COVID-19 et cyclone Amphan : nos partenaires fournisseurs en Inde et au Bangladesh doublement impactés

Mi-juin, le déconfinement est en cours dans certains pays, comme au Vietnam et en Indonésie, tandis que dans d’autres, le confinement total ou partiel reste la règle (Inde, Kenya, Pérou). Les mesures de quarantaines ont même été renforcées au Chili en raison d’une recrudescence des contaminations.

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Trois mois se sont écoulés depuis le début du confinement, en Belgique comme dans un grand nombre de pays du monde : trois mois pendant lesquels nos organisations partenaires de commerce équitable en Asie, en Amérique latine et en Afrique ont dû faire face à la diminution soudaine et souvent drastique de leur activité, synonyme de perte de revenus pour les artisan∙e∙s. Du jour au lendemain, la fermeture des marchés, des commerces non essentiels, et des frontières a bouleversé leur quotidien et aggravé la précarité des populations déjà vulnérables.

En dépit des difficultés, dans la mesure de leurs possibilités, nos organisations partenaires ont tenté d’atténuer les impacts immédiats de la crise :  en maintenant les salaires de leurs employé∙e∙s, qu’ils travaillent ou non ; en payant des avances en liquide aux artisan∙e∙s pour leur permettre d’acheter de la nourriture ; en organisant des actions de solidarité dans leurs communautés. Mais la durée du confinement associée à l’absence d’appui institutionnel suffisant et à l’incertitude sur les mois à venir rendent la situation de plus en plus insoutenable.

Cyclone Amphan : la double peine pour l’Inde et le Bangladesh

Le 20 mai, le cyclone Amphan a frappé le Nord-Est de l’Inde et le Sud du Bangladesh. Il s’agirait du plus puissant cyclone à s’être formé dans le golfe du Bengale depuis 1999. Les vents violents et les fortes pluies ont provoqué d’importantes inondations au Bangladesh et dans les états du Bengale Occidental et de l’Odisha et détruit plus de 1,5 millions d’habitations, des cultures, et de nombreuses installations électriques. Les chiffres officiels font état d’une centaines décès, un chiffre rendu possible par l’évacuation à grande échelle organisée avant l’arrivée du cyclone1. Mais 13 millions de personnes seraient impactées par le cyclone.

 Pour nos organisations partenaires dans ces régions, c’est un nouveau coup dur après plus de 2 mois de confinement dû au coronavirus. Voici des nouvelles de cinq d’entre elles.

SASHA, Inde 

Sujata Goswami, la directrice exécutive de Sarba Shanti Ayog témoigne : « ce cyclone constitue un nouveau fardeau et des défis supplémentaires pour nos artisan∙e-s et producteurs/trices vivant dans les régions touchées par le cyclone. Les dégâts des eaux sont importants et il y a eu des coupures d’électricité. A l’exception de 5 employé∙e∙s dont les toits de maisons ont été endommagés, le personnel de Sasha a été épargné. L’eau a inondé notre magasin mais heureusement le stock n’a pas été abimé.

La situation sur le terrain pour les habitants des villages, les petits producteurs et les agriculteurs reste très sombre. Il a fallu plusieurs jours pour rétablir l’électricité et les connexions téléphoniques. Des pénuries d’eau potable, des arbres déracinés, des dégâts dans les fermes et les étangs de pêche ont été signalés. Certaines des zones les plus proches de la mer sont encore sous l’eau et ne sont pas accessibles en voiture.

Notre équipe a finalement réussi à contacter et communiquer avec nos groupes de producteurs et nos artisans ; nous essayons de nous assurer que les ateliers sont en état de marche pour réaliser les commandes et les envoyer, car cela nous permettra de garder le moral. »

A propos des conséquences de la pandémie du coronavirus, SASHA explique : « les mesures prises pour contenir le COVID-19 affecteront les familles de nombreuses façons, notamment par la diminution de l’emploi, la hausse des prix, le rationnement de la nourriture et d’autres produits de base, et la perturbation des services de soins de santé et de l’éducation. Si les effets seront ressentis par la plupart des ménages presqu’immédiatement, ils seront probablement plus profonds et plus durables chez les pauvres, et plus encore chez les ménages pour lesquels les femmes sont les pourvoyeuses principales de revenus, qui sont plus vulnérables pour plusieurs raisons : pour le lieu où elles vivent, où elles travaillent et leur forte dépendance à l’égard des services publics d’éducation et de santé. »

SASHA va mener plusieurs actions pour soutenir les producteurs/trices qui sont impacté·e·s par le COVID-19 et le cyclone :

  • Aide aux victimes du cyclone pour la réparation des hangars et des maisons des artisans.
  • Soutien aux femmes artisanes et aux artisans les plus vulnérables pour l’achat de produits de première nécessité
  • Production et distribution de masques
  • Vente en ligne de leur gamme d’épices et de produits de soin
  • Développement d’un espace de vente en ligne pour l’ensemble des produits étant donné que de plus en plus de personnes se tiennent à l’écart des magasins : Sasha est en train de créer son propre portail en ligne pour la sélection des produits, afin que la continuation de leur activité ne soit pas sérieusement menacée.

Equitable Marketing Association (EMA), Inde

L’organisation, dont les locaux sont situés au sud de Kolkata dans le Bengale occidental,a été directement et durement affectée par le cyclone. Leur bâtiment est très endommagé, les fenêtres sont cassées et les vitres ont explosé. Leurs réservoirs d’eau ont été détruits. EMA signale une grande perte pour leur organisation, qui vient s’ajouter aux conséquences déjà sévères de la crise du coronavirus. A cause des coupures d’électricité, EMA était dans les premiers jours suivant le cyclone sans nouvelles de ses artisan∙e∙s et travailleurs/euses. Nous attendons des informations plus récentes prochainement.

Craft Resource Center (CRC), Inde

Indro Dasgupta, le directeur, nous raconte : « les bureaux de CRC à Kolkata s’en sortent avec des dégâts relativement mineurs. Mais le cyclonea causé des dommages terribles. Nos artisan·e·s partenaires sont sains et saufs mais peinent à faire face aux pertes matérielles et financières. Nous avons plus que jamais besoin d’être solidaires. Restons unis pour aider les artisans à se remettre sur pied. »

L’équipe a repris le travail le 25 mai à effectifs réduits et dans le respect de règles sanitaires strictes: un tiers de l’équipe est autorisée à travailler en même temps dans les bureaux. Pendant le confinement, la plupart des ateliers de production ont été fermés. CRC a pu distribuer des avances en cash aux artisan∙e∙s pour leur permettre d’acheter de la nourriture. Les s employé∙e∙s ont pu télétravailler et leurs salaires ont été maintenus.

Reprise du travail en effectifs réduits chez CRC à Calcutta

Dhaka Handicrafts (Bangladesh)

Tanu Dey, la directrice, nous écrivait le message suivant le 28 mai: « le cyclone Amphan nous a durement frappés dans le sud du Bangladesh et a détruit de nombreuses maisons, des routes, des ponts : de nombreuses zones sont sous l’eau, des arbres sont tombés, des câbles électriques ont été arrachés, ce qui a empêché les communications pendant un certain temps.

Les autorités locales et le gouvernement ont apporté de l’aide aux populations touchées. Certaines des maisons de nos artisan∙e∙s ont été endommagées par le cyclone, mais iels sont sains et saufs.

Merci de vous soucier de nous et de nos artisans, cela signifie beaucoup pour nous. »

CORR-The Jute Works, Bangladesh

Le cyclone a touché les artisan∙e∙s qui vivent sur la côte. Pas moins de 48 familles ont vu leur maison, leur cuisine, leurs latrines endommagées cause de la tempête du raz-de-marée et de l’effondrement des digues. Leurs terres agricoles sont submergées par des eaux salines.

Le dimanche 31 mai, les mesures de confinement ont été levées au Bangladesh, mais depuis les décès dus au COVID-19 augmentent chaque jour. Les systèmes de santé publique sont en grande partie défaillants.

CORR-The Jute Works (CJW) a envoyé à toutes ses coopératives un livret contenant des conseils de prévention de l’OMS et des clips audiovisuels explicatifs : lavage des mains, port du masque et de gants . Pendant le confinement, l’équipe a pu maintenir un contact régulier avec les artisan∙e∙s via les téléphones portables et les emails. Beaucoup ont travaillé à la maison.

Au cours du dernier mois, les réserves de nourriture des artisan∙e∙s ont diminué et CJW a distribué des rations de nourriture à 41 artisan∙e∙s parmi les plus précaires. CJW a également eu recours à son épargne d’urgence pour soutenir les artisan∙e∙s ; les employé∙e∙s temporaires ont été soutenus financièrement par CJW et les salarié∙e∙s en contrat permanent.

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  1. Rien qu’au Bangladesh, plus de 2,4 millions de personnes ont été évacuées vers des abris anticycloniques. D’où la craint, que les conditions d’exiguïté et de surpeuplement de ces abris temporaires n’accélèrent considérablement la propagation du virus Covid-19.

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