Des mangues séchées bio et équitables, porteuses de progrès pour les petits paysans

Septembre 2016
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Lors d’un voyage au Burkina Faso début 1987, Elisabeth Piras rencontre le coordinateur du CEAS (Centre écologique Albert Schweitzer) qui la met sur la piste d’un projet pilote de séchage de mangues à Ouahigouya. Là-bas, on met en pratique la politique de souveraineté alimentaire imaginée par Thomas Sankara, un des précurseurs en la matière. Le nouveau président veut permettre à la population de s’affranchir de « l’impérialisme qui commence dans l’assiette » et de manger à sa faim.

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Il l’encourage donc à “consommer burkinabé” et à abandonner les cultures de rente et de « contre-saison » telles que le haricot vert, destiné presque exclusivement à l’exportation vers l’Europe, pour les remplacer par la production d’aliments de base traditionnels. Parallèlement, de nouvelles technologies de production et de conservation sont introduites. Dans ce cadre, l’Institut burkinabé de l’énergie s’est chargé, à la demande de Sankara, de développer et de vulgariser des simples séchoirs utilisant la chaleur du soleil afin de sécher des fruits et légumes qui, autrement, ne peuvent être conservés. Car la majorité des Burkinabés vivaient au village, et ne possédaient ni caves, ni frigos, ni congélateurs ou appareils stérilisateurs. Au début, la production est uniquement destinée à la consommation familiale et à la vente sur le marché local.

mangues-sechees-2Elisabeth met en contact ces femmes qui sèchent les mangues au Burkina avec Claro fair trade (à l’époque OS3) afin d’envisager une exportation vers la Suisse (et plus tard vers les magasins du monde Oxfam de Belgique). Le succès est immédiat, les commandes affluent, d’autres femmes rejoignent le projet et bientôt, le volume des commandes permet d’associer d’autres unités de séchage, constituées principalement de femmes.

Aujourd’hui, ces mangues sont toujours le symbole de la souveraineté alimentaire et de la solidarité Nord/ Sud, même si c’est une autre organisation (Upromabio, Union des producteurs des mangues bio) qui a pris la relève des exportations de mangues séchées BIO et équitables vers l’Europe 1.

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  1. et dès cet automne, vers nos magasins en Belgique

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