Les petits déjeuners Oxfam à la prison de Marche-en-Famenne ou comment une asbl d’éducation permanente participe à humaniser la prison

En octobre 2015, la prison de Marche-en-Famenne organisait un premier petit-déjeuner équitable au sein d’un centre de détention. Depuis, deux années se sont écoulées et ce rendez-vous est devenu un moment incontournable pour l’équipe Oxfam-Magasins du monde de Marche-en-Famenne et les bénévoles détenu.e.s engagé.e.s dans le projet. Cette analyse évalue le rôle qu’Oxfam-Magasins du monde peut et souhaite jouer, en tant qu’asbl d’éducation permanente, dans les établissements pénitentiaires. Elle tente également de déterminer si le projet est transposable ou non à d’autres associations et centres de détention.

En octobre 2015, la prison de Marche-en-Famenne organisait un premier petit-déjeuner équitable au sein d’un centre de détention. Depuis, deux années se sont écoulées et ce rendez-vous est devenu un moment incontournable pour l’équipe Oxfam-Magasins du monde de Marche-en-Famenne et les bénévoles détenu.e.s engagé.e.s dans le projet. Cette analyse évalue le rôle qu’Oxfam-Magasins du monde peut et souhaite jouer, en tant qu’asbl d’éducation permanente, dans les établissements pénitentiaires. Elle tente également de déterminer si le projet est transposable ou non à d’autres associations et centres de détention.

Elle repose sur des entretiens passés avec deux membres de l’équipe de bénévoles de Marche-en-Famenne, Annette Melis et Elisabeth Hanin, l’Attachée-Directrice de la prison de Marche-en-Famenne, Marie Biral, ainsi que sur de courtes discussions partagées avec plusieurs bénévoles prisonnier.e.s lors du dernier événement.

Mise en contexte

En 2014, la centrale d’Oxfam-Magasins du monde a reçu une demande émanant de deux employés du centre de détention de Marche-en-Famenne. Après avoir écouté une émission radiophonique consacrée à Oxfam-Magasins du monde, Marie Biral et Michaël Ismeni ont une idée : organiser un petit-déjeuner équitable sur leur lieu de travail. Les détenu.e.s qui le souhaitent participeraient à la préparation de l’événement en tant que bénévoles.

Cette demande a été transmise à l’équipe Oxfam-Magasins du monde de Marche-en-Famenne qui l’a accueillie positivement. Une petite dizaine de bénévoles ont décidé de s’investir dans ce nouveau projet. Ils ont procédé en deux temps : visite des lieux et organisation d’un atelier de sensibilisation au commerce équitable avec l’aide d’Anabelle Delonnette, coordinatrice-sensibilisatrice de l’asbl, puis la prison a organisé son équipe de bénévoles détenu.e.s et a ouvert les inscriptions aux petits déjeuners.

Aujourd’hui, les bénévoles détenu.e.s sont en capacité d’organiser seul.e.s le petit-déjeuner. Ils sont au nombre de 14 (11 hommes, 3 femmes).1 L’équipe de Marche-en-Famenne reste présente pour partager un moment de convivialité et soutenir si besoin. Suite à une demande des détenu.e.s, elle vend également, depuis la deuxième année, des produits d’épicerie lors des petits déjeuners.

Modalités liées à l’infrastructure pénitentiaire

Dès le début, les employé.e.s de la prison ont défini, en accord avec l’équipe Oxfam-Magasins du monde, deux dates pour chaque petit-déjeuner : le premier a lieu le weekend et est exclusivement réservé aux détenu.e.s et à leurs proches, le second a lieu un jour de semaine et est ouvert aux détenu.e.s et aux personnes dites « extérieur.e.s », en d’autres termes aux employé.e.s, animateur-ices, professeur.e.s du centre de détention ainsi qu’au milieu judiciaire (procureur.e.s, juges, etc.). Comme pour tout petit-déjeuner, une participation financière est demandée. Le centre de détention peut offrir une aide (qui équivaut à 3 euros, soit la moitié du prix) aux détenu.e.s qui la demandent, après une vérification de l’état de leur compte en banque. Selon Annette Melis et Elisabeth Hanin, les bénévoles Oxfam-Magasins du monde interrogées, les deux petits déjeuners se déroulent dans des atmosphères fort différentes, même si très conviviales toutes les deux. « D’un côté, il s’agit de retrouver leurs proches et l’émotion est dominante. De l’autre, ce sont les relations qu’ils et elles entretiennent avec les employé.e.s de la prison, les membres des associations et entre détenu.e.s. Il s’agit davantage d’un moment de détente. »

Pour des raisons administratives d’accès à l’établissement, le petit-déjeuner se fait sur invitation et les participant.e.s doivent obligatoirement s’y inscrire. L’événement a lieu dans la salle de visite du centre de détention. En raison d’un manque d’espace, il se décline en deux services, le premier à 8 heures, le second à 10 heures. Ce local convient à l’équipe de Marche-en-Famenne. « Il y a de grande fenêtres. Il y fait donc clair. Le bâtiment est neuf. On peut mettre toutes les affiches que l’on souhaite. Un coin est réservé aux enfants pour jouer. », explique Annette Melis, bénévole de l’équipe de Marche-en-Famenne.

En 2017, 124 personnes ont participé au petit-déjeuner à la prison. Les deux années précédentes, on en comptait près de 80.

Leçons tirées de l’expérience

Oxfam-Magasins du monde constate que le projet a apporté des résultats positifs concrets. D’une part, des liens humains forts ont été noués entre l’équipe Oxfam-Magasins du monde et les bénévoles détenu.e.s. D’autre part, le projet a impulsé une mise en action. Après le premier petit-déjeuner, les bénévoles détenu.e.s ont décidé de créer un « groupe humanitaire » autogéré et font aujourd’hui eux-mêmes appel à Oxfam-Magasins du monde ainsi qu’à d’autres organisations pour mettre sur pied de nouvelles initiatives. Concernant ces dernières, il s’est révélé difficile pour l’équipe de bénévoles Oxfam-Magasins du monde d’y répondre pleinement.

La création de liens humains

Le petit-déjeuner équitable est une rare occasion pour les détenu.e.s de partager un repas. En Belgique, aucun établissement pénitentiaire ne dispose actuellement d’un réfectoire commun. Par conséquent, les personnes incarcérées déjeunent, dînent et soupent dans leur cellule. A Marche-en-Famenne, lors des « facilités de mouvement » dans les ailes qui disposent d’une cuisine, les détenu.e.s peuvent manger par petits groupes des denrées achetées via un système de cantine.

Le petit-déjeuner réservé aux proches des détenu.e.s est également une occasion particulière pour les proches des personnes incarcérées de prendre un repas au sein de la prison. Ce moment devient, dès lors, un rendez-vous important pour un certain nombre de participant.e.s. « Une détenue m’a dit que cela faisait un an et demi qu’elle n’avait plus pris un petit-déjeuner avec ses enfants. Pour elle, c’était magnifique. Son mari, ses parents étaient là. Ce sont des moments précieux. Il y a un détenu qui attendait sa fiancée. Il était là à tourner en rond. Puis, elle a téléphoné pour prévenir qu’elle arriverait en retard. Elle venait de Bruxelles. Elle n’avait pas pris le bon train. Il était dépité. Puis, finalement, elle est quand même arrivée. Nous étions tous heureux de ce dénouement. Il y a des familles qui viennent de loin pour ce petit-déjeuner. Je pense encore à une maman toute émue, assez âgée, venue avec sa fille. Elle n’avait plus vu son fils depuis longtemps. », raconte Annette Melis.

La mise en place de ce projet a permis à l’équipe Oxfam-Magasins du monde et aux bénévoles prisonnier.e.s de Marche-en-Famenne de tisser des relations humaines fortes. Les bénévoles détenu.e.s ont très vite acquis les compétences nécessaires pour organiser un petit-déjeuner équitable seul.e.s. Néanmoins, la présence du groupe local reste indispensable aussi bien pour les uns que pour les autres : tou.te.s disent faire partie d’une seule et même équipe.

La direction du centre de détention n’a pas jugé utile de former les bénévoles Oxfam-Magasins du monde au préalable. « Pour un événement ponctuel de ce type, cela n’est pas nécessaire. Il est préférable de laisser place à la spontanéité. Les bénévoles Oxfam se sont formé.e.s eux-mêmes. Les détenu.e.s se réjouissent de les voir. Ils surnomment même Annette {membre de l’équipe Oxfam-Magasins du monde} « mèmère ». », note Marie Biral, Attachée-Directrice de l’établissement.

La prison est une institution qui renvoie à un imaginaire collectif. Dans ce cas, être au contact des personnes incarcérées a permis aux bénévoles Oxfam-Magasins du monde de se débarrasser rapidement d’un certain nombre de stéréotypes. Annette Melis et Elisabeth Hanin racontent avoir été « sciées » dès la première rencontre, lors de l’animation de sensibilisation au commerce équitable. « Il y en avait plusieurs qui en savaient beaucoup plus que nous sur les différents modèles de commerce, sur le bio/le non bio. On s’est rendu compte qu’ils et elles lisaient et s’informaient beaucoup. Et c’est le cas de toutes les personnes de l’équipe qui sont venues sur place. Nous avons tous ouvert des grands yeux. Parce que c’est beaucoup plus un monde « normal », des gens « normaux » avec leurs particularités, leurs préoccupations et leurs centres d’intérêt. A aucun moment, nous ne nous sommes senti.e.s en insécurité. »

L’équipe Oxfam-Magasins du monde a également appris quelques règles de base de la part des bénévoles de la prison. Dans le milieu carcéral, on ne parle ni de « détenu », ni de « prisonnier », tous sont des « citoyens ». L’équipe Oxfam-Magasins du monde s’est d’ailleurs directement engagée dans un positionnement d’« égal à égal » vis-à-vis des bénévoles de la prison. Un exemple parmi d’autres de ce positionnement commun : ils et elles ne questionnent jamais les personnes incarcérées sur les raisons de leur incarcération. Lors des entretiens menés dans le cadre de cette analyse, ce code a été rappelé à plusieurs reprises. Deux bénévoles détenus ainsi que Marie Biral et Anette Melis ont tou.te.s insisté : « Il n’y a pas des prisonnier.e.s et des non-prisonnie.e.rs. Il y a une équipe de bénévoles. Point à la ligne. » A noter que, durant les petits déjeuners, il n’est d’ailleurs pas possible, pour des personnes extérieures, de distinguer les bénévoles Oxfam-Magasins du monde et les bénévoles de la prison.

Lors des petits déjeuners, on oublie les étiquettes, tout le monde est bénévole

Marie Biral, Directrice en charge des formations à la prison de Marche-en-Famenne

De la reconnaissance du savoir-faire à l’émancipation

Dès l’ouverture de l’établissement pénitentiaire, fin de l’année 2013, le personnel de la prison a voulu mettre en place des synergies entre les différents ateliers proposés aux détenu.e.s. Ainsi, les participant.e.s de l’atelier « jardinage » offrent une partie de leur récolte aux participant.e.s de l’atelier « cuisine » qui, en retour, les invitent à un repas. Ou encore, les étudiant.e.s de la formation « lutherie » créent des guitares qui sont destinées au groupe « musique ».  Lors des petits déjeuners Oxfam-Magasins du monde, les tables arborent des montages floraux, du miel des ruches et, certaines années, de la confiture confectionnée avec les fruits du potager. Toutes ces réalisations mettent en valeur les compétences acquises lors des ateliers. Lors des petits déjeuners, les bénévoles détenu.e.s prennent leur rôle très à cœur. Ils et elles accueillent et servent les participant.e.s, présentent et mettent en valeur les produits, accompagnent certain.e.s à leur table.

Après le premier petit-déjeuner, « les détenu.e.s étaient très enthousiastes. Ils et elles se sont senti.e.s utiles et valorisé.e.s. Ils et elles avaient l’impression d’avoir fait une bonne action. », explique Marie Biral.

Suite à cette expérience, ils et elles ont décidé de constituer un « groupe humanitaire ». Ce groupe, composé de 14 détenu.e.s, fonctionne en autogestion et se rassemble à raison d’une fois par semaine.

Les ruches sont à l’intérieur des murs de la prison, les abeilles sortent et vont butiner des fleurs à l’extérieur et ramènent le nectar à l’intérieur. Les prisonnier.e.s font avec cela du miel. Le miel repart à l’extérieur. Le principe est vraiment d’ouvrir les murs et de faire des liens entre l’intérieur et l’extérieur de la prison.

Annette Melis

Via ce collectif, les bénévoles de la prison organisent des ventes pour le Télévie et pour l’opération Chococlef menée par la Ligue Belge de la Sclérose en Plaques. Le groupe humanitaire a lancé un vestiaire social pour les prisonnier.e.s dits « indigents » dans lequel Les Petits Riens, entre autres, sont impliqués. Il récolte des bouchons de Liège pour l’asbl Bouchons d’amour.  Enfin, les bénévoles de la prison confectionnent puis vendent des cartes de vœux à destination d’une cagnotte pour des « causes humanitaires ». Plusieurs d’entre eux ont confié à quel point ce type d’activités leur plaisait et leur permettait de mieux tenir le coup.

Les limites du projet

Le groupe humanitaire a sollicité à plusieurs reprises l’équipe de bénévoles Oxfam-Magasins du monde de Marche-en-Famenne : (a) pour ouvrir une cantine et consommer des produits issus du commerce équitable tout le long de l’année ; (b) pour participer au vestiaire social susmentionné ; (c) pour organiser une nouvelle sensibilisation.

Faute de temps, les membres de l’équipe locale ont seulement pu répondre partiellement à deux de ces demandes. Lors des petits déjeuners, il y a désormais un comptoir de ventes d’épicerie (a), et l’équipe envisage les possibilités de se coordonner avec les magasins du monde de seconde main de Rochefort et de Ciney pour la vente de vêtements dans le vestiaire social (b). Enfin, concernant la troisième demande, un atelier de sensibilisation au commerce équitable reste à programmer. Le poste de coordinateur des activités socio-culturelles (Service d‘Aide aux Détenus) va être supprimé en janvier 2018, une conséquence des restrictions budgétaires imposées par le gouvernement fédéral. L’équipe de Marche-en-Famenne qui collaborait étroitement avec le travailleur en charge de ce poste a pensé que les petits déjeuners n’auraient pas lieu fin de l’année 2017. Elle n’avait donc plus planifié d’organiser une quelconque action au sein de l’établissement pénitentiaire. Le projet se poursuivant finalement, elle projette actuellement de mettre en place une future sensibilisation à destination de tou.te.s les bénévoles détenu.e.s.

Pour des projets futurs…

A première vue, Oxfam-Magasins du monde pensait que le bon fonctionnement du projet était tributaire de trois acteurs : le personnel de la prison, les bénévoles détenu.e.s et l’équipe Oxfam-Magasins du monde. Un rôle avait été sous-estimé : celui joué par le gouvernement fédéral. De nouvelles restrictions budgétaires vont impulser en janvier 2018 la suppression de l’emploi d’un acteur-clef au sein du projet, le coordinateur des activités socio-culturelles. Heureusement, le projet pourra se poursuivre grâce à la détermination de la direction de la prison. Oxfam-Magasins du monde regrette que les moyens financiers continuent d’être le plus souvent affectés au dispositif sécuritaire2 et partage la conviction que ces mesures (qui ont pour résultat moins d’apprentissage collectif et individuel) ne favorisent pas la sécurité des prisons ni la réinsertion des prisonniers.

Marie Biral, Attachée-Directrice du centre de détention de Marche-en-Famenne, pense que le projet mené par Oxfam-Magasins du monde peut facilement être transposable à « toute prison qui dispose de conditions matérielles pour pouvoir le faire, à savoir une grande salle de visite où la sécurité peut être assurée, moyennant l’accord de la direction locale. » Elle cite plusieurs établissements : Andenne, Ittre, Leuze-en-Hainaut, des prisons dont les infrastructures sont récentes. En tant qu’asbl d’éducation permanente, Oxfam-Magasins du monde considère le bénévole comme un citoyen responsable qui s’interroge sur les enjeux sociétaux. Il n’est, dès lors, pas question d’imposer une quelconque manière de faire et d’agir. Il revient aux équipes et aux potentiel.le.s bénévoles détenu.e.s de choisir si ils et elles souhaitent monter une nouvelle action.

Paradoxe entre les thématiques abordées et les conditions de vie des détenu.e.s

Il n’échappera à personne qu’il existe un paradoxe dans le fait de travailler sur les thématiques du commerce équitable et du travail décent avec des bénévoles détenu.e.s qui ne disposent pas d’un contrôle sur leurs achats et leur revenu… voire sont eux-mêmes exploité.e.s ! D’autres organisations qui s’engagent avec des bénévoles et les pensent comme des citoyen.e.s capables d’agir sur les réalités qui les entourent pourraient être confrontées à cette situation.

En 2014, dans l’analyse Le travail en prison : réinsertion ou exploitation ?3, le SAW-B a exploré la question du travail en prison. Plus de 3.000 prisonnier.e.s4 travaillent régulièrement au sein des établissements pénitentiaires, soit près d’un quart de la population carcérale. Ils et elles peuvent espérer un salaire allant de 1,80 à 2,50 euros de l’heure, soit cinq fois moins que le salaire minimum garanti et cela, sans contrat de travail (donc pas de congés payés, pas de droit syndical, pas d’arrêt maladie, pas de couverture en cas d’accident de travail, pas de préavis, ni d’indemnité en cas de licenciement, etc.), sans droit à la sécurité sociale (donc pas de droit de cotiser aux assurances chômage et pension) et avec peu de reconnaissance (pas d’attestation, de diplôme des compétences acquises). « La question de la reconnaissance d’un droit du travail pénitentiaire semble être, par ailleurs, la dernière préoccupation du gouvernement qui, dans une récente modification de la loi pénitentiaire, a au contraire bétonné l’absence de droit du travail pour les détenus, en précisant que ceux-ci ne pouvaient pas bénéficier d’un contrat de travail (et par conséquent du droit du travail qui les protège). » souligne le SAW-B.

Publié en 2016, un Rapport de la Ligue des droits de l’homme5 considère quant à lui que le droit belge « n’est pas conforme aux droits européen et international en la matière, et ce à tous les niveaux envisagés : manque de travail et opacité quant aux règles d’accès, quasi-inexistence de rémunération, non-respect des droits fondamentaux du travail et de la sécurité sociale, non-respect des normes basiques de sécurité et d’hygiène ». La Ligue des droits de l’homme recommande de mettre en place urgemment un système de protection sociale des détenu.e.s et de leurs familles dans une perspective de justice sociale et de réinsertion post-incarcération.

Il serait intéressant de créer un outil de plaidoyer destiné aux détenu.e.s, de questionner et de débattre leurs conditions de travail : sécurité sur le lieu de travail, absence d’accès à la sécurité sociale, salaire, etc. Oxfam-Magasins du monde soutient les associations qui s’emparent de cette question, telles que la Ligue des droits de l’homme et l’Observatoire International des prisons, et répondra présente si une interpellation des pouvoirs publics était décidée en commun.

Bénéfices d’une telle action

En conclusion, les petits déjeuners Oxfam-Magasins du monde ont permis :

  • d’humaniser la prison (Construire un projet en équipe, s’organiser, se concerter, débattre et s’engager facilitent le vivre-ensemble et la création de liens entre les détenu.es. Ces dernier.e.s ont également tissé des relations humaines fortes avec l’équipe locale Oxfam-Magasins du monde dont les stéréotypes ont été rapidement évacués.);
  • d’ouvrir la prison au monde extérieur (Via la reconnaissance des produits réalisés par les bénévoles détenu.e.s – montages floraux, potager, miel -, via la mise en action du « groupe humanitaire ». Les bénévoles détenu.e.s ont une place à jouer dans les associations. Ils et elles sont important.e.s pour les organisations, comme Oxfam-Magasins du monde, qui construisent des projets avec elles et eux.) ;
  • de sensibiliser les détenu.e.s, à l’image de n’importe quel citoyen, aux enjeux du commerce équitable.

Oxfam-Magasins du monde partage la conviction qu’humaniser les établissements pénitentiaires et ouvrir ces établissements au monde extérieur est utile à la réinsertion des personnes incarcérées dans la société.

Hélène Brédart

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  1. A noter que la prison de Marche-en-Famenne a une capacité de 310 détenu.e.s, parmi lesquel.le.s 11 femmes.
  2. Pour plus d’informations, consulter le Rapport 2014-2016 de l’Observatoire International des Prisons (OIP)
  3. Huens V., Le travail en prison : réinsertion ou exploitation ?, Ligue des droits de l’homme, 2014.
  4. Cette donnée date de 2014. Malgré nos recherches, nous n’avons pas trouvé de données plus récentes.
  5. Amblard B., Bouhon M., Lambert M., Scalia D., Rapport sur le travail en prison en Belgique, Analyse juridique et pratique au travers du regard des détenus, Ligue des droits de l’homme, 2017.
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