Moi je veux bien mais non

Mars 2010
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L'imprécise rubrique comptable d'Olivier Bailly

En 2010, on atteindra en Belgique les 30% du PNB dédié à la coopération au développement. Et facilement encore.

Rétroacte.
Début de l’année. La Belgique, dans un élan de générosité, « offre » 10% de sa réserve de vaccins H1N1 aux pays en voie de développement par l’intermédiaire de l’Organisation mondiale de la Santé. Voilà une décision pleine de mauvais sens. L’épidémie a surtout touché les USA et l’Europe. De nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer l’hystérie organisée face à la grippe mexicaine. Et enfin, le bureau régional de l’OMS en Afrique n’a identifié que 131 décès dus au H1N1. Mais bon, on va tout de même donner ces 1,2 millions de doses. On ne sait jamais.

Enfin « donner », c’est une expression. Vu la perte financière que la Belgique est en train prendre avec ces vaccins, notre gouvernement a contacté l’Organisation pour la Coopération et le Développement économiques (OCDE) afin que le lot « offert » soit repris dans les chiffres de l’aide publique. Et hop, le tour est joué. D’une piqûre deux bleus. D’un côté on vire une partie de nos stocks inutiles, de l’autre on comptabilise 11 millions d’euros dans l’aide au développement. C’est pas beau ça ?

Vu les faibles moyens alloués à la coopération, était-ce vraiment le meilleur ‘placement’ pour ces 11 millions d’euros ? Le placement le plus rentable ?

Mais n’ergotons pas et espérons que la coopération belge ne s’arrête pas en si bon chemin. Peut-être pourrons-nous bientôt comptabiliser les vieilles carcasses de voitures envoyées en Afrique de l’Ouest. Nous pourrions aussi recycler les indemnités de sortie de M. Happart en l’érigeant au poste de « consultant gouvernance ». Nous pourrions envoyer nos subsides à l’emploi dans les pays en développement, puisqu’ici il n’y a plus d’emploi. Et la prochaine fois que les agriculteurs déverseront du lait sur notre sol, il suffira de le ramasser pour l’envoyer au Sud.

Moi qui croyais naïvement que la coopération au développement était une politique de solidarité dans une logique de partenariat et d’écoute mutuelle…Fallait le dire que c’était refiler ses vieux trucs inutiles ! 30% du PNB ? Fastoche.

Olivier Bailly

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