HumanaTerre : un espace de liberté pour sans-papiers et avec-papiers

Décembre 2013
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À Jette (Bruxelles), entre un hôpital et une école primaire, ils sont six à travailler la terre. Quatre sans-papiers et deux avec-papiers dans ce qu’ils définissent être un « espace libre de prises d’initiatives individuelles et collectives ».

Chloé Zollman

page 9 Humanaterre 1 - Copyright HumanaTerre

Les mains dans la terre

Épuisés par des années d’attente mais déterminés à poursuivre leur lutte pour une vie digne, quelques membres du Collectif Sans-Papiers Belgique, soutenus par l’organisation Samenlevingsopbouw Brussel, rêvent d’une alternative concrète à l’exclusion à laquelle ils doivent faire face. C’est alors qu’ils commencent à exploiter un verger mis à leur disposition par la Vrij universiteit Brussel (VUB) pour lancer HumanaTerre, un projet à la fois socio-éducatif et socio-économique.

L’aventure débute le 15 mai 2012. Enthousiastes, les membres de l’équipe retroussent leurs manches pour retourner la terre. Ils se retrouvent ensuite deux jours par semaine pour travailler, partager un repas et discuter de tout et de rien. Cette activité qui leur permet d’échapper au stress de la ville, contribue à leur bien-être mental et physique. Elle leur révèle également que des compétences qu’ils pensaient inutiles sont en réalité valorisées ici.

Un volet éducatif, social, politique

HumanaTerre est avant tout un projet d’éducation. Pour qui ? Pour tout le monde : des promeneurs de passage aux enfants de l’école du quartier, en passant par les patients de l’aile psychiatrique de l’hôpital de Jette, sans oublier les participants eux-mêmes. Le projet a pour ambition de faire tomber les préjugés à l’égard des sans-papiers. Dans le jardin, on se retrouve autour d’un amour commun de la nature, au-delà des étiquettes collées par la société.

Un apprentissage quotidien

Pour les participants, l’apprentissage est quotidien. Prises de décisions collectives, organisation d’activités publiques, planification des cultures : l’activité est auto-gérée, car c’est le projet de tous ceux qui souhaitent s’y investir durablement. L’ensemble de ces expériences nourrit la confiance et l’estime de soi des participants du projet : une autre image des sans-papiers peut alors voir le jour, aux yeux de tous, mais aussi, aux yeux des sans-papiers eux-mêmes.

S’émanciper grâce à l’éducation

HumanaTerre est aussi un projet politique qui prouve que l’accès à l’éducation permet aux femmes et aux hommes de s’émanciper, de devenir acteurs de la société dans laquelle ils vivent. Dans cet esprit, tous les participants au projet ont suivi une formation technique pour connaître la spécificité de l’agriculture en Belgique. Même si leur statut ne leur donne pas accès à des formations professionnelles.

Si HumanaTerre ne prétend pas résoudre la question des sans-papiers, le projet est une véritable bulle d’oxygène pour eux et pour ceux qui les soutiennent. Il prouve qu’on peut être sans-papiers et mener une vie digne et constructive. C’est la loi qui crée l’exclusion, elle ne la résout pas.

Photo : © HumanaTerre

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2 commentaires sur “HumanaTerre : un espace de liberté pour sans-papiers et avec-papiers

  1. Bonjour
    Où est située plus exactement le site de Hunana Terre ??
    Entre l’AZ et ….? entre Brugmann et …. ?
    en,tre l’institut psychiatrique et …..??
    merci d avancer votre réponse

    • Bonjour,

      On peut accéder au site d’HumanaTerre via l’avenue de l’Arbre Ballon 249, à 1090 Jette (Entre la caserne des pompiers et l’école Les prés verts).

      Merci pour votre intérêt, belle journée,

      Chloé Zollman

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