Comprendre et composer (avec) l’anthropocène

Si les archéologues de demain venaient à fouiller dans les strates de la Terre pour enquêter sur notre civilisation, ils y trouveraient une quantité sans précédent d’os de poulets de batterie, de plastique et autres technofossiles issus de l’industrie pétrolière. Ces traces sont les indices d’une période géologique marquée par l’influence des sociétés humaines : l’anthropocène. Que traduit ce terme, concrètement, et comment l’aborder sans se sentir paralysés? Cette analyse éclaire la question en dressant des constats irréversibles et en confrontant différents points de vue de la communauté scientifique et intellectuelle, afin de mieux mesurer la marge d’action qu’il nous reste encore pour construire un monde habitable, tout en prenant notre part de responsabilité dans le drame écologique qui est en cours.

Les chiffres de l’anthropocène : une spirale vers l’extinction

Les chiffres permettent souvent d’illustrer ce qu’il est difficile de se représenter. Une étude publiée en mai 2018 par trois chercheurs du Weizmann Institute of Science et du California Institute of Technology a révélé pour la première fois les chiffres de l’anthropocène1. Ils ont estimé la composition de la vie sur Terre à partir du calcul de la biomasse (ou masse totale du vivant), qui se mesure en prenant en compte uniquement la masse de carbone2. On apprend ainsi qu’en 2018 la biomasse était égale à 550 milliards de tonnes de carbone. Pris dans sa globalité, ce chiffre semble abstrait. Décortiqué, il devient effarant. On découvre en effet que l’espèce humaine (plus de 7,6 milliards d’individus en janvier 2019)3, ne représente que 0,01% de la biomasse totale, loin derrière les végétaux (82%, comptant 450 milliards de tonnes de carbone), et les bactéries (13%).

Si l’on prend en compte uniquement les vertébrés, l’espèce humaine n’en représente que 36%. Les 64% des vertébrés restants sont représentés par les animaux d’élevage (60%), et en infime proportion par les animaux sauvages (4%). Plus de la moitié de la masse des vertébrés est donc destinée aux activités de consommation humaine. A titre d’exemple, on compte quelques 23 milliards de poulets sur la surface de la Terre, au point que « la masse de chair, de pattes, de becs et de plumes que représentent ces volatiles est supérieure à la masse combinée de tous les autres oiseaux de la planète, qu’ils soient sauvages ou domestiqués », indiquait le quotidien Le Monde4. Force est de constater la responsabilité humaine dans l’évolution et la distribution de la biomasse de vertébrés sur. Toujours selon l’étude, les activités humaines auraient causé la perte de 83% des mammifères sauvages depuis 50 000 ans, et près de la moitié des végétaux et des poissons5.

Si les chercheurs signalent des possibles marges d’erreur quant au calcul de la masse de carbone de certaines espèces (notamment les animaux ou les virus), leur travail reste le plus précis à ce jour pour permettre de mieux comprendre la composition de la biosphère, et l’influence d’une espèce minoritaire, la nôtre, sur le reste du vivant.

Elle met en lumière les effets de l’anthropisation, c’est-à-dire le processus par lequel les populations humaines, par la construction de leur habitat, modifient ou transforment la biogéochimie planétaire. Toutes les espèces le font à leur manière et à différentes échelles. Seulement, le processus d’installation des habitats humains est devenu mortifère pour l’ensemble du vivant, et c’est là tout le nœud du problème. En effet, il s’est intensifié et artificialisé par la maitrise chaque fois plus grande d’artéfacts. Cela a engendré la surexploitation des milieux de vie marins, aériens et terrestres et l’extinction massive d’espèces animales et végétales. Sans grande surprise, ces processus provoquent à leur tour des pertes de fonctionnalités au sein de communautés biologiques auxquelles, paradoxalement, l’être humain est lié pour vivre. La perte de services comme la pollinisation des abeilles qui assure la reproduction des espèces végétales ; l’appauvrissement de la fertilité des sols par la généralisation des modes de cultures intensifs et la pollution concomitante des eaux, ne sont que quelques exemples parmi tant d’autres qui, ensemble, participent à la perte sans précédent de biodiversité, provoquant des risques et des dégâts sur les habitats humains, sur la santé, etc., que l’on ne parvient pas encore à mesurer.

Autrement dit, l’anthropisation produit des habitats qui, pour leur maintenance, détruisent systématiquement les habitats d’autres espèces, alors que nous sommes liés et interdépendants biologiquement pour vivre. Si la Terre n’est plus habitable pour les végétaux ni les animaux, elle ne peut l’être pour les humains. Ce scénario n’est donc plus tenable, et nous en prenons à peine conscience.

Bienvenue dans « l’âge de l’Homme »

Au regard des chiffres présentés plus haut, il semblerait donc bien que l’on soit entrés dans un nouvel âge planétaire, une nouvelle ère, celle de l’anthropocène, où il est reconnu que les effets des actions humaines ont atteint l’échelle et l’ampleur d’une force géologique à part entière, capable de modifier radicalement l’évolution biogéochimique planétaire, comme la tectonique des plaques par exemple. « Tout indique que nous sommes au bord d’une rupture majeure du système de fonctionnement de la Terre dont les conséquences peuvent être envisagées à grands traits au niveau global sans que l’on sache encore très bien comment elles vont se traduire localement dans l’inévitable bouleversement des modes d’existence qu’elles vont engendrer » observe l’anthropologue Philippe Descola, élève de Claude Lévi-Strauss, dans son article Humains, trop humains de 2015 6.

Le terme « anthropocène » a été proposé à la communauté scientifique à l’entrée du nouveau millénaire par Paul Crutzen, prix Nobel de chimie en 1995, pour indiquer le moment où l’impact des sociétés humaines est devenu global et planétaire, non plus local et régional7. Ce terme (du grec « homme » et « récent »), inventé et utilisé pour la première fois par le biologiste Eugene Stoermer dans les années 1980, est loin de faire le consensus. Un des points de cristallisation du débat scientifique concerne la date de notre passage à cette nouvelle ère. En effet, lorsque Paul Krustzen a suggéré l’emploi de ce terme, il situait le début de cette nouvelle ère à l’invention du moteur à vapeur par l’ingénieur anglais James Watt, dans les années 1780, partant du principe que les changements climatiques étaient provoqués par les énergies fossiles. Cette référence historique était davantage symbolique car elle marquait le passage de nos sociétés organiques à un mode de vie où les humains, pour construire leur habitat, puisaient dans un stock d’énergies fossiles produit par des milliers d’années. Krustzen a ensuite resitué l’anthropocène vers le milieu du 19e siècle, période où ont commencé à se faire ressentir les impacts de ce mode de société à l’échelle globale8.

Pour les géologues, il faut un « golden pike » (qui se traduit par « clou d’or »), c’est à dire un point stratotypique9 pour marquer l’entrée dans une nouvelle ère géologique. Autrement dit, il faut qu’apparaisse dans les couches de la Terre un marqueur géologique synchronique, qui apparaît en tout point de la planète. Il doit également être rémanent et persistant. Les années 1950 correspondent à ce « clou d’or ». L’après seconde-guerre mondiale correspond en effet à une période de grande accélération et à une forme de mondialisation de ces impacts. Les marqueurs géologiques pour déterminer cette période seraient les traces de radioactivité que l’on retrouve dans les couches de la Terre (le premier essai de l’arme nucléaire, au nom de code Trinity, ayant été déclenché en juillet 1935), le plutonium que l’on voit également apparaître en 1945, puis les technofossiles10 dans les années 1950 comme l’aluminium, le plastique, les pesticides, le ciment … tous dérivés du pétrole.

Ainsi, l’identification d’un « clou d’or » autour des années 1950 amène un certain consensus quant à la périodisation de l’anthropocène. Cette période, qui est celle de l’après-seconde guerre mondiale, est le témoin d’une guerre froide entre deux blocs engagés dans une course au développement et au progrès au nom de la Modernité, dans une ouverture sans précédent des marchés. Dans ce contexte, elle est aussi le témoin de l’apparition des premiers programmes officiels dits de coopération avec les pays considérés sous-développés, comme stratégie pour gagner des territoires d’influence en temps de guerre froide. Ces programmes ont aussi, inévitablement, participé à ce tournant, à l’instar de la Révolution Verte11 déployée par les Etats Unis sous couvert « d’aide » au « développement » d’un « Tiers Monde ».

Pluraliser l’anthropocène

Le concept d’anthropocène présente plusieurs limites à ne pas négliger. Tout d’abord, il a le défaut d’universaliser les impacts d’actions humaines. Selon l’anthropologue Alf Hornborg, cette notion aide à faire une distinction entre ce qui relève du biologique et de la construction sociale, mais tend à prendre l’humanité comme une totalité, ce qui ne permet pas de nuancer les différents aspects de la responsabilité humaine, notamment celle qui revient aux pays du Nord et du Sud, aux riches et aux pauvres12. En effet, l’usage planétaire de la notion d’anthropocène masque les rapports de domination et les inégalités entre les peuples. Or, si les êtres humains habitent la même planète, ils ne partagent pas pour autant le sentiment d’un destin commun. « On ne peut pas mettre sur le même plan la responsabilité écologique d’un enfant de Brooklyn et du PDG d’Exxon », rappelle l’historienne de l’environnement Valérie Chansigaud en citant l’historien Murray Bookchin, fondateur de l’écologie social et un des pionniers du mouvement écologiste dans les années 198013. Ce n’est donc pas de la responsabilité d’une « espèce humaine » dont il s’agit dans la crise écologique actuelle, mais d’une responsabilité différenciée entre les différentes communautés humaines, en fonction de leurs actions contextualisées spatialement et historiquement.

En conséquence, répondre du drame écologique en cours doit se faire en prenant en considération les structures et rapports de pouvoir et de domination (de race, de genre, de classes sociales, notamment), aux échelles locales, régionales, globales. L’écoféminisme est inspirant à cet égard14. Cela doit se faire en prenant en considération également le répertoire linguistique et politique des peuples dominés : comment se traduit « changement climatique » dans leurs langues ? Où se situe-t-il, dans leur agenda politique ? L’anthropocène – comme l’effondrement, la collapsologie, ou encore la modernité et le développement -, n’est-il pas le langage des élites intellectuelles et politiques occidentales et des institutions internationales ? Une lecture décoloniale et féministe des responsabilités écologiques, environnementales et climatiques s’impose15.

De plus, le concept d’anthropocène a le défaut de placer – à nouveau – l’humain au centre de l’histoire environnementale et climatique, comme l’indique son préfixe « anthropo- ». En effet, en racontant l’entrée des vivants dans un « âge de l’Homme », l’anthropocène alimente l’hypothèse d’un triomphe des humains sur la nature, au point d ́influencer la formation d’une nouvelle ère géologique. Ce faisant, il donne le sentiment de surestimer le pouvoir humain sur un monde physique jugé passif, considéré comme un décor dans le théâtre des scènes humaines. En conséquence, faire usage du terme anthropocène risque de moraliser l’histoire en prolongeant la rupture entre humains et non-humains, craint la philosophe belge Isabelle Stengers. Or, la capacité d’action (agentivité) sur la composition et l’évolution de la Terre n’est pas uniquement réservée aux humains. En effet les non humains, qu’il s’agisse des végétaux et des animaux, ou encore des microbes et bactéries par exemple, écrivent aussi l’histoire de notre planète commune. C’est ce que défendent des scientifiques et philosophes des sciences comme Bruno Latour, Isabelle Stengers, Donna Haraway ou encore Vinciane Despret, parmi d’autres. La pensée de ces chercheuses et chercheurs marque un tournant dans l’étude des sciences en proposant de nouvelles façons de penser les collectifs vivants par l’étude des agencements qui distribuent les pouvoirs entre humains et non-humains. 16 17 Dans cette perspective, la reconnaissance d’une personnalité juridique aux non-humains, voire aux non-vivants – comme c’est le cas par exemple pour le fleuve Whanganui reconnu entité vivante par le Parlement néo-zélandais en 2017 -, est une piste qui amène à une toute autre lecture de l’histoire et de la géopolitique environnementale. Leurs droits et intérêts peuvent être défendus devant la justice comme ceux de toute autre personne.

Enfin, le discours sur l’anthropocène, au même titre que celui qui s’est développé sur l’effondrement et la collapsologie, s’est construit sur une narrative alarmiste qui moralise la responsabilité humaine dans la crise écologique actuelle, engendrant le risque de paralyser la prise de conscience et la volonté d’agir des peuples. Cela peut être contre-productif à un moment où nous avons plus que jamais besoin de relancer notre imagination et notre pouvoir d’agir, pour faire de la Terre un lieu encore habitable pour les générations présentes et à venir, en co-habitation et en coopération avec les autres espèces du vivant.

