La crise migratoire n’est pas une crise. Entretien avec François Gemenne

François Gemenne est spécialiste des questions de géopolitique de l’environnement. Il travaille sur les politiques environnementales et migratoires, deux sujets fortement liés qui occupent une place centrale dans l’actualité et les débats publics d’aujourd’hui. Dans cette interview, nous faisons le point avec lui sur la situation actuelle en matière de migrations. Nous lui avons demandé de nous éclairer sur les migrations dans le monde, la situation en Belgique et les liens entre les questions environnementales et les migrations. Nous avons également abordé avec lui les liens entre la communication des représentant.e.s politiques, la perception de la migration au sein d’une société et les initiatives qui en découlent. Enfin, nous avons discuté du rôle d’Oxfam-Magasins du Monde dans ces questions.

Pourriez-vous tout d’abord nous expliquer brièvement quel est l’objet de vos recherches ?

Mes recherches portent essentiellement sur deux sujets qui ont l’air a priori très différents, mais qui sont en fait intimement connectés. Le premier est la question de la gouvernance des migrations, c’est-à-dire ce qui provoque les flux migratoires dans le monde, pourquoi les gens se déplacent, d’où ils viennent, où ils vont, dans quelles conditions, et ce qu’on fait pour essayer d’organiser ces migrations. L’autre sujet, c’est la question de la géopolitique de l’environnement, en d’autres termes quels sont les impacts humains de la crise environnementale et du changement climatique en particulier, comment on essaie de réguler cela au niveau mondial, quelles sont les négociations internationales sur la question. Ces deux sujets sont liés tout d’abord parce que ce sont tous deux des enjeux globaux du XXIe siècle qui demandent des réponses globales de gouvernance internationale, des règles internationales. Ce sont aussi des sujets qui fondamentalement posent la question de notre rapport à l’autre, celui qui est situé au-delà des frontières géographiques, mais aussi des frontières générationnelles. Et puis bien entendu les deux se rejoignent au travers de questions telles que les migrations environnementales, les migrations climatiques, c’est-à-dire comment la crise environnementale génère des migrations et comment les migrations ont elles aussi un impact environnemental, mais ça je dirais que c’est la partie émergée de l’iceberg et qu’en réalité les deux sujets ont des connexions plus profondes. Ce sont des recherches qu’on mène à la fois sur le terrain (je n’ai plus beaucoup le temps d’y aller personnellement, mais il y a des chercheurs dans l’équipe qui le font) et puis par l’analyse des processus politiques qui essaient de gouverner ces questions.

Que pensez-vous de la crise migratoire qu’on connaît aujourd’hui ici en Belgique ?

Ce mot de « crise » me dérange, c’est un concept politique inventé pour justifier certaines mesures, en l’occurrence des mesures de plus en plus répressives, et aussi sans doute pour permettre à certains politiciens populistes de marquer des points électoraux. C’est facile de dire qu’on est face à une crise, qu’on doit réagir dans une logique de crise, qu’on est le dernier rempart face à la crise… Il est certain qu’un politicien comme Théo Francken a bien compris tout le crédit électoral qu’il pouvait obtenir en se présentant comme un « manager de crise », comme un rempart par rapport à tout l’imaginaire menaçant et anxiogène qui est porté par la « crise ». Alors que si on regarde la réalité des chiffres, on n’est pas du tout en Belgique face à une explosion de migrations : la Belgique a connu des vagues de migrations beaucoup plus importantes dans le passé, y compris des migrations organisées, lorsqu’on « achetait » des travailleurs à l’Italie, au Maroc, à la Tunisie ou au Portugal. Si on regarde les chiffres, non seulement il n’y a pas d’explosion de la demande, mais aussi par ailleurs la Belgique n’en fait pas beaucoup plus que les autres pays, elle est un peu au-dessus de la France mais elle reste en-deçà par rapport à l’Allemagne ou à la Suède par exemple. L’essentiel de l’immigration en Belgique est parfaitement régulière. Ceux qu’on voit au parc Maximilien, aussi dramatique que soit leur situation, ne représentent qu’une infime partie par rapport à la migration régulière, banalement normale, qui ne fait pas l’actualité.

Que se passe-t-il dans le monde ailleurs qu’en Europe ? Y a-t-il aussi d’autres grands flux migratoires ?

