Défendons le droit à la terre !

Mars 2017
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Pour les communautés locales et les peuples autochtones, le droit à la terre ne représente pas seulement un concept abstrait, c’est une question de survie. Pourtant, les accaparements de terres et les violences envers les défenseurs de l’environnement n’ont jamais été aussi nombreux à travers le monde. Oxfam s’associe au mouvement « Land right now » pour défendre les droits fonciers des peuples autochtones et des communautés locales. Ce sont leurs terres, leur droit et leur vie. Il est temps d’agir : www.standforlandrights.org

Selon Global Witness, l’année 2015 a été la plus meurtrière pour les défenseurs de l’environnement avec 185 morts dans 16 pays. Les pays les plus touchés en 2015 étaient le Brésil (50 meurtres), les Philippines (33) et la Colombie (26). En 2015, près de 40% des victimes provenaient de peuples autochtones. « L’industrie mondiale pousse toujours plus loin dans les terres pour obtenir du bois, des minéraux et de l’huile de palme afin de répondre à la demande des consommateurs. Mais les communautés qui prennent position se retrouvent dans la ligne de mire des forces de l’Etat et des entreprises privées. Le marché des tueurs à gages est de fait en plein essor » explique l’ONG.

Honduras : Berta Cáceres, encore un symbole assassiné !

berta-caceresMilitante écologiste hondurienne issue de la communauté lenca, Berta Cáceres (cicontre) est surtout connue pour sa défense du fleuve Gualcarque. Assassinée en mars 2016 à son domicile, après avoir été victime de menaces pendant plusieurs années, elle était un des symboles de la lutte pour le respect des droits des communautés indigènes. En six ans, 109 Honduriens ont été tués pour avoir pris position contre des projets de barrage hydroélectrique, d’exploitation minière, forestière ou agro-industrielle !

Australie : Cissy lutte pour le droit à la terre des Aborigènes

Cissy est une femme aborigène qui appartient aux groupes de Jaru et de Kija. Pour Cissy, la lutte pour une plus grande reconnaissance du droit à la terre des Aborigènes est très importante : « En Australie, les gouvernements semblent avoir peur de donner pleinement aux peuples aborigènes le droit à prendre des décisions concernant leurs terres. Nous représentons une menace car nous faisons entendre notre voix et demandons le respect de nos droits. Nous sommes déterminés et continuerons de lutter et de repousser les barrières que nous impose le gouvernement. »

Sri Lanka : le paradis perdu de Paanama

Dans le village de Paanama, au Sri Lanka, 350 familles d’agriculteurs et de pêcheurs ont été expulsées de leurs terres par l’armée, afin d’y construire des hôtels. Rathanamali et sa famille vivent désormais très à l’étroit, loin du lagon où l’époux de Rathanamali avait pour habitude de pêcher. “La vie est devenue difficile lorsque nous avons perdu nos terres“, déplore Rathnamali. Après des années de contestation, le gouvernement a décidé en 2015 que les terres seraient rendues à la communauté, mais il n’a pas encore tenu sa promesse.

Pérou : Teddy, leader d’une communauté quechua : “Ils n’ont aucune envie de nous permettre de vivre ici en sécurité

Teddy, chef de la communauté quechua de Nuevo Andoas, s’inquiète des ravages de la pollution suite aux forages pétroliers sur les terres de son village. De nombreuses familles ont perdu leurs enfants. Teddy a demandé à l’État d’enquêter sur les raisons de ces intoxications. « Ces terres nous ont été transmises par nos ancêtres. Elles nous appartiennent, et elles appartiendront bientôt à la prochaine génération. Mais nous vivons avec la crainte de voir à tout moment le gouvernement accorder à des sociétés pétrolières une autorisation d’exploitation ».

"Nous vivons sous la crainte de voir le gouvernement vendre nos terres à des compagnies pétrolières à n'importe quel moment." Teddy, leader d'une communauté Quechua (Pérou)

“Nous vivons sous la crainte de voir le gouvernement vendre nos terres à des compagnies pétrolières à n’importe quel moment.” Teddy, leader d’une communauté Quechua (Pérou)

Mozambique : Namonaro, une villageoise expulsée qui ne se laisse pas faire

Du jour au lendemain, Namonaro a tout perdu : sa maison, les manguiers et les bananiers de son village, les champs où elle cultivait du maïs et des haricots pour elle et ses deux enfants. Un jour, deux employés d’une entreprise sont apparus au village. « Ils m’ont fait signer un document, sans m’expliquer son contenu alors que je ne sais pas lire », confie Namonaro. Les villageois ont été priés de quitter leurs terres immédiatement. Namonaro n’a reçu qu’une somme dérisoire en compensation. Les personnes tardant à quitter leurs terres ont été expulsées de force. Les membres de la communauté de Namonaro, soit environ 200 personnes, n’avaient nulle part où aller et n’ont reçu aucune aide pour se reloger.

Bonnes nouvelles d’Ouganda

Au terme de quinze mois de négociations, les habitants de Mubende ont trouvé un accord avec la New Forests Company (NFC) qui voulait leur imposer un projet de plantation forestière sur leurs terres. « Je suis optimiste en ce qui concerne l’avenir bien que tout dépende de la rapidité avec laquelle nous pourrons obtenir des terres. Actuellement, nous ne cultivons pas ni n’élevons des animaux, mais j’espère que, par le biais de la coopérative, nous serons en mesure d’acheter des terres et d’aller de l’avant », a déclaré Emmanuel Bagibariho, un représentant de la communauté de Mubende qui a fait partie de l’équipe ayant négocié l’accord au nom de la communauté affectée. Oxfam a soutenu cette communauté tout au long du processus de négociations.

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