Femimain : quand la diaspora retourne au pays

Septembre 2015
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Agir pour aider son pays d’origine, c’est possible ! De nombreux projets citoyens d’aide au développement liés aux diasporas existent en Belgique. Femimain, une coopérative liée au centre communautaire « Piano Fabriek » à Saint-Gilles, se distingue du fait qu’elle commercialise des produits de commerce équitable marocains fabriqués intégralement par des femmes. Une démarche particulièrement exemplaire et symbolique d’empowerment économique des femmes à la fois au Maroc et en Belgique.

Trees Candaele, porteuse du projet au sein du Piano Fabriek, raconte : « Nous sommes parties en 2003 au Sud du Maroc avec une quinzaine d’immigrées marocaines de Saint-Gilles. La rencontre avec plusieurs organisations militantes de femmes a agi comme un déclic : de voir tout ce que ces femmes étaient capables de faire avec si peu de moyens leur a permis de relativiser leur situation et de les motiver pour monter un projet de commerce équitable. Je suis ensuite retournée au Maroc pour y rechercher des organisations relativement accessibles et désireuses de travailler selon les principes du commerce équitable ».

Trees met alors en place un partenariat avec une dizaine de coopératives, qui doivent respecter une charte reprenant les principes généraux du commerce équitable (prix négociés et stables, préfi nancement, relation commerciale sur la durée, conditions de travail décentes, etc.). Cette charte n’équivaut pas à une certifi cation, trop couteuse et complexe, mais la philosophie et les actions concrètes sont bien là : emplois dans des ateliers, organisation en collectifs de femmes, utilisation partielle des profi ts pour des cours d’alphabétisation, etc. Aujourd’hui, Femimain fournit leurs produits (bijoux, textiles, paniers, huile d’argan, etc.) à une quinzaine de magasins en Belgique (ex. Letude à Louvain, Ozfair à Saint-Gilles). Au sein du Piano Fabriek, plusieurs femmes issues de l’immigration sont employées au contrôle des livraisons, à l’organisation des stocks, aux commandes, etc.

En arriver là n’a cependant pas été simple. « L’atelier de confection de foulards, par exemple, est très reculé. Les artisanes y tissaient des choses magnifi ques mais qui s’accumulaient dans un coin faute de marché sur lequel les écouler. La situation s’est entretemps améliorée. De même pour les bijoux, les artisanes ont su s’ajuster et proposent maintenant des designs plus modernes et mieux adaptés aux goûts européens. Il est passé le temps où une artisane me demandait de revenir de Belgique pour la voir, en précisant que son couscous restait chaud très longtemps ! ». Un projet qui génère, au Maroc comme en Belgique, des emplois, l’empowerment des femmes mais aussi des rencontres et des échanges culturels, n’est-ce pas un rayon de lumière dans la morosité actuelle ?

NDLR : Cet article est pour la plus grande part issu d’une publication du Trade for Developement Center « Femimain : la boucle est bouclée ».

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