État des lieux de l’équitable en 2013

Mars 2013
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Il est loin le temps des pionniers et du vin qui pique! Très militant à ses débuts dans les années 70, le commerce équitable a depuis profondément évolué… pour le meilleur et pour le pire. Ce commerce est ainsi aujourd’hui synonyme de croissance, de diversification et de professionnalisation mais aussi parfois de dérives.

Patrick Veillard

Quelques chiffres illustrent bien ces changements : en dépit de la crise, les ventes de produits équitables ont enregistré, ces 10 dernières années, une hausse de plus de 80% en Belgique. Le marché offre à présent une gamme de plus de 2000 produits labellisés [[highslide](1;1;;;)Pour le label majoritaire Fairtrade Max Havelaar en Belgique.[/highslide]] et leur notoriété atteint aujourd’hui 90% des Belges. Ces évolutions sont liées entre autres à l’apparition, à la fin des années 80, de la labellisation équitable. En assurant la traçabilité des conditions de production, elle a ouvert la porte de l’équitable à un nombre potentiellement illimité d’acteurs, dont notamment la grande distribution. L’une des conséquences a été le développement de l’alimentaire équitable, au détriment relatif de l’artisanat.

Une 3ème vague d’entrepreneurs a suivi au début des années 2000, occupant de nouvelles niches commerciales (ex. chocolat haut de gamme, cosmétiques) ou canaux de distribution (ex. ventes par Internet, B2B[[highslide](2;2;;;)

Business to business (vente de produits entre professionnels et non à destination des consommateurs).

[/highslide]]) [[highslide](3;3;;;)Exemples en Belgique : Ethic Store, Satya, Vino Mundo, Emile, Ozfair.[/highslide]]. Aujourd’hui, l’une des dernières grandes tendances est l’apparition d’un marché de la labellisation, avec de nouveaux labels tels qu’Ecocert Equitable ou Naturland Fair concurrençant le monopole du label historique Fairtrade Max Havelaar [[highslide](4;4;;;)Exemples de labels reconnus du commerce équitable: Fairtrade Max Havelaar, Fairwild, Fair for Life, Ecocert Equitable, Naturland Fair, Tu Simbolo.[/highslide]].

Industrialisation et dérives

Cette évolution ne s’est cependant pas faite sans dérives. L’industrialisation de l’équitable, provoquée par la labellisation, a notamment permis à certaines chaines de distribution de récupérer l’image et les taux de croissance du secteur, tout en gardant les mêmes marges bénéficiaires ou pratiques commerciales. La multiplication des labels a également induit certaines formes de dilution des critères, sous la pression des entreprises clientes des organismes certificateurs. C’est particulièrement le cas de labels proches mais non équitables tels que RFA ou UTZ [[highslide](5;5;;;)

Ces labels sont classifiés comme appartenant au commerce durable, un concept plus général mais aussi plus vague que l’équitable, censé prendre en compte toutes les composantes de la durabilité (économique, sociale et environnementale). En réalité, ils prennent en compte essentiellement les aspects qualité ou environnementaux (profitant dans ce dernier cas de l’amalgame courant entre durabilité et environnement).

[/highslide]].

Face aux critiques, les solutions pour le secteur incluent le développement des études d’impact, ou encore l’instauration d’un cadre légal cohérent. Dans un contexte de forte croissance des inégalités globales, de brouillage des frontières Nord/Sud et de préoccupations accrues pour l’environnement, certains acteurs ont également choisi d’évoluer de manière plus profonde, en relocalisant le commerce équitable, aussi bien au Nord qu’au Sud. Se réinventer sans se perdre, c’est sans doute le plus grand défi du secteur pour l’avenir.

Ces grandes tendances sont détaillées dans l’étude « Le commerce équitable aujourd’hui ».

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