À quoi rêvent les enfants ?

Septembre 2010
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Si vous demandez à un enfant belge à quoi il rêve, il y a de grandes chances qu’il vous réponde quelque chose comme « à une playstation, à un vélo 18 vitesses, à un lecteur MP3 ou à des vacances géniales en famille »… Si vous posez la même question à un enfant indien, ivoirien ou colombien, vous aurez probablement plus souvent des réponses comme « à un vrai travail bien payé, pour pouvoir aider ma famille, à apprendre à lire et à écrire, à du temps pour pouvoir jouer,… ».

Roland d'Hoop

Ces images d’enfants esclaves, traités comme du bétail et dont la détresse transpire de partout, sont insupportables. Elles nous poussent à réagir, comme dans notre campagne actuelle qui dénonce l’utilisation d’enfants esclaves dans la filière chocolat (voir à ce sujet le poster central de ce numéro).

Mais comme vous pourrez le découvrir dans notre dossier, la question du travail des enfants ne peut se résumer en un slogan facile, du genre « plus jamais ça ». Les facettes de ce phénomène sont multiples, et certaines ne sont pas condamnables. D’ailleurs, même si on voulait éradiquer complètement le travail des enfants, la promulgation de lois plus sévères ne suffirait pas à conduire, comme par un coup de baguette magique, plus d’enfants sur les bancs de l’école. La preuve ? Il suffit de balayer devant la porte de l’Europe et de constater que, malgré les lois en vigueur, des enfants continuent à travailler, souvent dans des conditions très précaires. Sans parler de ces enfants clandestins, arrivés en Europe en ayant côtoyé la mort ou la violence, en errance et prêts à tout pour travailler…

Le vrai défi, c’est l’éradication de la pauvreté. Les parents arrêteront d’obliger les enfants à travailler lorsqu’eux-mêmes pourront bénéficier de revenus décents. Ils les enverront à l’école lorsque celle-ci sera gratuite et proche de leur lieu de vie [1]. Il faudra aussi, bien entendu, combattre davantage les trafiquants, tous ceux qui exploitent les enfants de manière scandaleuse. Et veiller à respecter les différences culturelles, lorsque celles-ci ne nuisent pas à l’intérêt supérieur de l’enfant.

Enfin, pour que notre chocolat n’ait pas un goût amer, on peut aussi recourir au commerce équitable, qui garantit qu’il n’a pas été fabriqué dans des conditions contraires à la dignité des enfants.

Roland d’Hoop

[1] Selon l’ONU, les enfants des zones rurales ont deux fois plus de chances de ne pas être scolarisés que ceux qui vivent dans des zones urbaines. Les filles des 20 % de ménages les plus pauvres risquent 3,5 fois plus de ne pas être scolarisées que les filles des ménages les plus riches et 4,5 fois que les garçons des ménages les plus riches. Voir http://www.un.org/fr/millenniumgoals/pdf/report2010_goal2.pdf

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