pour fidéliser les citoyens sympathisants et favoriser l’adhésion de nouveaux publics.

Intégrer le Mouvement de la Transition

Le rayonnement des actions et l’adhésion de nouveaux publics passent par le travail en réseau. Créer des alliances, encourager les collaborations, favoriser l’émergence de lieux de mobilisation (physiques ou virtuels), prendre place dans un réseau d’initiatives qui partagent la même volonté de produire et de consommer autrement dans le respect de la terre et des hommes. Nous visons une transformation des bases fondamentales de la société, aussi bien au niveau social qu’économique, politique et culturel. Nous ne sommes pas les seuls.

Notre regard se tourne naturellement vers les acteurs dynamiques du Mouvement de la Transition2, des citoyen.e.s engagé.e.s dans des projets concrets où la responsabilité individuelle peut contribuer à un changement plus global. S’engager dans le Mouvement de la Transition est une volonté affirmée par notre organisation, une étape décisive pour construire le monde de demain.

Collaborer, oui. Mais comment l’ONG Oxfam-Magasins du monde est-elle perçue par les organisations liées au Mouvement de la Transition ? Ces organisations font partie d’une constellation d’initiatives récentes, à la recherche de nouveaux modes de fonctionnement, plus horizontaux et moins institutionnalisés, contrairement aux « vieux » mouvements associatifs – souvent pilarisés3 – au premier rang desquels se trouvent les ONG Nord-Sud qui existent depuis 4 à 5 décennies et auxquels Oxfam-Magasins du monde appartient.

Ces organisations nouvelles développent une certaine méfiance vis-à-vis des ONG Nord-Sud qui véhiculent une image postcoloniale, humanitaire et paternaliste du Sud. Dans l’évaluation4 de l’offre aux sympathisants actifs réalisée en mai 2016, il apparaît « qu’Oxfam-Magasins du monde, au même titre que d’autres ONG fers de lance de l’altermondialisme en Belgique, échappe à cette image. Elle est considérée comme une organisation qui vieillit relativement bien, qui s’adapte, qui propose une offre d’engagement citoyen très concrète avec une implication sociale et locale à partir de son réseau de magasins.» Aux yeux des acteurs de la Transition, il y a beaucoup d’affinités entre le courant altermondialiste et celui de la Transition. Une vie plus simple au Nord, c’est positif pour le Sud. Les notions de commerce équitable et de travail décent font sens dans le Nord, tout comme la réflexion sur une consommation responsable. Le commerce équitable offre de ne pas s’enfermer dans le localisme, risque lié à un développement de proximité basé exclusivement sur les ressources locales défendu par certains acteurs de la Transition.

Quels bénévoles pour entrer en Transition ?

Oxfam-Magasins du monde compte actuellement 3 types de bénévolats pour adultes:

  • Le bénévolat collectif, long terme, qui se structure autour d’une équipe qui gère un magasin.
  • Le bénévolat de sensibilisation, intégré dans une équipe, qui réalise des animations de groupes pour sensibiliser et informer le public.
  • Le bénévolat individuel et ponctuel, qui répercute les messages d’Oxfam-Magasins du monde dans son environnement professionnel, associatif, familial ou dans sa commune. Nous utiliserons le terme de « sympathisants » dans cette analyse.

Le bénévolat « historique » organisé autour d’un magasin, est un acteur indispensable pour promouvoir l’égalité sociale et économique et faire vivre l’alternative du commerce équitable. Cependant, le fonctionnement et le profil des bénévoles actuels présentent des limites pour donner vie aux nouveaux projets liés à la Transition5. La réussite de ces projets est conditionnée par une volonté de collaboration, une recherche de complémentarité, une ouverture à d’autres modes de fonctionnement, une capacité à se remettre en question pour évoluer et accepter le changement.

Pour répondre aux nouveaux besoins de l’organisation et s’inscrire dans la Transition, nous devons faire évoluer notre offre de bénévolat en magasin et structurer une offre de bénévolat hors magasin. Une offre plus souple, orientée action, un soutien aux initiatives locales, un encadrement adéquat. De manière concomitante, cette offre novatrice favorisera l’adhésion de nouveaux publics, de nouveaux profils.

Actuellement, qui sont ces citoyens qui, à travers leurs actions, répercutent les messages d’Oxfam sans s’impliquer dans la gestion d’un magasin du monde6 ?

Les sympathisant.e.s d’Oxfam-Magasins du monde sont à une forte majorité des femmes (70%). La moitié agit dans le cadre scolaire. Trois quarts sont diplômé.e.s de l’enseignement supérieur. L’âge moyen est de 43 ans. Deux tiers des sympathisant.e.s ont des engagements multiples (environnement, droits humains, action sociale…), dont 28% au moins trois et 46% au moins deux.

Ces sympathisant.e.s utilisent les outils pédagogiques d’Oxfam-Magasins du monde pour répercuter les messages par le biais d’animations de groupes, d’organisation de petits déjeuners, de débats, de participation à des manifestations…

S’agissant d’un engagement à la carte, sans adhésion formelle (il n’y a pas de contractualisation de la relation), le groupe est très hétérogène en termes d’investissement. Pourtant, les personnes concernées se considèrent comme des sympathisant.e.s d’Oxfam-Magasins du monde. On peut en conclure qu’au-delà d’une relation utilitaire, il y a une adhésion à l’action, aux idées et aux thématiques portées par l’organisation.

Par ailleurs, une écrasante majorité (93%) de ces sympathisant.e.s sont sensibles aux enjeux liés à la Transition et estiment qu’Oxfam-Magasins du monde a une plus-value à jouer dans le mouvement de la Transition.

L’engagement des publics associatifs

Diverses organisations7 fonctionnant avec des bénévoles ont été interrogées dans l’évaluation de l’offre aux sympathisants actifs d’Oxfam-Magasins du monde. Toutes sont en recherche de nouvelles formes de mobilisation et d’action pour renouveler les membres et faire face à une volatilité croissante du public. Celui-ci s’implique de manières très diverses, allant d’une implication légère (par exemple, signer une pétition en ligne) à un engagement plus consistant (participer à un groupe local ou un projet).

Nous remarquons des tendances communes dans l’évolution de l’engagement des publics :

  • Les noyaux de bénévoles et sympathisants des années 80-90 sont vieillissants et éprouvent des difficultés à se renouveler, à remettre en cause leurs formes d’actions.
  • Le profil du public change : il n’est pas disposé à s’identifier et s’engager à long terme et de façon exclusive auprès d’une organisation, il est plus volatile et défend plusieurs causes à la fois.
  • Contrairement aux deux décennies précédentes, on constate une disponibilité croissante des jeunes 18-28 ans en recherche d’expériences, d’emplois et d’engagements citoyens.
  • Cette disponibilité diminue ensuite parmi les personnes de 28-45 ans qui donnent priorité à la vie professionnelle et familiale, pour revenir progressivement dans la tranche d’âge 45-65 ans. Par contre, on constate un accaparement des jeunes grands-parents par la garde des petits-enfants.

Nous identifions des obstacles à l’engagement des sympathisants et bénévoles au sein d’Oxfam-Magasins du monde :

  • Un bénévolat collectif très exigeant. Le fonctionnement en groupe peut représenter une difficulté, notamment quand l’équipe ne parvient pas à trouver un moyen de fonctionner qui agrée tous ses membres.
  • La gestion (et la rentabilité) d’un magasin requièrent efficience et professionnalisme, un challenge parfois générateur de stress pour le groupe, ce qui peut avoir des répercussions sur l’investissement dans les autres missions d’Oxfam.
  • Un cadre d’engagement trop rigide et une présentation floue de l’offre de bénévolat.
  • Des procédures complexes et de qualité inégale pour intégrer les nouveaux membres au sein du Mouvement.
  • Des ressources humaines insuffisantes pour le suivi des bénévoles et sympathisants : une offre diversifiée, flexible et à l’écoute des sympathisants – en demande d’appui, de conseils, de services – exige du temps.
  • Des difficultés à entretenir le lien avec les sympathisant.e.s, à les reconnaître, à leur proposer un bénévolat évolutif et épanouissant.

Regard croisé avec d’autres organisations

Certaines organisations ont développé des stratégies ou des outils pour franchir les obstacles évoqués ci-dessus. Ces expérimentations constituent des pistes inspirantes.

L’approche ascendante de Greenpeace

Greenpeace est une organisation indépendante internationale qui a recours à la confrontation non violente et créative pour dénoncer les problèmes environnementaux et proposer des solutions essentielles à la création d’un avenir vert et pacifique.

Chez Greenpeace Belgique co-existent différents niveaux d’engagement : un soutien financier, une signature de pétition, en passant par une animation de groupe ou des actions de désobéissance civile.

