fbpx

Dhaka Handicrafts : Quand les artisans retrouvent le fil de leur destin

Juin 2011
Publié dans le
Rubrique

Durant des décennies, le jute a été une composante importante de l’économie du Bangladesh. En 1974, alors que le pays subit de plein fouet l’arrivée des articles en plastique, l’organisation suisse « Enfants du Monde » met sur pied Dhaka Handicrafts, un projet original pour aider les artisans.

Une entreprise à vocation sociale

Dhaka Handicrafts exporte et vend en ligne les produits de 42 groupes d’artisans dont elle assure la formation. Elle met également en oeuvre des programmes d’éducation et de sensibilisation, de renforcement des producteurs et de conscientisation à leurs droits. Sans capital ni actionnaires, elle appartient aux membres qui s’en portent garants.

3000 emplois pour des artisans défavorisés

Composé d’au moins 10 familles, chaque groupe est responsable de l’achat des matières premières et de l’organisation de la production qui se fait en famille à domicile. Au total, 1 800 familles sont impliquées, soit 3 000 artisans dont 80% de femmes.

Des conditions toujours difficiles

L’économie agricole, dont vit la majorité des Bangladais, est extrêmement vulnérable aux conditions climatiques et environnementales. 30% de la population vit toujours sous le seuil de pauvreté. Pour ces populations vulnérables, la diversifi cation des sources de revenus reste un enjeu majeur, d’autant que le nombre de paysans sans terre est très important. Dans ce contexte, l’artisanat demeure l’une des sources les plus importantes de revenus supplémentaires.

Revenus supplémentaires

Les 32 permanents de l’équipe de Dhaka travaillent avec les artisans pour développer et améliorer leurs produits. Ils renforcent leurs capacités techniques et les sensibilisent au processus du commerce équitable. Grâce aux prix qu’ils fi xent ensemble, les membres de Dhaka parviennent à disposer de revenus qui représentent environ la moitié de leurs revenus globaux, le reste provenant de l’agriculture. Dhaka leur off re également une assistance pour la création d’autres activités génératrices de revenus ainsi que des avantages sociaux.

Dans le respect de l’environnement

Pays fertile, le Bangladesh souff re paradoxalement de sérieux problèmes d’approvisionnement en eau et subit de fréquentes inondations aggravées par une déforestation et une urbanisation liée à une surpopulation importante. Face à cette réalité, Dhaka Handicrafts s’investit dans un projet de reboisement et s’eff orce de n’utiliser que des matières premières naturelles renouvelables : des feuilles de palmier, du bambou et de la canne à sucre sauvage qui pousse naturellement dans les marais. Tous les produits artisanaux sont de plus fabriqués à la main.

Valérie Vandervecken

Plus d’équité homme/femme

Le Bangladesh est le pays d’Asie du Sud qui a réalisé les progrès les plus importants dans la scolarisation des fi lles dans l’enseignement secondaire, entraînant une forte réduction des disparités entre filles et garçons à l’école [[highslide](*;*;;;)L’éducation des fi lles en Asie du Sud – www.oxfam.org.uk[/highslide]]. Les discriminations entre hommes et femmes n’en restent pas moins nombreuses. Pour y répondre, Dhaka Handicrafts s’est engagée dans la promotion des droits et du leadership des femmes. Grâce au commerce équitable, les femmes ont un revenu propre qui leur confère un pouvoir de décision grandissant dans la famille et la communauté. Elles deviennent aussi plus autonomes : de plus en plus d’artisanes membres de Dhaka voyagent seules en dehors du village, pour aller notamment livrer leurs produits.

De la cueillette des herbes à la fabrication des paniers

Les paniers sont le fruit d’une combinaison de feuilles de palmier et de feuilles de canne à sucre sauvage. Appelée « katkin » en anglais et « kaisa » en langue locale, la canne à sucre pousse naturellement dans les marais et peut atteindre 210 cm.

 

 

Partager!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *