Des citoyens en action pour le respect d’un travail décent

Mars 2013
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Une multinationale débarque à Mons, un collectif de citoyens se mobilise.

les candidats des partis démocratiques aux élections communales s’engagent à réclamer à Ikea la liste de ses fournisseurs

Les candidats des partis démocratiques aux élections communales s’engagent à réclamer à Ikea la liste de ses fournisseurs

« Vous engagez-vous à réclamer à Ikea la liste de ses fournisseurs ? ». Dès le début, un collectif de citoyens annonce la couleur : aller à contre-courant de l’opinion générale pour sensibiliser la population et les politiciens montois aux impacts probables de l’implantation d’un magasin Ikea dans le zoning des Grands Prés. Oui, le géant du meuble promet la création de nombreux emplois. Oui, de nombreux citoyens sont enchantés de pouvoir acheter des meubles bon marché. Oui, mais…

Comment mon voisin fabricant de meubles survivra- t-il ? Est-ce que le restaurant du centre-ville pourra concurrencer les boulettes suédoises ? Estce que j’ai envie que ma fille ne soit employée qu’à temps partiel ? Et mon café équitable, est-ce que j’ai envie de le boire dans une tasse fabriquée par une travailleuse exploitée ? Sous le nom de Mons Equitable, des citoyens se sont constitués en collectif pour débattre de ces questions et interpeller les politiciens afin que ceux-ci prennent leurs responsabilités face à la multinationale et respectent leurs engagements à l’égard de la ville.

Enjeux économiques et politiques

Alexandre Bertrand, membre de Mons Equitable :

Maintenant qu’Ikea est à nos portes, on se rend compte que les intérêts qui s’entremêlent sont nombreux et complexes – enjeux économiques et politiques locaux, enthousiasme d’une majorité des consommateurs, indignation de citoyens éveillés mais épars, etc. Il ne s’agit plus seulement de dénoncer la multinationale. Pour moi, s’engager dans une telle campagne revient à questionner réellement le modèle économique que l’on cherche à promouvoir dans notre environnement direct. C’est réellement la justice économique qui nous échappe et ces enjeux sont palpables au quotidien.

Allant au bout de sa démarche, le collectif a obtenu de rencontrer des responsables d’Ikea Belgique pour interroger le modèle de développement promu par la firme suédoise. Les citoyens ne lâchent pas le morceau et projettent de poursuivre leurs actions de sensibilisation afin de défendre le modèle économique et les valeurs auxquels ils croient.

Des conditions de travail indécentes

Le développement exponentiel d’Ikea repose sur des conditions de travail indécentes qui prédominent tout au long de sa chaîne d’approvisionnement, de l’Inde à la Belgique, en passant par l’Italie et la Roumanie. À l’étape de production – au Sud, en Europe de l’Est et du Sud –, la pression pour des coûts toujours plus bas ne peut s’opérer qu’en rognant les droits des travailleurs à l’échelle des fournisseurs. Au Nord, les emplois créés se substituent souvent sur le long terme à des emplois préexistants dans la zone de chalandise. Afin de répondre à la quête constante de flexibilité, les emplois créés ne sont pas de qualité. Les contrats atypiques, notamment à temps partiel, deviennent la norme. Couplée à de remarquables économies d’échelle et à une industrialisation à outrance, cette logique permet au géant du meuble de réduire toujours plus ses coûts. Et de vendre des meubles à 50 euros

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Un commentaire sur “Des citoyens en action pour le respect d’un travail décent

  1. Pourquoi protester contre l’installation d’un IKEA à Mons ? On pourra aller y manger des bonnes boulettes de viande accompagnées d’un bon morceau de tarte !

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