Être né quelque part

Décembre 2010
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L’identité culturelle est un concept à manier avec prudence. Dans son livre «Les identités meurtrières», Amin Maalouf montre à quel point elle peut mener à des dérives, comme la peur de l’autre, le renfermement sur sa communauté, ou un sentiment de victimisation collectif. Aucun pays n’est immunisé contre ce type de danger, et certainement pas la Belgique, où l’identité semble devenir une question de plus en plus sensible.

Roland d'Hoop

Amin Maalouf émet l’idée que chacun est constitué d’une variété d’éléments visibles et cachés. Nous serions en quelque sorte comme des oignons, et préférons parfois mettre en avant une couche ou une autre de notre peau. Un peu comme un caméléon, nous pouvons, selon le moment, nous définir en fonction du rôle que nous jouons dans la société (étudiant, boulanger), de nos choix (choix de consommation, d’opinions politiques), de l’endroit où l’on vit (campagne, ville), du fait d’appartenir ou non à une minorité ou à un groupe opprimé (femme, homosexuel, immigré), de notre identité sexuelle, de nos croyances, etc.

L’homme est un animal social, qui vit en bande. Cette dimension collective prend encore plus d’importance lorsque le groupe auquel il appartient se sent en danger et qu’il veut préserver ce qui le différencie des autres. Face à la mondialisation économique et culturelle, les cultures minoritaires éprouvent parfois du mal à se positionner : certains vont prôner la modernité et la nécessité d’évoluer, quitte à balayer des pans entiers de savoir-faire et de richesse culturelle accumulée au fil des ans, tandis que d’autres vont se recroqueviller en refusant toute influence extérieure, au nom de la défense de leur identité. Le commerce équitable s’inscrit dans une troisième voie intéressante : au lieu de figer la tradition et de l’enfermer sur elle-même, il permet à des artisans de continuer à vivre de leur travail tout en faisant évoluer leurs pratiques au contact du monde extérieur. Oxfam-Magasins du monde est fier de vendre des objets qui ont du sens, une histoire et qui valorisent ceux qui les ont produits. A cet égard, le commerce équitable est sans doute un des meilleurs remparts contre un monde triste, uniforme, où l’élément culturel ne serait plus qu’un gadget marketing pour multinationales produisant de l’artisanat à la chaîne…

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