Envie de bouger !

Décembre 2012
Publié dans le
Rubrique

Théodore et Maïté, deux jeunes comme tant d’autres , avec leurs rêves et leurs espoirs. Signe particulier : leur militantisme au sein d’Oxfam-en-action. En plus des cours, des hobbys, des amis, ces étudiants trouvent du temps à consacrer à une cause qu’ils pensent juste. D’où vient cette en vie de changer le monde ? Comment s’y prennent-ils pour sensibiliser leur entourage ? Sans prétendre à une quelconque représentativité de la militance chez les jeunes, ce petit portrait vous rappellera peut-être vos propres débuts de bénévole ou de citoyen engagé…

Hélène Brédart

Chaque matin, avant d’aller en cours, Théodore avale son bol de muesli Oxfam. Pour lui, il ne s’agit pas uniquement d’un petit déjeuner. Militant de la tête au pied, il soutient les valeurs du commerce équitable depuis cinq années. Toujours au rendez-vous, Maïté et lui font partie intégrante des jeunes en action d’Oxfam. «Dès qu’on nous propose, on fonce», sourient-ils.

L’idéalisme d’un monde meilleur

Leur parcours est identique. Très jeunes, dès l’âge de 14 ans, ils ont adhéré au JM, les jeunes magasins-Oxfam. Cette expérience, c’est en termes d’évidence que l’étudiante la relate. «Cela coulait de source», explique-t-elle. «Depuis toute petite, je participe aux déjeuners.» Au comité inter-JM, les élèves engagés dans des projets Oxfam de différentes écoles se rencontrent, c’est un véritable creuset pour de futures grandes amitiés. Théodore s’en souvient : «on y partageait des conversations avec des gens aussi motivés que nous. C’était génial ! L’idéalisme d’un monde meilleur s’y faisait toujours sentir».

Faux salon du Greenwashing

Sensibilisation, festival et formation…leurs activités ont progressivement mûri. Chacune présente ses avantages. En plus d’un apprentissage sur le terrain, les jeunes assistent régulièrement à des conférences sur des enjeux d’actualité. A l’affût d’informations, ils se félicitent de cet enseignement très complet. Toutefois, un sentiment d’impuissance se dessine de temps en temps. «Entre les nombreuses problématiques, on ne sait pas toujours où donner de la tête. Avant, j’étais très préoccupée par le travail décent. Aujourd’hui, les questions climatiques ou d’accaparement des terres m’intéressent. On se forme dans tous les domaines. Cela ouvre l’esprit mais, en même temps, on n’est jamais investi totalement sur une question», explique Maïté. Leur militantisme, selon eux, doit toujours rester un plaisir. Théodore, le futur agronome raconte son meilleur souvenir : «Lors de notre dernière expédition à Esperanzah*, nous avons monté un faux ’salon du Greenwashing’, une première. On n’allait pas vers les gens avec un discours moralisateur. On jouait une saynète provocante qui soulevait des questions de société. Notre stand avait comme soidisant objectif de vendre aux festivaliers de la pâte alimentaire super-chimique, réalisée dans des conditions douteuses. Tous n’ont pas compris directement. Certains riaient. Ce sont toujours de beaux moments».

Proposer des alternatives

Le plus important, selon Maïté, est de proposer des alternatives. «Les gens entendent le problème qu’on pointe mais nous disent : on fait quoi alors ? On est toujours à la recherche de solutions à intégrer au quotidien». Quant aux copains extérieurs à l’ONG, pas question de leur rabâcher les oreilles ! «Je ne vais pas crier à chaque fois qu’un ami boit un coca. C’est important de pouvoir rester dans la société actuelle, avec des personnes qui pensent autrement.» Puis, au sein d’Oxfam-en-action, tous sont proches. Leurs inquiétudes, ils peuvent à tout instant se les confier. «On va droit dans le mur mais il faut vivre maintenant et profiter. Si on ne pense qu’à cet avenir noir, on se suicide. Se former, cela donne la niaque», termine Théodore.

Devenir moins naïf

Théodore a 19 ans. Pour lui, militer c’est «se rendre moins naïf. On entend toujours que le monde va mal. Ici, nous sommes formés. On est sensibilisé à des problématiques concrètes. Puis, j’adore discuter». Ses débuts, il les doit au film d’Al Gore. «Cela m’a mis le pied à l’étrier. Puis, c’était un moyen d’expression. Je pouvais le regarder et en parler», se rappelle-t-il. Étudiante en 2ème année de psychologie, Maïté vient de la région namuroise. Fonceuse et motivée, elle a créé le premier JM de son école secondaire. «J’en ai parlé autour de moi. Avec l’appui de quelques profs, nous avons demandé l’autorisation à la direction. Cela consistait surtout en l’octroi d’un local pour stocker la marchandise ». Mais ses actions ne se limitaient pas à cela. Elle rit : «Je luttais pour que les élèves amènent leur boîte à tartines. Cela peut paraître bête, il n’empêche que cela ferait déjà ça en moins d’aluminium !».

Partager!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *