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Green Net : des paysans en lutte contre les changements climatiques

Septembre 2011
Publié dans le
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Depuis 1993, Green Net soutient l’agriculture paysanne en Thaïlande grâce à une approche alliant commerce équitable et agriculture biologique. Cette approche particulière a permis aux 1100 paysans membres de Green Net de renforcer leurs compétences dans le domaine commercial. Ils sont désormais capables de fournir, sur les marchés locaux et internationaux, des produits alimentaires diversifi és et de grande qualité, dans un contexte global marqué par les changements climatiques.

Green Net est bien placé pour savoir que les changements climatiques sont non seulement une menace pour le futur, mais aussi un paramètre à prendre en compte depuis déjà plusieurs années. Les paysans membres de Green Net sont en eff et confrontés à des changements climatiques préoccupants. Des pluies diluviennes de plus en plus fortes succèdent à des périodes de sécheresse de plus en plus longues. De telles conditions nuisent notamment à la pollinisation du riz.

Quand les changements climatiques s’installent

En 2008, la saison des pluies avait déjà été traversée par une période de sécheresse de deux mois. L’impact sur la productivité agricole ne s’était pas fait attendre et la récolte de riz n’avait atteint que la moitié du volume escompté.

L’année suivante, des pluies violentes avaient endommagé les jeunes pousses de riz. Conséquence : la quantité de riz pouvant être fournie par les paysans de Green Net avait une fois de plus chuté.

L’année 2010 a de nouveau été une année atypique sur le plan climatique. En octobre et novembre, des inondations dues à de fortes pluies ont touché près de 7 millions de Thaïlandais dans plus de 25 000 villages. Les activités des paysans membres de Green Net ont souff ert lourdement de ces inondations, mais aussi de la sécheresse qui les avait précédées. Beaucoup de paysans ont ainsi dû semer les graines à trois reprises avant d’obtenir une récolte. Dans ces conditions, les coûts de production n’ont pu être couverts par les rentrées générées par la vente du riz. Résultat : de plus en plus de paysans s’orientent vers des cultures censées leur apporter de plus hauts revenus, comme le manioc ou le caoutchouc. D’autres font le choix encore plus radical de quitter le secteur de l’agriculture.

S’adapter pour survivre

Les phénomènes observés au cours des dernières années en Thaïlande illustrent le dérèglement climatique actuel, ses conséquences graves et la nécessité d’agir sans tarder à tous les niveaux, du local au global.

Dans un tel contexte, des actions visant uniquement à réduire les émissions de gaz à eff et de serre ne suffi sent plus. Il est en eff et nécessaire d’aider les paysans à adapter leurs activités aux changements climatiques si l’on veut qu’ils puissent continuer à produire de la nourriture. Et Green Net joue un rôle d’appui important dans ce domaine.

Pour ce faire, Green Net accorde une grande importance à la récolte d’informations sur les changements climatiques, en collaborant notamment avec une université pour obtenir des données scientifi ques. Elle interroge aussi les paysans pour connaître les conséquences des changements climatiques sur leurs activités. Par ailleurs, les paysans se réunissent pour partager leurs expériences et définir ensemble des mesures d’adaptation aux changements climatiques.

Les variations constatées au niveau des pluies ont fait apparaître la nécessité d’adapter la gestion de l’eau utilisée dans les activités agricoles aux nouvelles conditions climatiques. A cette fin, Green Net mène un projet d’amélioration des techniques d’irrigation et de stockage de l’eau de pluie.

La diversification de la production alimentaire est un autre moyen d’adapter les activités agricoles. S’ils veulent accéder aux crédits avantageux proposés par Green Net pour améliorer la gestion de l’eau, les paysans doivent s’engager à cultiver 31 variétés identifiées comme importantes. Cette pratique a un double impact en termes de sécurité alimentaire : elle limite d’une part la dépendance des paysans aux cultures menacées par des changements climatiques imprévisibles ; elle leur permet d’autre part de vendre, sur le marché local, les produits qu’ils ne consomment pas.

 

Des résultats encourageants

La grande force de Green Net réside dans une approche combinant le commerce équitable et des pratiques environnementales ambitieuses. Comme l’ont montré des études d’impacts comparant la situation de paysans non-inscrits dans le commerce équitable et celle des paysans membres de Green Net, ces derniers ont des revenus plus élevés, produisent davantage de nourriture pour leur propre consommation et peuvent plus facilement envoyer leurs enfants à l’école.

Outre le fait de bénéficier des avantages de l’agriculture biologique (sols plus riches et mieux structurés, cultures dotées de racines plus développées), les paysans impliqués dans les projets de Green Net ont vu des impacts au niveau de leurs récoltes de riz, de fruits et de légumes. Ces bons résultats ont eu des conséquences positives au niveau de leur propre consommation et de la vente sur le marché local.

Ces résultats positifs ont même eu un effet démultiplicateur. Ainsi, les succès visibles rencontrés par les producteurs de noix de coco utilisant de l’engrais biologique, ont encouragé d’autres producteurs de la région à se joindre au projet.

François Graas

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