Au regard de ces limites, certains scientifiques, chercheuses et chercheurs choisissent de composer l’anthropocène au pluriel pour resituer les responsabilités environnementales et historiques. Pour Haraway, Stengers, Descola ou encore Hornborg parmi d’autres, si effondrement il y a, il n’est pas le produit de l’espèce humaine mais du capitalisme assorti d’un néolibéralisme sauvage. En ce sens il serait plus juste de parler de « capitalocène » ou de « technocène ». Philippe Descola précise en effet que l’anthropocène est l’effet d’un système, d’une civilisation et d’un mode d’exploitation particuliers – certes humains – qui ont fait de la nature l’objet gratuit d’une exploitation humaine sans limite, transformée en ressource payante18. Le capitalocène permet en ce sens de poser la question des responsabilités écologiques de manière différenciée, notamment en pointant celle de la minorité d’élites – des hommes riches la plupart du temps -, qui gouvernent le monde depuis plusieurs décennies selon un agenda de développement et de progrès centré sur le capital. C’est également le propos de Naomi Klein lorsqu’elle précise, dans une colonne de The Intercept du 03 aout 2018 que « c’est le capital qui a tué notre moment climatique, pas la nature humaine », en réaction à l’article de Nathaniel Rich sorti la même semaine dans le New York Times.19 Elle appuie sa thèse en observant que si la fin des années 1980 était le témoin d’une prise de conscience scientifique et politique sans précédent concernant un réchauffement de la Terre lié aux activités humaines, et d’une volonté de prendre des mesures pour prévenir des risques que cela engendrerait, elle marquait aussi le passage à une ère ultralibérale où le capitalisme s’exercerait sans contrainte. En effet, en 1988, des scientifiques se réunissaient dans le cadre d’une conférence historique à Toronto pour discuter pour la première fois du réchauffement climatique et des efforts à faire en matière de réduction de gaz à effets de serre. La même année a été créé le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC)20. Paradoxalement, c’est aussi en 1988 que les Etats Unis et le Canada ont signé leur accord de libre-échange, « un prototype pour la NAFTA et un grand nombre d’accords qui suivraient », précise l’auteure. L’année 1989 voyait quant à elle le mur de Berlin tomber, comme pour marquer l’entrée dans l’ère d’un capitalisme sauvage, assorti de politiques d’austérité et de dérégulation des marchés21.

Conclusion

Aujourd’hui nous sommes encore officiellement situés dans l’Holocène (du grec « entier » et « récent »), et ce depuis plus de 10 000 ans. C’est à la Commission Internationale de Stratigraphie et à l’Union internationale des sciences géologiques qu’il revient de définir si nous sommes entrés dans une nouvelle ère géologique que nous pouvons appeler « anthropocène », marquée par l’effet sans précédent des actions humaines sur la planète, ou si ce terme est un concept servant à alerter l’humanité sur les conséquences de ses propres modes d’existence sur Terre.

Quoiqu’il en soit, nous sommes devant un phénomène nouveau dont les effets – d’une singularité dévastatrice pour la biodiversité- n’avaient jamais été observés auparavant. Et nous n’en sommes pas encore sortis. Nous avons donc à charge de continuer d’écrire les temps présents sans jouer aux géologues d’un futur virtuel, tout en prenant la mesure du drame écologique constatable chaque jour.

Aussi, en considérant l’utilité de ce concept et ses limites, est-il nécessaire d’élargir les récits de l’anthropocène aux contextes historique, géographique, social et politique où ils prennent place, afin d’assigner les justes responsabilités environnementales et climatiques à qui elles reviennent, tout en mobilisant les capacités des vivants de fabriquer des mondes habitables.

Quelle est la part de responsabilité qui revient aux ONG dans l’anthropocène ? Quelles capacités et outils de réponse22 les ONGs possèdent-elles pour renforcer le pouvoir de penser et d’agir des humains sur les conséquences dévastatrices du capitalisme (dans ses ruines, nous suggère l’auteure Lowenhaupt Anna Tsing dans son ouvrage « Le champignon de la fin du monde » paru en 2017), là où les mécanismes politiques traditionnels – délégués aux marchés – ne semblent avoir plus aucune emprise. Voilà des questions que les organisations comme Oxfam, issues du développement et héritières de son histoire, doivent se poser, au-delà des discours bienpensants. S’il y a une responsabilité des humains, c’est certainement de parler de celles et ceux qui posent la question écologique, comme les acteurs du mouvement de la Transition, mais aussi les gilets jaunes, les réfugiés, etc. ; c’est de s’intéresser aux histoires de collaborations parfois inattendues entre espèces, pour assurer le maintien de la vie dans toute sa diversité 23 ; c’est, finalement, de prêter attention aux histoires négligées par le progrès « non pas pour nous sauver, mais pour relancer notre imagination », nous dit Isabelle Stengers24. L’imagination reste en effet notre plus belle arme pour construire de l’espoir là où toutes nos certitudes ont été ébranlées.

