Comment Oxfam est devenue une des principales ONG sur la scène internationale…

Déclics #5 - cover

Mars 2011
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En 1995, différentes organisations Oxfam décident d’unir leurs efforts sur la scène internationale afin de mieux coordonner leurs actions et de viser une plus grande efficacité.

Roland d’Hoop

C’est ainsi qu’est née Oxfam International, une confédération composée aujourd’hui de 14 branches ([highslide](Note;de 14 pays;;;)

Ces 14 organisations sont situées dans les pays ou régions suivants : Allemagne, Australie, Belgique, Canada, Espagne, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Hong-Kong, Irlande, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas et Québec. 3 autres organisations (en Inde, en Italie et au Japon) ont un statut d’observateur au sein d’Oxfam International et pourraient donc rejoindre bientôt la confédération.

[/highslide]). Leur mission : travailler ensemble sur des projets de long terme afin d’ [highslide](Principes de base d Oxfam International;eradiquer la pauvrete et combattre l injustice;;;)
Une plus grande égalité est un facteur déterminant pour réduire la pauvreté

La pauvreté, l’insécurité et les menaces environnementales sont étroitement liées

Les gouvernements et les entreprises doivent être disposés à rendre des comptes

La responsabilité de protéger doit être assumée

Agir sur les idées, les comportements et les convictions favorise le changement

Pour en savoir plus : www.oxfam.org

[/highslide] partout dans le monde.

A l’origine, Oxfam a été créée en 1942 en Angleterre sous le nom « Oxford Committee for Famine Relief ». Des étudiants et citoyens de la ville d’Oxford s’unissent alors pour agir contre la famine provoquée par l’occupation nazie en Grèce. Malgré le blocus, ils parviennent à affréter un bateau pour faire parvenir des vivres aux femmes et enfants qui souffrent de la faim. A l’époque, ces pionniers étaient sans doute loin de se douter que cette première action de solidarité allait donner naissance à un grand mouvement international, l’un des leaders mondiaux en matière d’intervention humanitaire d’urgence et de développement.

Petit à petit, le comité d’Oxford élargit son action à « l’aide aux souffrances à cause de guerres ou d’autres problèmes partout dans le monde » et devient populaire en utilisant l’abréviation de son adresse télégramme OXFAM.

Si le nom de ce comité ne devient officiel qu’en 1965, sa réputation le devance largement. En effet, bon nombre d’objecteurs de consciences révoltés par la pauvreté et la faim dans le monde s’inspirent de son action et de sa philosophie. Oxfam se distingue alors des autres visions plus conventionnelles du développement en s’attaquant aux causes de la pauvreté et pas seulement à ses conséquences.

Aujourd’hui, près de septante ans après ses débuts en Angleterre, Oxfam fait partie d’un mouvement mondial oeuvrant avec d’autres pour :

  • mettre fin aux règles commerciales non équitables ;
  • faire face aux défis de la crise alimentaire et agricole ;
  • exiger de meilleurs services de santé et d’éducation ;
  • lutter contre le changement climatique, qui touche de plein fouet les populations les plus pauvres ;
  • exiger des droits et la protection des civils dans les situations de conflits et d’urgence.

Oxfam International regroupe différentes ONG qui se retrouvent dans la philosophie et le mode d’action d’Oxfam. A l’instar d’Amnesty International, qui défend le respect des droits humains sous une seule bannière, ou de Greenpeace qui oeuvre en faveur de l’environnement, Oxfam International entend défendre le respect des droits économiques et sociaux partout dans le monde.

De la mobilisation au plaidoyer

La mobilisation de citoyens dans le monde permet de créer un rapport de force afin d’influencer les plus puissants. Elle renforce ainsi le volet « plaidoyer » du travail de l’organisation. Grâce à l’expertise de l’ensemble de ses organisations membres, Oxfam International peut développer et appuyer un ensemble de revendications. Pour soutenir ce travail de plaidoyer, l’organisation a mis en place 6 bureaux régionaux [highslide](Quand Oxfam veut influencer les decideurs;en lien direct avec les decideurs politiques et economiques;;;)

L’objectif d’Oxfam International est de lutter contre l’injustice et les causes profondes de la pauvreté. Pour y parvenir, il importe d’influencer ceux qui tirent les ficelles. L’organisation coordonne à cette fin 6 bureaux de plaidoyer menant diverses actions de lobbying auprès des institutions clés : Washington (Fonds Monétaire International, Banque Mondiale), New-York (Nations-Unies), Genève (Organisation Mondiale du Commerce), Addis-Addeba (Union Africaine) et Bruxelles (Union Européenne).

Elise Ford, responsable du bureau bruxellois et de son équipe d’experts lobbyistes, insiste : « le plaidoyer, c’est une des raisons d’être de la confédération Oxfam. En additionnant notre large présence sur le terrain, notre réseau mondial d’organisations et de citoyens, notre capacité d’analyse et notre capacité à la communiquer, et notre force de mobilisation par des campagnes internationales, nous pouvons réellement viser un impact global et à long terme. Le plaidoyer est une facette essentielle pour y parvenir. » Dans cet esprit, Oxfam bénéficie d’une légitimité très forte parmi les décideurs politiques. « Oxfam est synonyme de crédibilité, d’expertise, de relais des voix du Sud. Cette légitimité, supérieure à beaucoup d’organisations, est reconnue par les interlocuteurs politiques et renforcée par une approche extrêmement efficace et professionnelle ».

Au quotidien, ces lobbyistes jonglent entre réunions formelles et informelles, mise à disposition d’information, briefings,… Ce travail s’effectue le plus souvent en alliance avec d’autres réseaux d’organisations de la société civile. Pour appuyer le plaidoyer des ONG, les médias ont un rôle clé : ils contribuent à faire pression sur le politique pour mettre un sujet à l’agenda ou influencer la manière dont il sera traité. Face à certains blocages, des actions de masse (emails d’interpellation à un décideur, actions publiques, etc) peuvent amener les citoyens à appuyer ce travail, mené le plus souvent dans l’ombre.

Avec des réussites, comme le souligne Elise Ford : « par exemple, c’est notamment grâce au plaidoyer vigoureux d’Oxfam que l’Union européenne a décidé d’envoyer en 2008 une mission de maintien de la paix au Tchad pour y protéger les civils. Oxfam a également eu un rôle clé dans le combat contre les APE (accords de partenariat économiques) entre l’Europe et les pays Afrique- Caraibes-Pacifique, qui auraient été défavorables aux économies et de ces derniers. Aussi, c’est grâce à un lobby intense et urgent d’Oxfam qu’une aide humanitaire additionnelle de 30 millions d’euros a été attribuée par l’Europe au Pakistan, victime d’inondations dramatiques ».

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En mettant leur expertise et leurs connaissances en commun, les différents membres d’Oxfam International sont plus forts pour peser de [highslide](Quelques succes recents d Oxfam International;tout leur poids dans la balance des grandes decisions;;;)

Haïti 2010 : Grâce à l’extraordinaire générosité du public, Oxfam a pu venir en aide à plus d’1,2 million de victimes du tremblement de terre. Concrètement, cela se traduit par :

  • des équipements sanitaires et des approvisionnements en eau potable pour 400 000 personnes ;
  • plus de 300 millions de litres d’eau potable, dans des camps, chaque mois ;
  • des programmes d’éducation à la santé publique auprès de plus 210 000 personnes ;
  • des abris pour 94 000 personnes ;
  • des programmes sur la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance auprès de 209 095 personnes ;
  • des programmes «argent-contre-travail» et des bourses financières à plus de 125 000 personnes.

Mais Oxfam ne travaille pas que dans l’urgence et prépare aussi la reconstruction du pays. Ainsi, l’organisation soutient des projets d’agriculture locale ainsi que le lancement de restaurants communautaires.

Sommet de Cancun : Oxfam n’est évidemment pas la seule organisation à s’être battue pour arracher un accord sur le climat, après le désastre de la conférence de Copenhague. Mais l’effet cumulé des messages portés par ses militants, ses experts, ses partenaires du Sud et l’impact de ses coups médiatiques (voir photos) ont pesé dans la balance, notamment pour obtenir de la part des pays riches la création d’un Fonds climatique.

Starbucks plie devant la pression: « Ce qui aurait pu rester un débat bureaucratique peu remarqué est devenu un sujet de niveau international lorsqu’Oxfam, un groupe à but non lucratif dédié aux programmes de secours et de développement, commença à en parler à l’automne », écrivait le Wall Street Journal en mars 2010. Le journal faisait référence à la campagne lancée par Oxfam pour exiger que Starbucks signe un accord reconnaissant le droit de l’Éthiopie à délivrer une licence et à distribuer ses cafés de haute qualité. Une campagne soldée par une victoire, notamment grâce à un travail mené avec les principaux concernés, c’est-à-dire les producteurs de café éthiopiens. Comme en témoigne Gemede Robe, un vieil agriculteur éthiopien, il est essentiel que des grandes organisations comme Oxfam puisse répercuter et amplifier les messages venus du terrain : « Nous savons qu’Oxfam et de nombreuses personnes dans le monde entier sont à nos côtés et nous soutiennent dans cette démarche. Par votre soutien, vous avez permis à notre cause de s’exprimer. »

 

[/highslide], par exemple lors de conférences internationales comme celle qui s’est tenue récemment à Cancun.

 

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