“Emissions zéro”, un nouveau souffle pour l’énergie verte

Mars 2010
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Au premier souffle, il y eut les Vents d’Houyet. De cette asbl émergèrent trois éoliennes citoyennes. La bise venue, Vents d’Houyet initia la coopérative Emissions Zéro. L’objectif ? Aider l’homme de la rue à investir dans les énergies renouvelables, notamment les éoliennes. Une tempête citoyenne pour bientôt?

Olivier Bailly

Il y a Nicolas. En cherchant des informations sur les panneaux photovoltaïques, il découvre le projet Emissions Zéro. Début 2009, il achète des parts et rejoint les coopérateurs. Il y a aussi Christine. D’Ottignies, elle perçoit l’appel d’air, le changement. Elle achète en octobre 2009 trois parts, trois fois 260 euros. « Notre envie est de mettre de l’argent de côté sur le long terme tout en soutenant un projet durable. » Des Nicolas et Christine, il y en a 1 200 aujourd’hui. 10 000 dans un an promet Jean-François Mitsch, administrateur de Emissions Zéro.

L’idée de la coopérative est simple : réunir des fonds pour permettre au citoyen de devenir propriétaire de son énergie. Car aujourd’hui, le vent n’est pas partagé. L’acteur public sert encore trop souvent de paravent à des intérêts privés et les riverains subissent plus que ne choisissent les incidences des éoliennes. « Les communes les plus pauvres accueillent des projets éoliens très rentables qui ne créent pas d’emploi et dont le profit part à l’étranger, explique Jean-François Mitsch. En Belgique, moins de 5% du potentiel éolien est contrôlé par les pouvoirs publics. »

D’où l’idée de rendre les éoliennes aux citoyens. « Quand on crée des autoroutes, il y a des inconvénients mais aussi un certain retour à la communauté. Aujourd’hui, l’éolien doit aussi montrer à tous son utilité publique. Accaparés par les groupes privés, ce n’est pas le cas aujourd’hui. »

Ces moulins citoyens tourneraient-ils au vent de la révolte ?

Rafales sociales ?

260 euros dans le vent, des panneaux solaires sur les tuiles, une isolation de plus en plus performante. Les ménages à revenus moyens fuient le réseau énergétique, bientôt de moins en moins rentable, et donc de plus en plus cher pour les revenus modestes. « Je suis d’accord avec cette analyse, souligne Jean-François Mitsch, mais le mouvement coopératif prend le contre-pied en développant une dimension de solidarité. Nous créerons, avec une partie de l’épargne réalisée, des mécanismes de solidarité ». Ainsi, Emissions Zéro est en discussion pour la construction de deux éoliennes à Dour. Le CPAS local prendrait des parts pour le compte de 500 personnes. Un premier courant de solidarité, en attendant la création d’une banque d’électricité, avec des tarifs modérés.

Voir aussi le site de « Ça passe par ma commune », qui recense plein d’initiatives durables et équitables menées au niveau communal.

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