Le grain, le café et la foire

Septembre 2013
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Marre de la Foire de Libramont qui tel un tracteur fou écrase toute velléité d’une agriculture familiale, paysanne, durable ! C’est le cri de résistance d’un groupe d’associations qui ont décidé d’organiser la ‘petite foire’. Parmi elles, les équipes locales d’Oxfam-Magasins du monde. Défi : réconcilier les enjeux paysans du Nord et du Sud. Mais comment ?

Olivier Bailly

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Ils ont dit non. La Foire de Libramont, c’est son tracteur dernier cri ou son agrochimie, de tout sauf un vrai débat sur l’agriculture. Le Mouvement ‘La Coalition luxembourgeoise pour la paix’ (Colupa), le MAP (Mouvement d’action paysanne), le CNCD et Oxfam-Magasins du monde organisent dès lors depuis deux ans la ‘petite foire’ en même temps que la grosse. Pour la première fois cette année, la ‘petite foire’ quitte Libramont pour investir une ferme dans le village de Semel. Le défi est considérable : exister.

Un autre défi attend les équipes locales des Magasins du monde – Oxfam : comment se présenter et se préparer à répondre aux questions d’un public rural pas forcément acquis au commerce équitable ?

Café au lait

Mardi 11 juin, six bénévoles (que des femmes !) de plusieurs localités sont réunies à Neufchâteau pour une formation axée sur la sensibilisation à la petite foire. Objectif : se sentir plus à l’aise pour parler des missions d’Oxfam et imaginer ensemble la sensibilisation à partir de l’outil d’animation ‘mettre l’injustice en pièce’, un puzzle de stand géant.

«L’an dernier, notre stand était un peu triste, se souvient Françoise, d’Arlon. Il n’y avait quasi rien, c’était presque gênant

Anabelle, la formatrice, lance un brainstorming sur les missions d’Oxfam, dont sortira un poétique’être la goutte d’eau et le grain de sable’. Mais encore ? Comment faire le lien avec les agriculteurs du Nord et du Sud ? Progressivement, les six femmes découvrent des puzzles géants. Elles les retournent, questionnent les messages, testent le jeu. «Dommage qu’il n’y ait pas un paysan du Nord» regrette Elisabeth. «Les pièces sont trop grandes pour les enfants» constate Yvonne. «Mais pour les messages et l’animation c’est mieux» estime Andrée.

Mais ce lien avec le Nord ? Peut-être Bastien Luckson, le caféiculteur haïtien présenté sur un puzzle. «Ses problèmes et celui de nos agriculteurs sont les mêmes, affirme Elisabeth. Il est temps de se battre ensemble ! »

Et de rappeler les problèmes des agriculteurs laitiers de la région, dont le produit est vendu à perte. A quoi bon un café équitable si le lait est amer. Et vice-versa. Un café au lait complètement équitable, un combat commun dès le petit déjeuner.

petite-foire-2«Et si nous faisions notre propre puzzle avec un agriculteur du Nord», propose Françoise. En reprenant la forme des puzzles existants, chacun pourrait alors le dessiner, identifier les problèmes et les solutions. Anabelle sourit : «ce serait formidable.» L’idée est approuvée. Et la petite foire bien lancée.

La petite foire a eu lieu du 27 au 28 juillet 2013 à Semel. Gratuit. Marché paysan, stands d’animation, spectacles, soirée festive, rencontres, débats… étaient organisés.

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