Les flux migratoires dans le monde sont en fait beaucoup plus équilibrés qu’on ne l’imagine. On imagine toujours que c’est toute l’Afrique qui vient vers l’Europe, tous les pays en développement qui vont vers les pays industrialisés, alors que les flux migratoires les plus importants vont de pays en développement vers d’autres pays en développement. Si on prend l’Afrique de l’Ouest par exemple, qui est une partie du monde qui intéresse beaucoup la Belgique, 55% des migrations internationales sont des migrations régionales, c’est-à-dire qui vont d’un pays à l’autre au sein de l’Afrique de l’Ouest. Mais ça, ici on ne veut pas le voir, on ne s’intéresse qu’à ceux qui traversent la Méditerranée. Donc lorsqu’on regarde l’ensemble des migrations dans le monde, on en a une vision beaucoup plus équilibrée, beaucoup plus apaisée que si on regarde par le petit bout de la lorgnette belge ou européenne. Par exemple, il y a aujourd’hui un flux important qui va de l’Asie du Sud vers les pays du Golfe : ce sont des ouvriers qui, dans des conditions parfois proches de l’esclavage, viennent d’Inde, du Pakistan, du Bengladesh, du Sri Lanka et vont travailler au Qatar, aux Emirats, etc. C’est un flux migratoire aussi important que celui que nous connaissons, mais dont personne ne parle.

Revenons sur le réchauffement climatique que vous évoquiez tout à l’heure. Pensez-vous qu’il va provoquer une augmentation des migrations ? Que dans le futur, certaines personnes deviendraient des « réfugiés climatiques » parce qu’elles ne pourraient pas continuer à vivre dans leur pays ?

Ce n’est pas un risque futur, c’est déjà une réalité aujourd’hui ! Oxfam a sorti un rapport qui montrait que 25 millions de personnes avaient été déplacées l’an dernier sous l’effet du changement climatique, ce sont des chiffres qui corroborent ceux de l’IDMC, l’Internal Displacement Monitoring Centre, à Genève, qui estime que chaque année, en moyenne, 26 millions de personnes sont déplacées par des catastrophes naturelles, dont beaucoup sont évidemment accentuées par les effets du changement climatique. Les dégradations de l’environnement, qu’elles soient climatiques ou autres, provoquent chaque année le départ d’environ trois fois plus de personnes que les guerres et les conflits. C’est déjà un facteur majeur des déplacements, et cela s’accentuera au fur et à mesure que les effets du changement climatique apparaîtront.

Et vous pensez que la situation pourrait devenir réellement problématique ?

Elle est évidemment déjà très problématique aujourd’hui pour tous ceux qui partent, qui sont généralement démunis puisqu’il n’y a pas d’agence des Nations Unies qui aurait un mandat pour leur venir en aide et que leur protection reste très aléatoire en fonction du bon vouloir des uns et des autres, de certains états et pas d’autres. Et puis la situation va, je pense, devenir problématique dans certaines zones qui vont devenir inhabitables. C’est la grande question pour les prochaines décennies et même les prochaines années : où pourra-t-on encore habiter demain, quelles sont les zones qu’on va devoir déclarer inhabitables ? Dans ces zones-là, on pourra vraiment parler de crise humanitaire.

En ce qui concerne la situation actuelle ici en Europe, vous nous avez parlé des aspects politiques, mais que peut-on dire des éventuels problèmes économiques, sociaux, culturels qui découleraient des migrations ?

Au niveau culturel, on ne perçoit plus du tout la normalité, le caractère structurel des migrations, et ça c’est un enjeu en termes de communication vers l’opinion publique qui me paraît assez essentiel. Bien entendu il ne faut pas non plus être angélique par rapport aux défis de l’intégration et du vivre ensemble, qui requièrent un investissement de la part de la société et de l’état qui accueillent. Ce qui est remarquable dans ce qui s’est passé en Allemagne ces dernières années, c’est non seulement que l’Allemagne a accueilli un très grand nombre de réfugiés, mais aussi qu’elle a fait de cet accueil un véritable projet de société, avec un plan de répartition, un plan économique. L’Allemagne s’est projetée 20 ou 25 ans dans l’avenir, alors que les autres pays ont un comportement essentiellement réactif, où il s’agit de gérer les arrivées mais sans se projeter dans le futur. Le véritable défi économique, social et culturel, c’est de se projeter dans le futur et d’accepter que les migrations, que cela plaise ou non, sont un élément structurel de la transformation de nos sociétés. La grande question, c’est donc comment on va pouvoir organiser ce phénomène structurel de manière à pouvoir en maximiser les bénéfices et à en réduire les risques autant que possible.

Donc selon vous, au niveau socio-économique par exemple c’est tout à fait possible de faire des migrations quelque chose de positif ?

C’est déjà le cas aujourd’hui très largement : la contribution des migrants à la vie économique, sociale, culturelle, et même politique dans certains cas, n’est plus à démontrer. La grande question, c’est comment on va pouvoir organiser ça pour en maximiser les bénéfices. Le problème, c’est que par crainte, par timidité, par frigidité par rapport à l’opinion publique, beaucoup de politiques aujourd’hui refusent de s’investir là-dedans.

Quelles pistes de solution pourriez-vous proposer pour organiser cela ?

Ce qui est certain, c’est que beaucoup de choses vont passer par le niveau local. L’Allemagne a organisé une répartition des migrants sur son territoire de manière à permettre à des communautés locales de les accueillir et de les intégrer. Il y a énormément de choses à faire, et je suis frappé par le nombre d’initiatives locales qui fonctionnent. Derrière le discours national de « crise » qui en fait un problème, quand on regarde la manière dont ça se passe localement, ça se passe souvent extrêmement bien.

Vous voyez ces initiatives locales comme venant plutôt des hommes et femmes politiques ou des citoyens ? Ou d’un peu tout le monde ?

Ce sont souvent les associations citoyennes et les collectifs de citoyens qui pallient aujourd’hui l’inaction et l’incurie du politique. Mais il est essentiel que ces organisations citoyennes soient soutenues par les politiques. Trop souvent les politiques se placent à la remorque de leur opinion publique, et renoncent à essayer de former et d’orienter cette opinion publique. Il est certain que les politiques, aussi contestés soient-ils aujourd’hui, conservent un rôle extrêmement important pour structurer les débats, amener les questions dans les débats publics, et ont donc une très grande responsabilité par rapport à la manière dont ils parlent des migrations. Tout « dérapage » d’un homme ou d’une femme politique risque potentiellement d’accentuer les attitudes de rejet dans la population parce que le fond de xénophobie qui est en chacun de nous va se trouver légitimé et amplifié pas la moindre parole politique. Le meilleur va avoir tendance à entraîner le meilleur, comme le pire va entraîner le pire. C’est en valorisant les initiatives citoyennes que d’autres vont naître. Lorsqu’on voit ce qui se passe au parc Maximilien à Bruxelles, on peut penser que les familles qui accueillent des migrants – elles sont à peu près 4000 aujourd’hui, paraît-il – ne l’auraient sans doute pas toutes fait spontanément, mais quand elles se rendent compte que leurs voisins, leurs collègues, des membres de leur famille le font, elles se disent : pourquoi pas moi. C’est ça qui permet d’entraîner un mouvement. Et lorsqu’une commune voit ce que fait la commune d’à côté pour accueillir des immigrés, elle se dit aussi : pourquoi pas moi.

L’action des uns est inspirante pour celle des autres.

Voilà. J’ai eu l’occasion de donner des conférences à Munich, qui était en première ligne dans l’accueil des réfugiés, et les Munichois et Munichoises parlaient de l’immigration comme d’une sorte de miracle collectif. Lorsque leurs voisins ou leurs collègues se précipitaient à la gare pour accueillir les réfugiés, il y avait comme un effet d’entraînement dont résultait une fierté collective tout à fait frappante.

A propos de cet accueil des migrants organisé par les familles bruxelloises, connaissez-vous d’autres cas du même genre ?

Il y a déjà eu par le passé des exemples d’accueil de migrants par certaines familles, par exemple les réfugiés de la guerre d’Espagne à la fin des années 30 en France, ou plus récemment les réfugiés d’ex-Yougoslavie. Il y a eu des collectifs citoyens qui se sont organisés autour de ça. Il y a des exemples qui sont parfois tout à fait significatifs. Je me souviens d’une petite commune du Lot-et-Garonne qui avait accueilli, à l’époque du tremblement de terre au Népal, une famille qui avait tout perdu et qui s’était réfugiée en France. Cela s’est tellement bien passé qu’aujourd’hui ils ont décidé d’accueillir des réfugiés syriens. Au parc Maximilien, il y a quelque chose de significatif qui se passe par l’ampleur, par la durée et par l’organisation de cette initiative d’accueil. D’autres initiatives avaient déjà eu lieu mais elles étaient encadrées par les pouvoirs publics, ici ça se fait complètement en dehors des pouvoirs publics.

Donc pour vous il y a réellement une place pour un engagement citoyen.

Certainement. Le drame, c’est qu’aujourd’hui on a vraiment l’impression que l’engagement citoyen pallie l’incurie des états sur cette question au lieu de simplement l’accompagner.

A Oxfam-Magasins du monde, nous agissons à la fois localement en soutenant les producteurs locaux du Sud et globalement par des actions de plaidoyer, et nous avons la conviction que nous aidons à maintenir les liens Nord-Sud et donc la solidarité entre toutes les populations. Qu’en pensez-vous ?

Je pense que le rôle d’Oxfam-Magasins du monde et d’autres organisations est important pour susciter des initiatives, des vocations, et aussi pour les encadrer. Il y a beaucoup de gens qui se disent : qu’est-ce qu’on peut faire, qu’est-ce que je peux faire ? Et parfois ils ne trouvent pas de réponse à cette question. Tout le monde n’habite pas à Bruxelles, tout le monde n’a pas une chambre à mettre à la disposition des migrants… Les associations peuvent proposer d’autres actions aux gens qui ont envie de faire quelque chose. Les associations sont là pour mailler le tissu local, pour fédérer les bonnes volontés et essayer de les organiser. Il y a là un rôle très important à jouer par le secteur associatif. Je crois profondément que la population n’est pas aussi hostile aux migrants et aux réfugiés que certains politiques ne veulent le croire ou le faire croire.

D’un côté, si on répète trop qu’avec les migrations il y a un problème à gérer, les gens vont avoir l’impression que ce problème est trop gros et qu’ils ne peuvent rien faire – de l’autre, si on n’en parle pas assez ils resteront dans l’ignorance et le déni et n’agiront pas non plus… Comment selon vous trouver une troisième voie entre ces deux attitudes ?

Eh bien, la première chose est de ne pas considérer les migrations comme un problème ! On a trop souvent à ce propos une vision normative : soit on les présente uniquement comme une richesse, une opportunité, en minimisant les difficultés à gérer, soit on les voit comme une grosse crise à résoudre… alors qu’il faudrait simplement les considérer comme un changement structurel. Je compare souvent les migrations à internet : c’est quelque chose qui est arrivé, qui apporte un nombre considérable de transformations dans nos vies, qui présente aussi des risques, et qu’il faut donc apprendre à gérer.

Dans quelle mesure associez-vous les migrations à la mondialisation ?

Les migrations sont le résultat des inégalités, et la mondialisation d’une part accroît ces inégalités, c’est son côté sombre, et d’autre part rend ces inégalités plus visibles, ce qui peut augmenter sinon les migrations elles-mêmes, du moins le désir de migration.

Une dernière question : que pensez-vous des similitudes qu’on peut constater entre les réactions aux différentes crises dans le monde ? On constate souvent des mouvements de repli sur soi, de construction de barrières que ce soit sur le plan économique ou culturel, ou même des barrières physiques en barbelés…

Je dirais à nouveau que parler de « crise » va amener une logique de repli sur soi : tout ce qui arrive de l’extérieur va apparaître comme quelque chose de menaçant. Les migrations vont alors participer à cet imaginaire et à cette rhétorique anxiogènes. Effectivement, ce qu’on voit aujourd’hui, c’est que beaucoup vont se raccrocher à la frontière comme étant une sorte de rempart contre cette « menace », et la frontière va devenir une sorte de totem symbolique en politique, avec une fracture entre ceux qui voient les frontières comme les scories d’un monde appelé à disparaître et d’autres qui vont les voir comme une ultime protection. Parler de « crise » va donc amener comme réaction qu’on va se terrer chez soi comme dans un abri lors d’une guerre ou d’un accident nucléaire.

Conclusion

Nous ne vivons pas actuellement une « crise » migratoire. D’une part, la Belgique a déjà connu des vagues de migration plus importantes par le passé, notamment après les accords-charbons de 1946. D’autre part, certains états européens, tels que l’Allemagne et la Suède, adoptent une politique migratoire différente de la Belgique, plus accueillante et tournée vers un véritable projet de société (avec plan de répartition, plan économique, etc.). Le terme de « crise » doit donc être proscrit : il implique un repli sur soi et légitime des mesures répressives. Les flux migratoires dans le monde restent équilibrés puisque 55% des migrations internationales sont des migrations régionales.

Un phénomène très préoccupant sont les migrations causées par les effets du changement climatique. Dans son rapport « Déracinés par le changement climatique », Oxfam International estime qu’en 2016, pas moins de 23,5 millions de personnes ont été contraintes de fuir leurs terres et leur foyer en raison des dégradations de l’environnement. Cela représente trois fois plus de départs que ceux causés par les guerres et les conflits ! Cette tendance alarmante ne peut s’améliorer sans volonté politique.

Oxfam International appelle les dirigeants des pays les plus riches à financer l’atténuation et l’adaptation au changement climatique, à apporter une aide aux communautés les plus exposées, à s’engager sur des réductions plus importantes des émissions de gaz à effet de serre et à mettre en place une protection internationale pour les personnes forcées à traverser les frontières à cause de catastrophes naturelles et climatiques.

Organiser au mieux l’accueil des migrants passe aussi – voir surtout, actuellement – par des initiatives citoyennes à un niveau local. A Bruxelles, une vague de solidarité s’est organisée au Parc Maximilien. On parle de 4.000 familles qui accueilleraient des migrants pour la nuit. Ces collectifs de citoyens pallient des manquements politiques. Selon François Gemenne, Oxfam-Magasins du monde, comme d’autres asbl et mouvements de citoyens, a un rôle à jouer pour susciter et encadrer ces initiatives. Néanmoins et une nouvelle fois, il est urgent que les pouvoirs publics se projettent dans le futur, amènent des solutions durables à ce phénomène structurel et soutiennent ces initiatives…

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