A Nivelles, la roue tourne

Déclics #5 - cover

Mars 2011
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Faut quand même le dire : Nivelles, ce n’est pas folichon pour les adeptes de la bicyclette.Mais le changement sur deux roues est en route… grâce notamment à des citoyens qui se mobilisent. Et qui le font savoir !

Olivier Bailly

 

Dans un « rapport permanent des difficultés cyclables de Nivelles » de 112 pages, le Gracq (Groupe de Recherche et d’Action des Cyclistes Quotidiens) pointe les dangers et désagréments des voies de communication de la commune. Le mot « permanent » n’est pas anodin : tous les trois mois, une série de lieux problématiques pour les cyclistes est envoyée, avec descriptif précis, des critères permettant de juger la pertinence d’une intervention publique, et même…une solution clé sur porte proposée par le GRACQ local. Et le tout avec un suivi des difficultés précédentes identifiées ! Qui dit mieux ?

L’orange bleue en selle

Cet impressionnant bottin de gamelles cyclistes potentielles a été mis en place il y a deux ans par Francis Doignies, maillot jaune du GRACQ de Nivelles. « L’objectif était de renforcer la crédibilité du mouvement, de proposer des documents sérieux, et des solutions réalisables ». Concrètement, les lieux critiques sont repérés par le Gracq ou par les citoyens qui ont la possibilité de les signaler via un formulaire sur internet. Suite à une discussion en réunion, une solution est ensuite proposée par le mouvement. Au bout du processus, le document est envoyé à l’Echevine de la Mobilité et à un groupe de Circulation (composée de la police, le service travaux, la cellule prévention et sécurité, et la mobilité), invités à répondre aux remarques du Gracq. Et la communication passe bien. Si au début de son existence, en 2005, le groupe de cyclistes devait composer avec une majorité absolue socialiste rétive au vélo, les élections communales de 2006 ont porté au pouvoir des oreilles orange et bleues plus attentives aux deux roues. L’Echevine rencontre ainsi trois fois par an le Gracq pour évoquer projets et problèmes liés aux vélos. Des réalisations modestes mais concrètes apparaissent comme des SUL (sens uniques limités), des marquages vélos au sol ou la première zone avancée cyclable de la commune. Le rapport politique-mouvement citoyen est « marqué par le respect » souligne Francis Doignies. Mais pas par la déférence.

Bicyclette de combat

Ainsi, quand les organisateurs des « Boucles Aclotes », ont déclaré forfait en 2009 pour mettre sur pied cette gentille randonnée annuelle, les pouvoirs publics ont pensé naturellement au Gracq pour prendre le relais. Ce que ces durs de la mobilité douce firent avec joie en inventant un itinéraire… qui bloquait pendant 15 minutes le ring de Nivelles ! Tollé et refus à la clé. Le Gracq met le petit braquet et opte finalement pour les boulevards en promettant 200 personnes à vélo. Et ce fut le cas. « On est un groupe militant » rappelle Francis pour qui en douterait encore…

Si le lobby vélo ne passe pas toujours au niveau communal, le responsable des cyclistes quotidiens reste un indécrottable optimiste. A d’autres niveaux, le Gracq participe aux débats de mobilité, comme lors du plan provincial par exemple. Ainsi, Francis Doignies et ses cyclistes mettent la pression du haut du café Pelgrims qui accueille quelques convaincus du deux-roues. « Du centre de Nivelles, tout est atteignable sur cinq kilomètres ! Cinq kilomètres ! Nivelles, c’est la ville idéale pour se déplacer en vélo ! Y’a pas plus cyclable comme ville ! » Convaincus on vous dit…

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