Marchés locaux et bio : derrière le goût, toute une philosophie !

Octobre 2012
Publié dans le
Rubrique

Les doigts se glissent dans les sachets. Impossible de résister devant tant de mets appétissants : empañadas, vins, fruits, chocolats , fromages, pains ... Sur la terrasse ensoleillée, des clients grignotent un morceau de quatre -quarts. Oxfam a directement participé à la qualité de la pâtisserie. Au marché d’Orgeo, le combat est politique, le local et l’équitable ne font qu’un et les odeurs ennivrent...

Hélène Brédart

Créé au départ par des militants d’Oxfam-Magasins du monde avec l’association wallonne rurale ‘Les paniers du pays’, le marché fermier d’Orgéo vole de ses propres ailes depuis 1996. Son objectif ? Revaloriser les anciennes pratiques. En Belgique, vivre d’une petite production s’avère tâche infernale. « Les terres sont de moins en moins accessibles et coûtent cher. Le prix des produits nous est imposé par les multinationales. Face à l’agro-alimentaire, nous ne pouvons plus survivre sans aide financière. Puis, il y a la concurrence déloyale, les viandes qui sont importées et vendues pour un rien », explique Christine Ansay, propriétaire de la ferme où a lieu le rendez-vous hebdomadaire.

Si le circuit court est revendiqué, Oxfam fait toutefois partie entière du marché. Quelques clients y voient l’ombre d’un paradoxe. Pourtant, pour les organisateurs, « le combat est le même. Certains aliments, comme les bananes ou le riz, ne sont pas cultivés en Belgique et en cela, c’est particulièrement intéressant. Il s’agit de défendre les droits de la petite production, d’être soucieux de l’agriculture paysanne et biologique. Tant au Nord qu’au Sud ». Cette approche est développée par l’équipe locale d’Oxfam depuis plus de 20 ans, avec une réelle ardeur d’avance !

A la halle de Han, tout est prévu durant la semaine du commerce équitable pour éclaircir la question. « Notre projet consiste à montrer les liens étroits entre proximité et équitable. Il s’agit de déboucher sur une consommation respectueuse du producteur », explique Jean- Pierre Monseur, bénévole d’Oxfam-Magasins du monde. Parce que biologique et local n’égalent pas forcément social.

C’est un véritable partenariat entre consommateurs et producteurs que les organisateurs souhaitent. A Orgeo, la concurrence est bannie. « Nous sommes complémentaires. Il n’y a qu’un seul vendeur de fruits et légumes. Nous nous arrangeons pour que chacun vende ses denrées. Puis, les produits du terroir ne se ressemblent jamais. La recette, le sol, la région, les bêtes ont un impact direct sur l’aliment. Ce n’est pas standardisé. Un ami va utiliser ma recette mais comme nous n’avons pas les mêmes ingrédients, ni le même tour de main, le résultat sera différent. La petite production est multiculturelle. Il n’y a jamais deux confitures identiques », sourit Christine Ansay.

Une crainte ? « Récupérer les petites initiatives devient l’apanage des multinationales. Ainsi, Danone commence à faire un soi-disant plaidoyer en faveur des produits de proximité. Les publicités parlent de yaourts réalisés ‘dans la ferme du coin. Là, le lait a sans doute été acheté à un prix tellement bas que le producteur est méprisé et le consommateur trompé ! ». Chez les petits agriculteurs, le slogan swingue :

Manger région, manger saison, manger raison !

Marché d’Orgeo (BERTRIX), tous les samedis de 15 h à 18h30
Halle de Han (TINTIGNY), tous les vendredis de 17 à 20h (marché couvert)

Fromage aux deux poivres

Fromage fantaisie, il est conçu avec le poivre noir et le poivre blanc d’Oxfam-Magasins du Monde. « J’achetais mon poivre chez un grossiste biologique jusqu’au jour où j’ai goûté celui d’Oxfam. Il est de grande qualité, vraiment goûteux mêlé à un fromage nature. On peut trouver des associations délicieuses. » Et il se déguste froid et chaud (en raclette) toute l’année. Quand Nord et Sud s’allient jusqu’au bout, jusqu’au goût…

Partager!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *