L’Epivert cherche sa voie

Septembre 2013
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Epivert est une épicerie alternative du côté de Wépion. Produits locaux et bio, réduction pour les achats groupés, site efficace et livraison à domicile. Pourtant , rien n’y fait, le projet ne décolle pas . Pourquoi alors en parler dans cette rubrique ? Car tout projet peut prendre du temps à mûrir et que c’est aussi en partageant nos idées qu’on les fera progresser...

Olivier Bailly

epivert

L’idée est que l’épicier ne décide pas seul de ce qu’il vend, de questionner
les envies des consommateurs et de les confronter aux idéaux.

Dans cette ancienne étable à chevaux qui garde merveilleusement bien la fraicheur, il y a une table en bois, encerclée par des étagères couvertes de produits locaux, bio, équitables. Cette table est d’apparence banale. Pourtant, elle symbolise une des dimensions d’Epivert, l’épicerie logée à la ferme VeryWéron (Wépion). «C’est là qu’on veut que s’assoient les coopérateurs/ clients et les porteurs du projet, explique Georges, père fondateur de la ferme et bénévole de l’épicerie. L’idée est que l’épicier ne décide pas seul de ce qu’il vend, de questionner les envies des consommateurs et de les confronter aux idéaux» Si l’épicerie existe depuis trente ans, sa forme actuelle n’a que deux ans. Structure en coopérative, principe collaboratif et participatif.

Pour réduire le gaspillage, prôner une consommation responsable et permettre au projet d’être viable, le principe d’Epivert se base sur… l’achat en gros, la livraison dans un rayon de 25 kilomètres et un paiement par virement. «Nous ne voulons pas avoir des stocks excessifs et des produits qui deviennent impropres à la consommation» avance Georges. Pour découvrir les produits d’Epivert, les heures d’ouvertures sont restreintes, mais les livraisons de commandes se déroulent via un site très efficace. Et pour encourager l’achat en gros, l’épicerie propose des prix dégressifs selon la quantité. Public espéré : les familles nombreuses, les habitats groupés et les groupements d’achats collectifs. L’idée est simple : Epivert propose à ces GAC de faire des commandes collectives livrées en même temps et au même endroit que le panier de fruits et/ou légumes.

Problème…Cela ne marche pas.

Georges énumère pourtant toutes les démarches entreprises pour rencontrer des coopérateurs potentiels : stand au salon Valériane, présentation du projet dans des fermes partenaires, diffusion d’infos dans plusieurs localités, sensibilisation de GAC ou de locales Ecolo, relance par courrier. Rien n’y fait. «Le paysage bio a radicalement changé», tente-t-il comme explication. Face aux superettes dont les rayons accueillent 5 à 6000 produits, Epivert ne peut en proposer ‘que’ 1200 (tout de même !). Parmi eux et à côté de produits en conserve, des fromages artisanaux, du miel et du pain de la ferme, des légumes de saison (hors de question d’avoir des tomates en février !), des huiles essentielles et même du cochon de lait occasionnellement. Mais l’hyperchoix du consommateur du XXIe siècle semble dicter sa loi. «Une dame me disait qu’elle aimait l’idée de cette petite épicerie charmante, mais qu’elle n’y trouvait pas son dentifrice habituel, raconte Georges. Elle contredit l’esprit même d’Epivert qui lui plait tant. Tout le monde a 20 à 30 produits individuels. Il nous est impossible de gérer collectivement pareille variété. Les gens doivent aussi tester autre chose

L’Epivert n’entend cependant pas mettre la clé sous le paillasson. L’équipe de quatre personnes réfléchit à de nouvelles formules et ne désespère pas de se découvrir de nouveaux clients. Peut-être via une carte de fidélité. Perplexe, Georges regarde la table, recouverte de commandes à livrer : «Peut-être que soutenir un épicier apparaît moins pertinent que soutenir un agriculteur». Aux Namurois de le démentir…

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