Estelle Vanwambeke

Montrer 24 notes
  1. Lire l’article résumé de l’étude: https://www.pnas.org/content/pnas/115/25/6506.full.pdf
  2. Le carbone est l’élément le plus abondant dans la chimie de la vie sur Terre, et permet d’exclure la masse d’eau, qui peut varier fortement d’un individu à l’autre.
  3. Un chiffre en croissance constante et stable selon les derniers calculs, voir: http://economiedurable.over-blog.com/2018/12/la-population-mondiale-au-1er-janvier-2019.html
  4. Lire l’article: https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2018/12/13/bienvenue-dans-l-ere-geologique-du-poulet-en-batterie_5396973_4832693.html
  5. Dans La Série Documentaire de France Culture intitulée « Bienvenue dans l’anthropocène, épisode 1 : où le vivant s’effondre », Vincent Devictor, écologue à l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier, nous apprend que depuis 1987 les captures mondiales de poisson diminuent de 400 000 tonnes par an par manque de poissons, alors que les efforts de pêche (en grande partie subventionnée) ne font que croître, paradoxalement. Par ailleurs, le poids moyen d’un poisson est passé de de 800 à 175 grammes, les poissons n’ayant pas le temps de devenir adultes avant d’être pêchés. Pour écouter l’émission complète: https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/bienvenue-dans-lanthropocene-14-le-vivant-seffondre
  6. Consulter l’article: https://esprit.presse.fr/article/philippe-descola/philippe-descola-humain-trop-humain-38537
  7. Paul Crutzen, Eugene Stoermer, « The Anthropocene », Global Change Newsletter,  41, 2000, p. 17-18
  8. Cette période correspond par ailleurs à la période où l’économiste anglais W. Stanley Jevons publie The Coal question, où le physicien prussien Rudolf Clausius, interprète le principe de Carnot (ou deuxième principe de la thermodynamique), et où, en 1867, Karl Marx publie Le Capital, nous rappelle Jacques Grinevald, historien et philosophe spécialiste de l’écologie globale. Pour approfondir cette question, lire: https://www.cairn.info/revue-ecologie-et-politique1-2007-1-page-141.htm
  9. Le stratotype est un affleurement local servant de référence pour définir un étage géologique de l’échelle stratigraphique
  10. Les technofossiles sont les restes des objets technologiques selon le Lexique de l’anthropocène dressé par l’Unesco, consultable en ligne: https://fr.unesco.org/courier/2018-2/lexique-anthropocene
  11. La Révolution verte est une politique imaginée et mise en place par l’agronome nord-américain Norman Borlaug à partir des années 1960. Elle consistait à transformer les modes d’agriculture des pays considérés comme pauvres et sous-développés, en les orientant vers l’intensification et l’utilisation de variétés de céréales à hauts potentiels de rendements. La Révolution Verte a été un outil parmi d’autres pour “reproduire dans le monde entier les traits caractéristiques des sociétés avancées de l’époque: hauts niveaux d’industrialisation et d’urbanisation, technification de l’agriculture, croissance rapide de la production matérielle et des niveaux de vie, et adoption généralisée de l’éducation et des valeurs culturelles modernes”, souligne l’anthropologue Arturo Escobar dans son ouvrage La invención del Tercer Mundo. Construcción y deconstrucción del desarrollo (2007, p.20). Ed. Fundación Editorial el perro y la rana, Caracas.
  12. Extrait du Grand Entretien du 15 décembre 2013 avec Alf Hornborg disponible dans le Portail des Humanités Environnementales : http://humanitesenvironnementales.fr/fr/les-ressources/les-grands-entretiens/sous-titres
  13. Citation reprise de l’interview radio : « Pourquoi le mouvement écologique peine-t-il autant à exister en France ? » par Mariel Bluteau publiée le 11 janvier 2019 sur France Inter.
  14. L’écoféminisme pose la question du rapport entre femmes, nature et culture de manière bien plus complexe. Il donne à voir le parallèle qui existe entre la position sociale occupée par les femmes (le « care », prendre soin, faire vivre et grandir) et la position attribuée à la nature (qui abrite les humains, leur fournit les ressources nécessaires à leur vie). Dans le système capitaliste et patriarcal, les femmes sont dominées car naturalisées, et la nature est exploitée car féminisée. Ni l’une, ni l’autre ne sort de ce cercle d’oppression. Elles sont donc liées par un même système de domination, et toutes deux sont utilisées comme des ressources gratuites qui huilent les rouages du système capitaliste et de l’économie néolibérale. Pour approfondir ce sujet, lire l’article de l’auteure de décembre 2018, « Ce que l’éco-féminisme nous dit sur la crise écologique » : https://www.oxfammagasinsdumonde.be/blog/2018/12/31/ce-que-leco-feminisme-nous-dit-sur-la-crise-ecologique/
  15. L’article de l’artiste et militant Seumboy Vrainom “Pour une écologie décoloniale”, est éclairant à ce titre. Lire: https://extinctionrebellion.fr/blog/2019/07/17/pour-une-ecologie-decoloniale.html. En matière de
  16. Voir dans son intégralité le Grand Entretien du 15 décembre 2013 avec Isabelle Stengers sur le Portail des Humanités Environnementales : http://humanitesenvironnementales.fr/fr/les-ressources/les-grands-entretiens?page=2
  17. Pour la féministe Donna Haraway, auteure du Manifeste cyborg et du Manifeste des espèces compagnes, entre autres nombreux ouvrages, le discours sur l’anthropocène présente le défaut de mettre une fois de plus en avant une perspective masculine et patriarcale de l’histoire environnementale, qui exclue toute agentivité des femmes et des non-humains. Elle propose donc le terme de « Chtulucene » plutôt que d’anthropocène, inspiré du nom d’une espèce d’araignées endémique de Californie : « cthulhu ». Ce faisant, elle dépasse la critique de l’anthropocène et imagine une nouvelle narrative pour raconter l’ère dans laquelle nous vivons encore, et qu’il nous reste à écrire, en mettant en avant une approche inter-spéciste. Pour aller plus loin, lire son ouvrage de 2016 “Staying With the Trouble: Making Kin in the Chthulucene”.
  18. Ecouter l’interview avec Philippe Descola dans La Série Documentaire de France Culture intitulée « Bienvenue dans l’anthropocène, épisode 1 : où le vivant s’effondre » : https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/bienvenue-dans-lanthropocene-14-le-vivant-seffondre
  19. Nathaniel Rich est un romancier et essayiste nord-américain. Il est l’auteur de “Losing Earth: A Recent History”. Pour lire l’article complet de Naomi Klein: https://theintercept.com/2018/08/03/climate-change-new-york-times-magazine/?fbclid=IwAR3PJ2Ph7EAhfMGDINO3Z_RxtoshjpC_E4c_fV1-4cWW7G5kxMCLzFv3iJA
  20. Voir: https://www.un.org/fr/sections/issues-depth/climate-change/index.html
  21. Lire l’article dans son intégralité : https://theintercept.com/2018/08/03/climate-change-new-york-times-magazine/?fbclid=IwAR3PJ2Ph7EAhfMGDINO3Z_RxtoshjpC_E4c_fV1-4cWW7G5kxMCLzFv3iJA
  22. Dans son « Manifeste des espèces compagnes », la féministe Donna Haraway invite à comprendre la responsabilité comme la capacité de réponse (de l’anglais « response-ability ») dans notre manière de faire monde, en collaboration avec les autres espèces. (Dernière parution traduite en français en 2019 aux éditions Climats)
  23. Lire à ce propos l’ouvrage « Ré-ensauvageons la France » (éd. Actes Sud, 2018), du naturaliste Gilbert Cochet et de l’ornithologue Stéphane Durand.
  24. Extrait du Grand Entretien du 15 décembre 2013 avec Isabelle Stengers sur le Portail des Humanités Environnementales : http://humanitesenvironnementales.fr/fr/les-ressources/les-grands-entretiens?page=2

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