Craftlink : le savoir-faire traditionnel au service des minorités

Octobre 2012
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Depuis les années 1990, Le Vietnam connaît un essor économique qui fait pâlir les amateurs de statistiques à deux chiffres. Si certains bénéficient à plein de cette nouvelle croissance, beaucoup sont laissés pour compte au bord du chemin. Parmi eux, figurent les artisans qui sont confrontés à une baisse de la demande en raison de la concurrence des produits industriels. Pour pallier ces inégalités, l’organisation vietnamienne Craft Link a choisi de travailler avec ces producteurs marginalisés. Elle développe également des structures pour les enfants des rues et les personnes moins valides.

Craft Link est une organisation de commerce équitable reconnue pour la diversité de ses projets et la qualité des produits d’artisanat qu’elle commercialise. Gérée par des professionnels du marketing et du design vietnamiens, elle expérimente sans cesse de nouvelles techniques et développe de nouveaux produits. Cependant, elle sait allier modernité et tradition, en favorisant notamment la perpétuation du savoir-faire traditionnel de minorités ethniques de régions reculées du Vietnam.

Dans les années 2000, l’Etat vietnamien a mené une politique de développement dans les régions montagneuses et les zones peuplées d’ethnies minoritaires. Les réseaux routiers ont été renforcés, les réseaux d’électricité étendus et des canaux d’irrigation creusés pour augmenter la production agricole. Malgré ces initiatives, l’afflux de marchandises et l’intensification des échanges ont porté atteinte à l’artisanat, l’une des composantes importantes de l’économie des hameaux.

Soutenue par des organisations comme Oxfam-Magasins du monde ou, dans le cadre culturel, par l’UNESCO, Craft Link a renversé la vapeur en donnant du travail à plus de 6 000 artisans issus de 63 groupes différents.

Qu’il s’agisse de minorités ethniques, de groupes traditionnels, de femmes en recherche d’activités complémentaires à la culture potagère vivrière ou de moins valides, Craft Link associe la perpétuation de traditions au développement de nouveaux produits et à la défense des plus défavorisés. Simultanément, l’organisation développe un marché local grâce à ses magasins locaux. Vous pouvez participer à ce beau projet en achetant des produits d’artisanat de Craftlink, non seulement par solidarité, mais aussi pour le plaisir des yeux !

www.craftlink.com.vn

Des artisans devenus acteurs de leur destin.

Les groupes d’artisans soutenus par Craft Link sont constitués à 45% de membres de minorités ethniques, 25% de personnes défavorisées et 30% de familles de villages traditionnels.

L’organisation rétribue entre autres, à un prix supérieur à la moyenne, les produits textiles de la minorité Dao Tien des régions montagneuses (Suoi Nhung, Mai Chau, Hoa Binh) et leur donne des cours d’alphabétisation.

Elle soutient les artisanes des groupes Dao situées à la frontière chinoise (Ta Phin, Sa Pa, Lao Cai ) qui perpétuent les techniques millénaires de broderie en collaboration avec le Musée d’Ethnographie du Vietnam.

Elle offre de précieux débouchés aux céramistes de Bat Trang, Gia Lam et Hanoi, concurrencés par les produits industriels qui ont envahi le Vietnam.

Dans un autre registre, Craft Link prend en charge 200 jeunes moins valides qui fabriquent des objets et font des emballages au sein de structures adaptées (Co Nhue et Hanoi).

Les vertus durables du bambou

Parfois moins connu, le bambou est une source inépuisable de création d’objets utilitaires et décoratifs. Les ateliers de Craft Link (Huan Lai, Gia Luong, Bac Ninh) gardent ce savoir-faire vivant via la fabrication d’une diversité de produits (lits, tables, étagères, penderies, cadres, vannerie, etc.). Le bambou est par ailleurs à haute valeur écologique.

  • Le bambou n’est pas un arbre mais une plante appartenant à la famille des roseaux, offrant une réelle alternative au bois car il pousse plus vite et partout !
  • Il sert à reboiser des terres arides et permet de lutter contre l’érosion.
  • Il a la faculté d’absorber une quantité 4 à 5 fois plus importante de gaz à effet de serre que la moyenne des arbres et produit 35% d’oxygène en plus qu’un volume équivalent d’arbres.
  • Le bambou retient l’eau grâce à ses racines, filtre l’eau polluée et capte les métaux lourds.
  • Il résiste aux conditions extrêmes puisqu’on le trouve en altitude comme en plaine et sous toutes les latitudes.
  • Sa résistance à la traction est légèrement supérieure à celle de l’acier sans utiliser les grandes quantités d’eau et d’énergie que l’acier demande.
  • Il n’a pas besoin de pesticides en raison de ses propriétés antibactériennes, ni d’engrais puisqu’il pousse facilement, ni encore d’irrigation importante, comme le coton.
  • Comme il est malléable, le travailler nécessite peu d’outils et il se prête très bien au travail artisanal.
  • Son transport ne nécessite que peu d’énergie, puisqu’il est léger, et donc génère peu de CO2.
  • Le bambou est entièrement et facilement recyclable ce qui achève en beauté son cycle de vie !

Source : Philippe Casanova, Le Bambou, du développement durable à la création d’objets, Editions Eyrolles, 2010.

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