Gestion des déchets/ Brasserie de la Lesse. Quand l’économie est au service de l’humain

Mars 2017
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Depuis 2013, les Magasins du monde-Oxfam vendent des bières vraiment spéciales. Elles proviennent de la Brasserie de la Lesse, une coopérative à finalité sociale créée en 2011 par une bande de vieux copains du coin. Passionnés par la bière, soucieux de l’avenir de leur terroir et désabusés par le fonctionnement du système économique dominant, ils souhaitent participer à la relocalisation de l’économie et à la création d’activité en milieu rural tout en minimisant au maximum leur impact sur l’environnement. Rencontre avec Norbert Buysse, l'administrateur délégué.

Propos recueillis par Roland d'Hoop

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Norbert Buysse (en haut à gauche sur la photo) est un des fondateurs de la Brasserie de la Lesse, créée en 2011. Sa fonction est d’assurer la gestion quotidienne de l’entreprise et de faire le lien entre l’entreprise et le conseil d’administration, sans oublier la gestion de tous les aspects liés à la coopérative.

Quelles sont les principales valeurs qui soutiennent votre brasserie ?

La Brasserie de la Lesse est une coopérative à finalité sociale dont les valeurs s’articulent autour de trois axes majeurs: social, environnemental et artisanal. La dimension sociale est le fil conducteur majeur. L’entreprise est au service de l’être humain, et non l’inverse, comme dans la vision productiviste classique. Ceci s’applique aux travailleurs, mais également dans nos relations avec nos coopérateurs, nos administrateurs, nos fournisseurs, nos clients, nos visiteurs, nos voisins, etc.

L’aspect environnemental se traduit d’une part par l’utilisation d’ingrédients issus de l’agriculture biologique et par la volonté de développer un outil de production ayant le minimum d’impact possible sur l’environnement. L’objectif ultime (utopique ?) est l’autosuffisance. Le caractère artisanal garantit que nos bières sont produites selon un processus 100% naturel, sans forçage, que ce soit par procédé mécanique ou chimique.

Le commerce équitable est, le plus souvent, associé au commerce avec le Sud. Avez-vous le sentiment que votre activité correspond à la même démarche, chez nous, en Wallonie ?

Nous attachons une grande importance à la juste rémunération de chaque intervenant, depuis la production des matières premières jusqu’à la vente au consommateur final, avec une attention toute particulière pour les intermédiaires les plus vulnérables comme les petits commerçants. L’équité et la durabilité de nos partenariats sont inscrites dans nos statuts et constituent la raison d’être de notre coopérative.

Vous allez acheter de nouvelles installations. Est-ce pour produire plus ou surtout pour diminuer votre impact sur l’environnement ?

Non, nos nouvelles installations ne permettront pas d’augmenter la production. Si nous voulons acquérir de nouvelles installations, c’est pour différentes raisons: nous devions remplacer le matériel actuel, qui est vétuste et inadapté ; nous cherchons toujours des moyens pour améliorer la qualité de nos bières ; enfin, ces nouvelles installations vont nous permettre d’optimiser les rendements des matières premières ainsi que des ressources énergétiques.

Nous attachons une grande importance à la juste rémunération de chaque intervenant, depuis la production des matières premières jusqu’à la vente au consommateur final, avec une attention toute particulière pour les intermédiaires les plus vulnérables comme les petits commerçants.

Une bière zéro carbone, c’est possible ?

C’est en tout cas notre volonté. Nous menons actuellement une étude d’innovation technologique avec le département des ingénieurs industriels de l’Institut Pierrard (Virton), subventionnée par la DGO6 (Wallonie). Pendant un an, deux ingénieurs nous aident à créer une brasserie qui fonctionne sans énergie fossile. L’étude est en cours depuis 6 mois, et les premiers résultats sont très prometteurs.

Est-ce qu’un jour vous pourrez contrôler l’ensemble de la filière, depuis les semences et la culture de houblon jusqu’au recyclage des bouteilles ?

C’est la direction que prend progressivement notre brasserie. Nous travaillons actuellement avec GreenFarm pour relancer une culture locale et équitable d’orge brassicole biologique. Le projet est déjà bien avancé. Nous nous concentrons également sur le houblon pour relancer sa culture à grande échelle en Wallonie. De plus en plus de brasseries sont intéressées par des matières premières locales. Ces deux points peuvent donc être considérés comme acquis, il s’agit juste d’une question de temps. Plus globalement, une maîtrise de la filière de bout en bout fait partie des objectifs à long terme.

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Pour plus d’informations : www.brasseriedelalesse.be

Un souci permanent de protection de l’environnement

La Brasserie de la Lesse s’efforce de limiter au maximum son impact sur l’environnement

  • En favorisant les circuits courts (marché local, refus de toute exportation)
  • En choisissant des matières premières biologiques (pour plus de 95% en poids)
  • En refusant l’utilisation de produits chimiques nocifs pour l’environnement lors du nettoyage des installations
  • En organisant un système de consignes des bouteilles
  • En mettant les rejets polluants en fosse afin de les neutraliser avant de les envoyer à la centrale d’épuration
  • En réutilisant les anciens casiers de l’Abbaye Trappiste de Rochefort
  • En recyclant la drèche, c’est-à- dire le résidu de la bière après le brassage, qui est donnée à un fermier du village pour ses vaches.

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