Auparavant, la relation avec les bénévoles était très descendante, hiérarchisée. Il y a 3 ans, Greenpeace a développé une nouvelle approche, axée sur les besoins des sympathisants. Désormais, les citoyens s’organisent en groupes, par centres d’intérêts, actions ou thématiques. Certains groupes sont actifs sur un territoire, par exemple une ville ou une province. Une plateforme internet « Greenwire »8, semblable à un réseau social, permet aux membres d’échanger des idées, des expertises, de rejoindre des initiatives existantes ou de mettre en place leurs propres projets. Trois employés soutiennent les initiatives, au niveau matériel, financier, logistique, éducatif, en partant de la demande des sympathisants et en veillant à ne pas les diriger. L’opportunité est donnée aux citoyens de choisir le projet ou la campagne pour lequel ils souhaitent s’engager, même si ce n’est pas un des thèmes prioritaires du moment.

Une plateforme comme Greenwire demande un financement important. Avant d’être développée en Belgique, elle a été testée avec succès aux Pays Bas.

Un millier de bénévoles sont inscrits à la plateforme belge et environ 200 d’entre eux sont actifs sur le terrain. En ce qui concerne les animateurs bénévoles, 45 sont inscrits et une vingtaine sont actifs. La mobilité est importante dans ce groupe. Les animations programmées sont publiées sur la plateforme. Une publication des offres de sensibilisation et des demandes mettrait en lumière les actions de sensibilisation d’Oxfam-Magasins du monde et permettrait aux bénévoles qui font des animations de se coordonner.

Greenpeace tire les premières conclusions de ce changement d’approche :

L’organisation est de plus en plus attractive car elle donne une voix aux bénévoles et soutient leurs initiatives, une approche qui se distingue d’autres associations. Les statistiques montrent que davantage de citoyens s’activent, que ce mode de fonctionnement attire un autre public. Tandis que les plus anciens ont horreur de la nouvelle plateforme, les jeunes – pourtant plus difficiles à atteindre – s’y investissent davantage. On observe le même phénomène sur Facebook où le public se rajeunit.

Le public de la plateforme est plus volatile mais ces sympathisants sont des multiplicateurs clés dans leur environnement.

L’envie de départ était de s’adresser au plus large public possible, mais dans un environnement où les individus sont déjà très occupés sur la toile, une approche personnelle est primordiale. Ne pas rester dans le virtuel et entretenir des contacts personnels demande un suivi très régulier : prendre le téléphone, contacter directement les leaders bénévoles de chaque groupe, organiser des espaces de rencontres physiques, des journées de bienvenue.

La nouvelle gouvernance et la pépinière de projets du Mouvement Colibris 

Créé en 2007 sous l’impulsion de Pierre Rabhi, Colibris se mobilise pour la construction d’une société écologique et humaine. L’association place le changement personnel au cœur de sa raison d’être, convaincue que la transformation de la société est totalement subordonnée au changement humain9. Colibris s’est donné pour mission d’inspirer, relier et soutenir les citoyens engagés dans une démarche de transition individuelle et collective.

Colibris est devenu en moins de 10 ans un Mouvement citoyen influent.

Nous avons identifié quelques points forts qui sous tendent ce succès :

Chez Colibris, on part des préoccupations de chacun, de ce qui tient à cœur, de l’action directe. Car tout comme chez Greenpeace, l’association a compris que les citoyens ont besoin d’être (et de se sentir) contributeurs. Le leitmotiv de l’association est d’ailleurs « Faire sa part », tout en s’appuyant sur les préoccupations de chacun. Mais la force de Colibris c’est de relier, de mettre en lien les individus, les projets.

Plus de 250 000 personnes suivent les actualités de Colibris et demandent comment s’engager au sein de l’association. Parce que « ensemble on va plus loin », Colibris a développé en 2016 la Fabrique des colibris, une plateforme d’entraide citoyenne qui soutient tous ces acteurs qui sont la preuve qu’un autre mode de vie est possible en privilégiant la mutualisation et les échanges de biens et de services, l’éducation positive, la sobriété énergétique, l’agriculture vivrière, l’éco-construction, les économies locales… Concrètement, des citoyens sont invités à mettre leur énergie, leur expérience, du matériel, ou un peu d’argent au service de projets portés par d’autres citoyens.

Cette dynamique est soutenue par des médias qui renforcent le lien entre l’organisation et ses membres et entre les membres eux-mêmes : un réseau social de bénévoles (forum de discussions, blog, groupes locaux ou thématiques, événements), un magazine, une carte interactive des projets, une lettre d’information, … Par ailleurs, la notoriété de Pierre Rabhi, paysan philosophe initiateur du Mouvement Colibris, attire un public sensible à son discours et son mode de vie et apporte de la visibilité à l’association.

Réactif à l’évolution des mentalités et des besoins, Colibris offre une structure et un encadrement aux initiatives citoyennes : des suggestions pour agir au quotidien, pour soutenir Colibris, initier des actions, se former… Et l’enthousiasme est au rendez-vous, soutenu par une communication claire, directe, orientée sur les impacts et résultats concrets. Donner une visibilité aux projets et aux acteurs, c’est une approche très inclusive qui renforce l’envie de s’impliquer. L’identité forte, le sentiment d’appartenir au Mouvement et la possibilité de s’engager de manière diverse et évolutive fédère et fidélise les sympathisants.

En parallèle à la pépinière de projets qu’est la Fabrique, Colibris compte un réseau de 55 groupes locaux animés par des citoyens bénévoles. On observe une grande similitude avec Oxfam-Magasins du monde : les groupes locaux participent activement à la vie et à la gouvernance de Colibris et portent localement les valeurs et les messages du mouvement national. Chaque groupe local développe aussi ses propres projets qui participent à amplifier la transition, la coopération et l’action collective sur un territoire.

Depuis 2012, Colibris expérimente en interne une gouvernance participative qui permet à toutes les parties prenantes du Mouvement de participer aux orientations stratégiques, dans un vaste processus d’intelligence collective. Véritable laboratoire de la transition, les expérimentations menées inspirent de nombreux partenaires ou projets. Basée sur les principes de la Sociocratie10 et de l’Holacratie11, cette gouvernance s’appuie notamment sur le fonctionnement en cercles, la prise de décision par consentement, les élections sans candidats…

Instaurer l’Holacratie dans une organisation permet de :

  • Impliquer toutes les personnes concernées car les idées de chacun sont entendues grâce au système de réunion en intelligence collective. Cela permet ainsi de créer un environnement qui favorise le changement.
  • Favoriser la coopération au sein du groupe et par conséquent la confiance entre les membres d’une équipe.
  • Reconstruire des liens simples et sincères car les membres du groupe sont libérés des peurs et des ambitions des egos individuels.
  • Donner du pouvoir et de la motivation à chacun.

Colibris expérimente aussi des fonctionnements en réseau et s’appuie sur l’usage du numérique (réseaux sociaux, Wiki12, Télé Communication…) pour démultiplier la participation de ses membres.

Recommandations pour fidéliser les citoyens sympathisants et favoriser l’adhésion de nouveaux publics

L’analyse des besoins de notre organisation, de notre bénévolat actuel et des tendances du monde associatif nous amènent à formuler les recommandations suivantes13 pour stimuler l’engagement au sein d’une organisation comme Oxfam-Magasins du monde :

  • Donner une place et une voix aux sympathisants, en favorisant la participation à l’élaboration des projets et aux orientations stratégiques, dans un processus d’intelligence collective.
  • Développer une approche et un contact personnalisés.
  • Valoriser l’action des sympathisants, consolider la confiance, donner le sentiment d’être connu et reconnu.
  • Favoriser le réseautage, mettre en contact les sympathisants, stimuler la collaboration, communiquer horizontalement, créer du lien entre le siège et les membres du Mouvement au travers de réseaux sociaux, newsletter, magazine de liaison… La création d’une plateforme internet pourrait aussi largement contribuer à atteindre ces objectifs. Cependant cette plateforme ne peut être envisagée qu’en complémentarité avec d’autres acteurs du monde associatif, car il faut rassembler les énergies, dépasser la logique institutionnelle.
  • La constitution de groupes locaux pérennes selon des critères géographiques autour d’une même thématique peut être complétée de groupes rassemblés le temps de mener à bien une mission ou un projet précis.
  • Dans le même ordre d’idée, le système des thèmes de campagne généralisés à tous et qui changent régulièrement ne convient pas nécessairement à des initiatives diverses prises à la base. D’où la plus-value d’une offre d’actions diversifiée et souple avec des niveaux d’engagement différents, à la carte, et d’une modulation de l’offre en fonction des profils de sympathisants, de leurs motivations, de leurs disponibilités.

En résumé, il faudrait soutenir les initiatives prises par les sympathisant.e.s, les dynamiques locales, régionales, autour d’un projet, d’une thématique, sans guider, sans imposer, en privilégiant une approche ascendante. Ces initiatives s’inscrivent régulièrement en dehors du champ institutionnel associatif traditionnel, fonctionnent de façon horizontale et informelle, sont à géométrie variable, se font et se défont, sont rétives à s’aligner derrière un drapeau. De par ces caractéristiques, elles ont besoin pour se déployer de capacités institutionnelles, de relais médiatiques, de ressources matérielles, financières, logistiques. D’où l’intérêt de s’appuyer sur le réseau et les infrastructures des magasins du monde, ses ressources humaines, ses capacités pédagogiques, ses formations pour renforcer les compétences et les savoirs.

Face à ces nouveaux défis, la tentation de créer une offre de bénévolat distincte, isolée du bénévolat en magasin est grande. Nous pensons au contraire qu’il faut générer des synergies entre les équipes existantes et les citoyens qui soutiennent Oxfam de manière plus ponctuelle pour renforcer les actions des uns et des autres en mettant en commun des moyens humains, techniques, financiers et pour s’appuyer sur la connaissance du terrain et l’expérience des bénévoles en magasin. Pourquoi ne pas constituer des réseaux souples de sympathisants autour de quelques magasins, et/ou encore d’identifier des bénévoles des équipes magasins comme personnes ressources pour les sympathisants ? Enfin, ces synergies permettraient de (re)motiver certains bénévoles en magasin, entre autres les bénévoles sensibilisateurs, qui sont très isolés et qui pourraient trouver un nouveau souffle en s’alliant avec des personnes enthousiastes et créatives.

Les recommandations ci-dessus sont caractéristiques des méthodes et approches des organisations liées à la Transition. S’en inspirer ajouterait de la crédibilité à l’intégration d’Oxfam dans ce Mouvement.

Sara Dodemont

 

Bibliographie

  • Evaluation « L’offre aux sympathisants actifs d’Oxfam-Magasins du monde », Jacques Bastin, Consultant indépendant, mai 2016.
  • Enquête de satisfaction auprès des bénévoles d’Oxfam-Magasins du monde, Jemima Bidee et Yannick Griep, VUB, mai 2015.
  • Oxfam-Magasins du monde : Plan stratégique 2020, juin 2016.
  • Analyse « Renouveler son bénévolat : bonne idée ! Mais par où commencer ? », Sylvie Dossin, Décembre 2016.
  • Interview de Tom Ladrille de Greenpeace par Jacques Bastin, 30 mars 2016.
  • Interview de Yasu Moy du Mouvement Colibri par Sara Dodémont, 12 décembre 2016.
  • http://www.reseautransition.be/la-transition/
  • https://greenwire.greenpeace.org
  • https://www.colibris-lemouvement.org

Montrer 13 notes

  1. Oxfam-Magasins du monde : Plan stratégique 2020, juin 2016.
  2. La Transition signifie tenter de se « débrancher » rapidement du système économique actuel, et reconstruire collectivement et le plus localement possible d’autres systèmes viables, sobres et résilients. Définition du réseau de la transition de Wallonie-Bruxelles. Voir analyse « Innovation sociale pour un Mouvement de (en ?) Transition » Parties I et II.
  3. Ensemble d’organisations qui ont une idéologie commune et qui veillent à son influence dans l’organisation de la société. CRISP. Centre de recherche et d’action socio-politique.
  4. Evaluation « L’offre aux sympathisants actifs d’Oxfam- Magasins du monde », Jacques Bastin, Consultant indépendant, mai 2016.
  5. Voir les obstacles à l’engagement ci-dessous et les freins du bénévolat actuel dans l’analyse « Renouveler son bénévolat : bonne idée ! Mais par où commencer ? », Sylvie Dossin, Décembre 2016.
  6. Evaluation « L’offre aux sympathisants actifs d’Oxfam- Magasins du monde », Jacques Bastin, Consultant indépendant, mai 2016.
  7. Evaluation « L’offre aux sympathisants actifs d’Oxfam- Magasins du monde », Jacques Bastin, Consultant indépendant, mai 2016.
  8. Greenpeance Greenwire Belgium
  9. Mouvement Colibris
  10. La Sociocratie est un mode de prise de décision et de gouvernance qui permet à une organisation (…) de s’auto-organiser. La Sociocratie a pour objectif de rendre la parole à chacun(e) et repose sur le consentement.  Jean-Luc Gilson, Université de Paix, 2013. Pour aller plus loin, voir l’analyse « La Sociocratie ou gestion par consentement » écrite en décembre 2015 par Julie Van Denhouten
  11. L’Holacratie est un système de gouvernance qui favorise la capacité d’innovation et le potentiel collectif de l’organisation en la libérant des peurs et des ambitions individuelles. www.colibris-lemouvement.org
  12. Un wiki est une application web qui permet la création, la modification et l’animation collaboratives de pages à l’intérieur d’un site web. C’est un outil de gestion de contenu, dont la structure implicite est minimale, tandis que la structure explicite émerge en fonction des besoins des usagers. Wikipédia
  13. Inspirées de l’évaluation « L’offre aux sympathisants actifs d’Oxfam- Magasins du monde », Jacques Bastin, Consultant indépendant, mai 2016.

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