Femmes et commerce équitable : témoignages

Décembre 2011
Publié dans le
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Parmi les projets partenaires d’Oxfam, des dynamiques d’«empowerment» de femmes se sont aussi développées. En voici quelques témoignages, d’un bout à l’autre du globe.

NÉPAL – ACP | CHANDRA SHOBA : APRÈS L’EXPLOITATION, L’ESPOIR D’UNE VIE MEILLEURE…

 

ACP est une association népalaise d’artisans et d’artisanes qui travaillent la laine, le feutre, le cuivre, le bambou. Depuis sa création en 1984, elle permet à ses membres d’accéder à la formation et de renouer avec les techniques ancestrales.

Shoba travaille au sein d’ACP depuis 7 ans. Elle a commencé à tisser à l’âge de 13 ans, alors que ses pieds pouvaient à peine atteindre la pédale du métier. Durant des années, avec sa mère et sa soeur aînée, elle a tissé des saris, des draps de lit et des châles du matin au soir. En fournissant des magasins locaux, les trois femmes gagnaient à peine 3 cents pour un châle et 7 cents pour un sari. Et malgré un travail sans relâche, elles ne parvenaient pas à joindre les deux bouts.

Shoba et sa soeur aînée n’ont pas été à l’école. Lorsqu’elle a intégré ACP, à l’âge de 24 ans, son expertise dans le tissage l’a amené à former d’autres femmes. Aujourd’hui, elle y travaille à temps plein et gagne environ 85 $ par mois, un assez bon salaire au Népal. Après la naissance de son deuxième fi ls, elle a été confrontée à de graves problèmes médicaux et a dû subir une opération chirurgicale. ACP a pris en charge les frais médicaux. Elle bénéfi cie désormais d’autres avantages sociaux comme une assurance santé et une allocation pour la retraite. Enfi n, elle peut envisager un jour de réaliser son rêve : construire une plus grande et plus belle maison pour sa famille.

AU BURKINA FASO – LA SAVONNERIE NAAM GENEVIÈVE OUEDRAOGO : «UNE PETITE CONTRIBUTION AU MÉNAGE DONNE LE DROIT À DES PRISES DE DÉCISIONS»

 

Geneviève Ouedraogo est directrice de la savonnerie Naam, une fabrique de savon au karité située au Burkina Faso. Dans une région aux ressources naturelles rares, les produits dérivés du karité[highslide](*;*;;;)

Au Burkina-Faso, le karité est appelé l’arbre «qui garde jeune»

[/highslide] (issus d’une méthode de production traditionnelle), jouent un rôle socioéconomique fondamental.

«Notre travail ne se limite pas aux 23 femmes employées de la savonnerie. Nous coopérons avec plus d’une centaine de femmes. Certains groupements fabriquent des paniers, d’autres produisent le beurre de karité, d’autres encore ramassent les amandes, etc.», observe Geneviève. «Quand une femme peut contribuer fi nancièrement aux besoins de sa famille, le mari la considère et elle peut participer aux prises de décisions.»

Les femmes qui travaillent pour Naam reçoivent un petit salaire. Cet argent leur apporte plus d’autonomie alors qu’elles se trouvaient dans l’incapacité d’envoyer leurs enfants à l’école ou d’accéder aux soins de santé de base.

Fatou, employée au sein de la savonnerie, remarque que le regard des autres a changé depuis qu’elles vendent leurs produits dans le commerce équitable. «Auparavant, nous étions considérées comme une charge et pour nos familles parce que nos produits ne se vendaient pas bien et que l’on avait de la peine à assurer nos besoins élémentaires. (…) Maintenant, grâce au partenariat avec Oxfam-Magasins du monde, nous retrouvons une rémunération plus intéressante ainsi qu’une bonne ambiance sociale.»

ISRAËL- SINDYANNA SAMIA NASSIR : «LE TRAVAIL DES FEMMES SERT À TRANSFORMER LA SOCIÉTÉ»

 

«Sindyanna» signifie «chêne» en arabe. C’est aussi le nom de l’organisation de commerce équitable partenaire d’Oxfam en Israël. Gérée par des femmes israéliennes et arabes, Syndianna soutient la production d’agriculteurs arabes d’Israël. Son nom symbolise l’attachement du peuple palestinien à sa terre. En leur permettant de travailler ensemble, Sindyanna oeuvre à la compréhension et à la coexsitence pacifi que des communautés juives et arabes.

Samia Nassir est l’une des cofondatrices de Sindyanna. Pour elle, le travail de l’organisation est la preuve qu’une égalité entre les peuples juif et arabe est possible, au-delà des préjugés.

«Beaucoup de gens pensent que la société arabe est primitive, et qu’elle interdit aux femmes de travailler à l’extérieur. Mais nous voyons des centaines, et même des milliers de femmes arabes qui tentent de travailler pour un salaire décent, pour améliorer leur situation et celle de leur famille. Dans notre société, les femmes arabes continuent à se sentir déconsidérées. Par conséquent, nous travaillons à les responsabiliser par le biais de l’autonomie financière

Retrouvez des témoignages d’autres femmes sur www.omdm.be/femmes

QUE SIGNIFIE LE TERME «GENRE» ?

Le genre correspond aux différences sociales entre les hommes et les femmes. L’étude du genre ou des rapports de genre analyse les relations entre les sexes, les rôles que la société consent aux uns et aux autres, et les formes de hiérarchie qui en résultent. Les diff érences hommesfemmes sont ici considérées comme des constructions sociales et culturelles. Le genre n’est pas quelque chose d’immuable ou d’absolu mais peut évoluer dans le temps et selon les cultures. C’est une notion qui ne doit pas être confondue avec le mot «sexe» qui renvoie aux distinctions biologiques.

Pour des explications plus complètes : www.genreenaction.net

Pour en savoir plus

Commerce équitable, une comparaison internationale, presse de l’Université du Québec, 2010.
Une étude qui contient notamment un article de Sophie Charlier intitulé : « Tensions et défi s du commerce équitable liés à l’extension des marchés : jeux d’acteurs et de genre ». Téléchargeable sur vitrine.entrepotnumerique.com

Le Monde selon les femmes propose une grande variété d’outils pour aborder la question du genre… A découvrir sur www.mondefemmes.org

Actes de la conférence « un travail décent, une vie décente pour les femmes » organisée par la Confédération syndicale internationale (CSI). www.ituc-csi.org

Cahier thématique «Le commerce équitable, ça change aussi la vie des femmes», quatre analyses pour approfondir le sujet, à consulter bientôt sur www.omdm.be et dans nos magasins.

L, portrait de 40 femmes
L présente sans lien apparent entre eux, les portraits de quarante femmes ordinaires glanés dans le monde entier. Derrière toutes ces histoires, on retrouve une dimension universelle, celle de la dignité humaine. Autre point commun : ces femmes ont toutes, à un moment ou l’autre de leur vie, bénéfi cié d’une expression concrète de solidarité émanant d’un acteur belge (ONG, pouvoirs publics, citoyens individuels). Un livre d’Olivier Bailly (textes) et Vincen Beeckman (photos), initié par Iles de Paix. Plus d’informations sur www.ilesdepaix.org

En vidéo : Voir les témoignages de femmes artisanes sur www.omdm.be

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