Institut Robert Schuman : le développement durable à l’examen de la durée

Septembre 2014
Publié dans le
Rubrique

Jean-Michel Lex paraît être une aberration statistique dans le milieu scolaire. Ce coordinateur en éducation au développement durable (DD) travaille à temps plein dans une école, l’Institut Robert Schuman (Eupen). Mieux, l’établissement compte une cellule DD riche de trois personnes. Miracle ? Non, convictions.

Propos recueillis par Olivier Bailly

Il y a dix ans, l’Institut Robert Schuman (IRS) lançait un audit environnemental et vous passiez à temps plein en tant que coordinateur DD, un miracle ?

Non, c’est un travail long de trente ans. Nos premiers audits datent d’ailleurs de 1994. Dès le début des années 80, une multitude de petits projets menés par des professeurs dans notre école touchaient à un des quatre grands champs éducatifs que sont l’éducation à l’environnement, à la santé, à la solidarité Nord-Sud et à la citoyenneté. A l’IRS, on a considéré que toucher à l’un des champs amenait à questionner les trois autres. Ainsi, une boite de Coca Cola peut amener des questions sur l’origine des matières premières et de l’eau, l’impact sur la santé, le choix de consommation du citoyen. Avec la consommation quotidienne, on peut faire rentrer la planète et l’Humanité dans ces questions. Régulièrement dans les classes, nous développons des projets pédagogiques interdisciplinaires autour de questions de ce type. Mais mon poste n’est pas l’oeuvre d’un homme, c’est le projet d’un établissement. Si la direction ne croit pas en la démarche, aucun changement signifi catif n’est à attendre. Plus qu’une adhésion, il faut une démarche soutenue et voulue.

Comment ce DD se décline-t-il dans l’école ?

Souvent, le DD est une auberge peu visitée qui ferme avec le départ de son tenancier. Le défi est de faire en sorte que le concept devienne un élément de la culture d’établissement. Aujourd’hui, on y est. Notre projet inclut cette mission d’éducation au DD. L’école se conforme progressivement aux critères durables, avec un vrai développement social et participatif. Le résultat le plus contemporain est le modèle de participation des élèves, très impliqués. On peut y déceler une tentative d’application de la déclaration de Rio préconisant la participation de la population. Notre école a obtenu le label ISO 14001, un label de management environnemental. Les auditeurs internes sont les élèves eux-mêmes qui suivent un module de formation pour devenir auditeur. Ils évaluent par exemple la politique d’achats de l’école, ils ont portes ouvertes de la direction, des gestionnaires, des collègues, pour mener leur enquête et suggérer des améliorations.

Et au bout, un classement vertical…

Bien sûr que non ! Si on ne va pas jusqu’à une présentation claire devant la direction, on perd son temps et on fait perdre le leur. D’année en année, l’école s’oblige à travers son système de gouvernance et son système qualité à implémenter les propositions des élèves dans les plans de développement.

Avec un effet structurel dans l’école ?

Nous sommes une école en transition. L’IRS n’est pas une île paradisiaque, il reste beaucoup à faire. Mon discours donne une image partielle de notre école. 14 fi lières professionnelles s’y côtoient et sur une année, nous menons 2 ou 3 projets phares avec quelques-unes d’entre elles. Les élèves passés par ces projets développent à terme davantage leur personnalité et des compétences sociales. Celles-ci peuvent être appréciées sur le marché du travail.

cestpossible-robert-schuman

Le développement durable à l’épreuve pratique

Aussi souvent que possible, l’IRS propose à ses étudiants des exercices liés au concept du Développement Durable. Par exemple, la section artistique passe un examen de qualifi cation qui consiste en la création de la maquette graphique d’un dictionnaire des concepts de Développement Durable (au concours « Focus Earth »). En menuiserie, ils travaillent à l’amélioration de la conservation d’énergie d’une véranda. En hôtellerie, les élèves confectionnent un repas avec des aliments produits dans un rayon de 30 kilomètres. Comme le constate Jean-Michel Lex, « en Fédération Wallonie-Bruxelles, un des fondements actuels de la pédagogie est le travail par situationproblème. On y est. » Pour offrir des référentiels didactiques, un réseau mis sur pied par la Fédération Wallonie-Bruxelles a créé un outil global, avec une approche systémique : les Cahier du Développement Durable.

Pour en savoir plus : www.cahiers-developpement-
durable.be

Partager!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *