La ceinture aliment-terre liégeoise ou la dynamisation des circuits locaux

Juin 2018
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La Ceinture Aliment-Terre Liégeoise illustre à elle seule qu’il est possible de changer les choses au niveau local, pour essayer de construire de tout autres systèmes alimentaires.

Christian Jonet et Claire Wiliquet

Les jalons de l’utopie

L’aventure de la Ceinture Aliment-Terre Liégeoise (CATL) commence avec un rêve : celui de parvenir à fournir 50% de la demande alimentaire liégeoise avec des aliments produits localement dans les meilleures conditions écologiques et sociales à l’horizon de 25-30 ans. En 2013, 180 protagonistes des systèmes alimentaires liégeois ont déterminé les chantiers concrets pour arriver à cet objectif : quel accès à la terre ? Aux semences ? Comment assurer la logistique de distribution sans que celle-ci capte une partie trop importante de la marge ? Comment financer les nouveaux projets ? Quelle sensibilisation du grand public ? Quel est le prix « juste » : accessible pour les consommateurs et viable pour les producteurs ? Pour chaque chantier, des sous-groupes se sont mis à la recherche de pistes d’action, pour se concentrer ensuite sur la réalisation de projets concrets, majoritairement incarnés dans des coopératives.

La coopérative, un vecteur vers l’utopie

Au fil des réflexions, le modèle coopératif est apparu comme le mieux à même d’impulser le modèle alternatif désiré. Pour cette raison, les premières initiatives développées au départ de la dynamique ceinture alimentaire sont des coopératives à finalité sociale. C’est notamment le cas de la coopérative de production agroécologique “Les Compagnons de la Terre”, le premier des projets, le plus emblématique et le plus avancé, directement issu de la Ceinture Aliment-Terre. Les meilleures idées des groupes de réflexion ont été capitalisées et injectées dans cette coopérative, qui englobe maintenant quasiment l’ensemble de la filière. D’autres projets émergent dans la dynamique de la CATL: la brasserie coopérative liégeoise, la coopérative Rayon9, qui fait du transport urbain en vélo, et Cycle en Terre qui produit des semences locales de variétés biologiques, etc.

Dynamiser les circuits courts

Le rôle de la CATL est de créer du lien entre le foisonnement d’initiatives, de leur offrir une certaine visibilité, de mettre en relation les projets naissants et l’écosystème déjà en place et enfin, de permettre de faire des économies d’échelle. L’objectif étant de créer un réseau dynamique entre partenaires partageant les mêmes valeurs. La multiplication d’initiatives qui fonctionnent bien, qui génèrent de l’adhésion, qui arrivent à produire de l’alimentation de bonne qualité en étant de plus en plus viables sur le plan économique et qui ont un potentiel de reproductibilité, laisse penser que l’objectif des 50% de l’alimentation produite localement dans de bonnes conditions écologiques et sociales est une utopie réaliste. Aujourd’hui, d’autres projets de ceintures alimentaire se mettent en place, notamment à Charleroi.

Article résumé par Sébastien Maes.
L’article complet est consultable sur le site d’UniverSud Liège : www.universud.ulg.ac.be/laceinturealimentterre

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